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Editorial : L'UPM face aux défis
C'est ce dimanche 13 juillet que sera lancée à Paris l'Union pour la Méditerranée (UPM). Ce projet ambitieux de coopération Nord-Sud articulé autour de la Méditerranée....
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C'est ce dimanche 13 juillet que sera lancée à Paris l'Union pour la Méditerranée (UPM). Ce projet ambitieux de coopération Nord-Sud articulé autour de la Méditerranée, impliquant une quarantaine d'Etats et mobilisant depuis plusieurs mois la diplomatie française et ses relais, n'a aucune commune mesure, assurent ses avocats, avec ce qui l'a précédé. Soit. A priori, tout donne à penser qu'il s'agit d'une grande et inédite initiative. Le processus de Barcelone, lancé en novembre 1995, partait lui aussi d'une initiative louable lancée par l'Europe, autrement dit par le Nord en direction des pays du Sud. Mais, reproche lui a été fait quelques temps après, d'avoir constitué «une propriété» de l'Europe et à la limite d'avoir été imposée et «in fine» d'instaurer un déséquilibre fâcheux en faveur du Nord.
Au lendemain de sa proclamation à Tanger par le président Nicolas Sarkozy, dans le cadre de sa visite officielle au Maroc en octobre 2007, un débat sémantique –mais qui a toujours son importance politique- s'était enclenché pour savoir s'il fallait dire «l'Union de la Méditerranée» ou «l'Union pour la Méditerranée». D'une appellation à l'autre, le sens et la dimension changent. Car, cette fois-ci, il apparaît que l'Union pour la Méditerranée entend constituer un projet commun, assumé par le Nord et le Sud, davantage une sorte de condominium qu'une initiative lancée de l'Europe vers ses rives sud. D'où la responsabilisation que ses promoteurs, français notamment, s'efforcent de faire partager par tous les adhérents déclarés ou en voie de l'être.

Il est vrai, cependant, que l'Europe, le Maghreb, l'Afrique, le monde arabe n'avaient jusqu'ici pas connu pareille initiative! Si une certaine euphorie reconstructive s'était, en 1945, emparée des Etats européens, sortis des ruines de la Seconde Guerre mondiale et des affres du nazisme, si ensuite un vent puissant d'espérances avait soufflé dans la foulée des décolonisations –inégales pour les uns et frustrantes envers d'autres- pour tracer des destins communs, jamais groupement géopolitique aussi vaste et ambitieux n'avait vu le jour.
Qu'il se fasse en cette première décennie du troisième millénaire, autorise à la fois des rêves iréniques, mais interpelle quant à la nature et la dimension des défis qui se posent.

La «mare nostrum», dont l'historien Fernand Braudel avait fait son thème fétiche, n'a pas été épargnée, pour autant, des vicissitudes des violences et des caprices de dictateurs patentés. Ce qui attend en réalité l'Union pour la Méditerranée (UPM), encore dans les limbes, ce sont des défis majeurs: politique, économique, social, humain, écologique et environnemental, technologique, etc. Mais, au-delà de ces problématiques familières, il convient de souligner des enjeux incontournables qui relèvent de la paix, cette «pax mare medi terra» fragilisée par le conflit israélo-palestinien, la désunion aggravée de l'Union du Maghreb arabe (UMA) pour cause du conflit du Sahara dont le gouvernement algérien porte la plus lourde responsabilité, enfin l'immigration à laquelle les Européens semblent donner un tour de vis dans le sens de la sanctuarisation qui est tout le contraire de l'idéal méditerranéen. L'UPM traduit une réalité géographique et historique, celle d'une cohabitation des trois religions monothéistes, l'Islam, le Christianisme et le Judaïsme. Pour réussir, elle doit s'arc-bouter sur ces valeurs, élargir l'écoute au Sud et éviter de devenir un marché…
LE MATIN 12-07-2008   

   
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