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Commission ministérielle maroco-pakistanaise : «Nous comptons créer une ligne maritime directe et régulière»
Les travaux de la Commission ministérielle mixte maroco-pakistanaise se tiennent les 17 et 18 juillet à Rabat. A l'ordre du jour figurent la création d'une usine de production d'engrais au Pakistan et le lancement d'une ligne maritime régulière.
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LE MATIN : Excellence, vous allez co-présider, avec votre homologue marocain, les travaux de la Commission ministérielle mixte qui se tiendra à Rabat les 17 et 18 juillet 2008, peut-on connaître l'ordre du jour de cette session et quels sont les accords que vous comptez signer ?

Mian Manzoor Ahmad Wattoo : L'agenda de la réunion traite de larges sujets de coopération économique entre les deux pays. Le point central de notre dialogue est la coopération dans les domaines d'échange et du commerce, l'industrie, le secteur financier, joint-venture dans des secteurs différents, agriculture et bétail, science et technologie, éducation et technologie d'information. Pendant ces réunions avec les dignitaires marocains, en plus de la discussion des problèmes d'intérêt commun en matière de commerce et d'échange, des efforts seront faits pour chercher l'investissement marocain pour la création d'une usine de production d'engrais au Pakistan à travers une joint-venture entre la Corporation National Pakistanaise d'Engrais et l'OCP marocain.

Comment évaluez-vous les relations économiques et commerciales entre les deux pays ?

Nous apprécions les relations séculaires entre le Maroc et le Pakistan et nous souhaitons les voir prospérer dans les années à venir. Malgré les excellentes relations politiques bilatérales, nos deux pays doivent, cependant, conjuguer cela en substantiels liens d'échanges. Notre échange bilatéral reste bien au dessous du potentiel. L'an dernier, il était de près de 120 millions de dollars. Nous avons absolument besoin d'augmenter l'échange bilatéral.

Le Maroc et le Pakistan ont convenu d'oeuvrer à établir des lignes maritimes régulières entre les deux pays et d'encourager les compagnies maritimes à investir et s'impliquer dans ce projet. Où en est cet accord ?

Les vaisseaux de notre transporteur national PNSC entrent dans les ports marocains régulièrement pour charger les rochers du phosphate, surtout ceux de Casablanca et de Jorf Lasfar. Ces chargements sont de 250,000 à 300,000 tonnes par an. Une liaison maritime directe entre les ports pakistanais et marocains est déjà disponible, mais fonctionne lentement. Toutefois, du moment que le volume des échanges entre les deux pays va augmenter, nous allons éventuellement créer une ligne maritime directe et régulière.

Le volume global des échanges commerciaux entre les deux pays ne représente que 0,40% de la valeur globale des échanges du Maroc avec l'étranger. Les montants échangés sont pratiquement faibles. Comment comptez-vous remédier à cette situation ?

L'échange bilatéral entre le Pakistan et le Maroc varie entre 123 et 130 millions de dollars, ce qui est bien au dessous du vrai potentiel. Cet échange est surtout opérationnel en phosphate, textile, les biens de sports, instruments de chirurgie, cuir, et peau. Il existe une énorme possibilité d'explorer le plein potentiel pour faire bénéficier les économies des deux pays. Je suis sûr que nos délibérations pendant la session de la Commission ministérielle mixte conduiront à une conclusion réussie. Nous allons discuter du niveau actuel d'échange bilatéral, à travers la réactivation du Conseil d'affaires maroco-pakistanais, la signature de l'accord préférentiel d'échange et la réduction du tarif sur les importations de nos deux pays.

Justement, pour booster ces échanges, un accord préférentiel, à l'instar de l'accord de libre-échange, devrait être conclu entre les deux parties. De quoi s'agit-il au juste ? Envisagez-vous de le signer dans le cadre de l'actuelle commission mixte ?

Le Pakistan est impatient de signer le AEP/ ALE avec le Maroc. Une proposition dans ce sens est déjà prise en considération par les deux pays. L'AEP va conduire à la signature de l'ALE, qui va fournir d'amples opportunités pour développer le volume des échanges. Le Pakistan souhaite augmenter sa part du marché au Maroc, pourvu qu'à ses produits soit accordé un traitement préférentiel qui réduise les taxes élevées sur les importations. Le tarif maximal de la plupart des biens est 40% mais les taux les plus élevés sont de 205% à 300%. Il y'a aussi une taxe sur la valeur ajoutée qui varie de 0% à 20%. La signature de l'AEL/ AEP va assurer l'exemption sur ces taxes et droits de douane.

Depuis la création de la section commerciale à Casablanca, y avait-il une augmentation au niveau des échanges entre les deux pays ?

La section commerciale pakistanaise a été créée en juin 2007 à Casablanca. Elle joue un rôle effectif dans l'augmentation d'échange bilatéral. L'impact d'une telle initiative ne peut pas être jugé en une année. Cependant, durant l'an dernier, une augmentation de 18% a été enregistrée dans nos exportations vers le Maroc.

Un mémorandum d'entente sur la coopération industrielle signé par les deux pays vise le développement et le renforcement des rapports de coopération entre les petites et moyennes entreprises, l'échange de renseignements et la création d'alliances d'intérêt commun entre les deux pays. Où en est l'application de ce mémorandum?

Effectivement, ce mémorandum d'entente (ME) sur la coopération industrielle, qui a été signé en 2006 entre le Pakistan et le Maroc, vise la promotion de la coopération industrielle entre les institutions qui soutiennent les petites et moyennes entreprises dans les deux pays à travers la création des joint-ventures, le transfert de technologie ou n'importe quel type de projets d'avantage mutuel. Il a aussi pour objectif de faciliter et de renforcer la relation entre les institutions intéressées et les secteurs privés dans les deux pays. Le gouvernement du Pakistan a fait parvenir de l'information et des documents intéressant sa politique sur les petites et moyennes entreprises (SME) et sur le Rapport annuel de l'Autorité du Développement des Petites et Moyennes Entreprises (SMEDA), sous forme de brochure et CD. La Société marocaine pour l'amélioration technologique et le développement des compétences (TUSDEC) a exprimé son intérêt dans les domaines de gestion de qualité, les structures industrielles et technologiques, l'amélioration et le transfert de technologie, le développement des compétences, la recherche et le développement. Nous allons travailler sur les modalités pour promouvoir la coopération dans le secteur des petites et moyennes entreprises.

Le Maroc et le Pakistan avaient signé en 2004 un accord pour la réalisation d'une usine d'acide phosphorique à Jorf Lasfar, avec une capacité de 375.000 tonnes, qui permettra de fournir la totalité des besoins en acide phosphorique de l'usine d'engrais DAP du Groupe Fauji au Pakistan. Ce projet est-il totalement réalisé ?

L'accord signé entre le Maroc et le Pakistan en 2004 a eu pour résultat la formation d'une société nommée "Pakistan Maroc Phosphore S.A.". En Septembre 2004, trois entreprises pakistanaises, Fauji d'engrais Bin Qasim (FFBL), Fondation Fauji (FF), et société Fauji d'engrais (FFC) sont entrées dans une joint-venture avec l'Office Chérifien Marocain des Phosphates (Groupe OCP) pour créer une société au Maroc, nommée "Pakistan Maroc Phosphore S.A (PMP). Celle-ci a été créée avec un chiffre d'affaires de 800 millions de dirhams marocains (équivalent à 95 millions de dollars). Le groupe OCP tenait 50% des parts alors que les 50% restants sont partagés entre les sociétés pakistanaises (FFBL 25%, FF 12,5%, et FFC 12%). Toutes les parties ont payé leur part complète d'équité. Le projet a été réalisé avec succès dans un temps record et selon le prix estimé au départ. La production de l'acide sulfurique a commencé le 8 avril 2008. Depuis, sept expéditions de 114,275 MT ont été transportées au site de l'usine FFBL à Karachi. Six sont déjà arrivées à Karachi alors que la septième est partie du Maroc le 14 juillet 2008. PMP sera une source fiable d'acide phosphorique à long terme, et du revenu financier en devises étrangères. C'est le premier investissement direct par le Groupe Fauji et il dispose de tous les potentiels pour attirer un investissement marocain réciproque au Pakistan. Le projet est unique en son genre et revêt une importance stratégique pour les plus grands groupes d'affaires des deux pays musulmans frères, c'est à dire le Groupe Pakistanais Fauji et l'OCP Marocain. La production de 375,000 tonnes métrique d'acide phosphorique par an va non seulement assurer l'approvisionnement ininterrompu de la matière première, fourniture de la totalité des besoins en AP du FFBL, elle serait aussi une source de profit sous forme de vente de l'excédent de production puisqu'elle va assurer un approvisionnement garanti des matières premières à long terme dans un marché international extrêmement difficile.
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Accord préférentiel
Les relations économiques et commerciales entre Rabat et Islamabad sont appelées à s'intensifier davantage grâce à la création du conseil économique et commerciale. Le volume global de leurs échanges commerciaux représente que 0,40% de la valeur globale des échanges du Maroc avec l'étranger. Les montants échangés sont pratiquement faibles. Le commerce entre les deux pays est jusqu'à présent à l'avantage du Maroc. Ce dernier exporte du phosphate pour une valeur de 148 millions de DH et importe pour 11 millions de DH des produits manufacturés. Pour booster ces échanges, un accord préférentiel, à l'instar de l'accord de libre échange, sera prochainement conclu entre les deux parties. Le Maroc et le Pakistan ont également convenu d'oeuvrer à établir des lignes maritimes régulières entre les deux pays et d'encourager les compagnies maritimes à investir et s'impliquer dans ce projet.
LE MATIN 17-07-2008   

   
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