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Tchad: reprise du procès de l'Arche de Zoé à N'Djamena
N'DJAMENA (AFP) - L'audience au procès de l'affaire de L'Arche de Zoé a repris lundi à N'djamena avec l'audition devant la Cour criminelle de parents d'enfants que l'association voulait emmener en France.
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Alain Péligat, Emilie Lelouch et Eric Breteau à leur arrivée le 24 décembre 2007 au tribunal de N'Djamena
Pour la troisième journée de ce procès commencé vendredi, les premiers parents des 103 enfants ont commencé à être entendus par la Cour. Ces parents sont interrogés par le président Ngarhondo Djidé. Leurs réponses en dialecte local sont traduites par un interprète en français, la langue des débats et langue officielle au Tchad.

La Cour criminelle de N'Djamena juge depuis vendredi six membres français de l'association L'Arche de Zoé, accusés d'avoir voulu emmener du Tchad en France 103 enfants. Les accusés affirment qu'il s'agissait d'"orphelins du Darfour" voisin. Trois Tchadiens et un Soudanais présumés complices sont également poursuivis devant le tribunal.

Un collectif de parents a délégué six d'entre eux pour les représenter au procès. A l'issue de l'audition des parents, une confrontation est prévue entre certains intermédiaires locaux intervenus pour "fournir" des enfants à L'Arche de Zoé.

Un quatrième Tchadien, Mahamat Eritero, entendu comme témoin samedi avant d'être "mis à la disposition du Parquet pour plus d'informations" et incarcéré à l'issue de son témoignage, est arrivé lundi avec les autres accusés en provenance de la maison d'arrêt. Il a été placé dans le box avec les six Français, sans que sa situation soit précisée. Il avait nié samedi être un intermédiaire, comme l'affirme l'association, et s'était présenté comme un simple chauffeur ayant convoyé une quinzaine d'enfants entre Tiné, localité frontalière avec le Soudan, et Abéché, principale ville de l'est tchadien.

L'Arche de Zoé rejette depuis le début de son procès la responsabilité sur ses intermédiaires locaux, qu'elle accuse d'avoir présenté comme orphelins du Darfour les 103 enfants, mais elle peine à justifier les conditions de leur exfiltration avortée.

Habilement, le président de L'Arche de Zoé Eric Breteau, jugé notamment pour "tentative d'enlèvement d'enfants tendant à compromettre leur état civil" avec cinq Français de son association, s'est imposé, dès l'ouverture vendredi du procès devant la Cour criminelle de la capitale tchadienne, comme le meneur des débats.

A la barre comme dans le box, il intervient pour argumenter, réfuter, dédouaner les uns et charger les autres. Ainsi, il a mis hors de cause samedi les trois Tchadiens jugés pour "complicité", mais s'en est vivement pris aux deux principaux intermédiaires qui ont "fourni" les enfants à l'association: le Soudanais Souleïmane Ibrahim Adam, inculpé des mêmes faits, et le Tchadien Mahamat Eritero, arrivé samedi à la barre comme simple témoin et reparti en fourgon cellulaire pour la prison.

"Les enfants nous ont été présentés par Mahamat Eritero et Souleïmane Ibrahim comme des orphelins du Darfour", région soudanaise en guerre civile, a lancé devant la Cour Eric Breteau, rejetant sur eux tout "mensonge ou tromperie sur leur état civil". Un autre intermédiaire cité comme témoin, Moktar Fadoul, a reconnu samedi que L'Arche de Zoé demandait des orphelins du Darfour.

Les explications du vieux marabout Souleïmane Ibrahim Adam, pressé de toutes parts, sont apparues plus confuses. Il a d'abord reconnu sa signature au bas de documents attestant que les enfants sont des orphelins du Darfour, mais a estimé, sans plus de précisions, que sa vigilance avait été "trompée". Il a assuré que ces 63 enfants étaient en fait tchadiens, sans vraiment convaincre sur le fait qu'il les a présentés comme tels.
AFP 24-12-2007   

   
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