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Législatives en Thaïlande: les amis de Thaksin négocient une coalition
BANGKOK (AFP) - Les alliés de l'ex-Premier ministre et milliardaire thaïlandais Thaksin Shinawatra ont engagé de difficiles tractations pour former un gouvernement de coalition stable après avoir raté de peu la majorité absolue aux élections législatives de dimanche.
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Samak Sundaravej au soir des élections législatives, le 23 décembre 2007 à Bangkok
Les généraux royalistes qui ont renversé M. Thaksin en septembre 2006 et l'ont contraint à l'exil n'ont jamais caché leur objectif d'empêcher les partisans de l'ancien homme fort de la Thaïlande de revenir au pouvoir après avoir passé plus de 15 mois à essayer d'effacer toute trace de son legs.

Mais le Parti du pouvoir du peuple (PPP), au sein duquel ont réussi à se regrouper les amis de M. Thaksin, est arrivé largement en tête aux élections et était crédité lundi de 232 des 480 sièges de la future chambre basse du Parlement, selon les derniers résultats communiqués par la Commission électorale. La majorité absolue se situe à 241 sièges.

Dimanche soir, le chef du PPP, Samak Sundaravej, a déclaré qu'il serait "à coup sûr" Premier ministre mais cet ancien gouverneur de Bangkok, au langage cru, est à la recherche de partenaires pour former la coalition la plus solide possible. "Des négociations difficiles ont commencé. Bien que le PPP soit le grand vainqueur, il doit faire appel à de plus petits partis", explique Ukrist Pathmanand, professeur de sciences politiques à l'université Chulalongkorn de Bangkok. "Les tractations seront intenses", a-t-il ajouté.

Le Parti démocrate, principal adversaire du PPP, a été crédité de 165 sièges, tandis que cinq autres plus petites formations se partagent le reste des députés (83). Bien que M. Samak ait crié victoire, M. Abhisit a refusé de s'incliner, affirmant être prêt à former lui-même une coalition gouvernementale si le PPP échouait.

Les petits partis faisaient l'objet lundi de toutes les sollicitations et il était impossible de prédire l'issue des tractations qui pourraient durer, alors que des généraux pourraient faire pression en vue de fragiliser la coalition en cours de formation, selon des analystes. Le Rum Jai Thai Chart Pattana (9 sièges) et Puea Pandin (25) comptent des personnalités qui s'étaient éloignées de M. Thaksin après le putsch.

Par ailleurs, la Commission électorale a été saisie de plus de 30 plaintes qualifiées de sérieuses et qui pourraient aboutir à la disqualification de certains élus et à l'organisation de partielles en janvier.

Une chose est sûre: les élections de dimanche en Thaïlande ont confirmé la poursuite de divisions géographiques et sociologiques entre d'un côté des régions nord, majoritairement rurales restant fidèles à M. Thaksin, et de l'autre Bangkok et le Sud, zones majoritairement hostiles à l'ancien Premier ministre.

Autre certitude: les officiers royalistes, auteur du coup d'Etat de l'année dernière, ont subi un cinglant désaveu dimanche.

Les Thaïlandais veulent maintenant "tourner la page après 15 mois d'administration militaire et reprendre la voie démocratique", écrivait lundi le quotidien The Bangkok Post dans un éditorial.

M. Samak a dit qu'il allait oeuvrer au retour en Thaïlande de M. Thaksin et à une éventuelle amnistie. En mai dernier, l'ex-Premier ministre, accusé de fraude et de corruption, avait été interdit d'activités politiques pendant cinq ans par un tribunal nommé par la junte.

Son éventuel retour au pays, après la mise en place du nouveau gouvernement en février, risque cependant de raviver les tensions.
AFP 24-12-2007   

   
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