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A l'occasion de cet anniversaire, les appels à fermer le camp se multiplient à nouveau à travers le monde. Amnesty International prévoit ainsi des manifestations vendredi du Royaume-Uni à Bahrein, du Paraguay aux Philippines...
en passant évidemment par Washington.
Depuis bientôt deux ans, l'administration insiste sur sa volonté de fermer le centre de détention installé sur une base navale américaine à Cuba.
Mais "en raison de questions légales (...), il n'y a pas eu beaucoup de progrès", a reconnu fin décembre le ministre américain de la Défense, Robert Gates.
En six ans, la base a beaucoup changé. Les premières cages à ciel ouvert dont les images ont fait le tour du monde sont depuis longtemps retournées aux herbes folles et aux iguanes, et la plupart des détenus sont aujourd'hui confinés
dans des cellules modernes construites en 2006 sur le modèle de prisons américaines de haute sécurité.
Si les interrogatoires cauchemardesques des premières années ont cessé, les prisonniers souffrent aujourd'hui de l'isolement et d'une incertitude totale sur leur sort.
Quatre d'entre eux se sont suicidés, et les grèves de la faim sont courantes.
Et après des années de procédures judiciaires, le premier procès devant un tribunal militaire d'exception est prévu au mois de mai.
Une salle d'audience toute neuve sera prête au printemps, et un village de tentes militaires attend déjà les participants.
Parallèlement, le gouvernement a commencé à renvoyer dans leur pays, au compte-goutte, les détenus qu'il ne compte pas juger.
En 2006, 63 détenus sont ainsi rentrés en Arabie Saoudite, où un vaste programme de réinsertion a été mis en place pour eux.
Alors que plus de 800 hommes et adolescents sont passés par le camp, il reste aujourd'hui environ 275 détenus. Selon un responsable du Pentagone s'exprimant sous couvert d'anonymat, ils viennent de plus d'une vingtaine de pays différents, en premier lieu du Yémen, d'Afghanistan et d'Algérie.
Mais George W. Bush a reconnu en août qu'il était "très compliqué" de les renvoyer: "De nombreux pays ne veulent pas de tueurs chez eux, et beaucoup de ces gens sont des tueurs".
Parfois, les détenus eux-mêmes ne souhaitent pas rentrer dans leur pays, où ils redoutent des persécutions. Selon l'association Human Rights Watch (HRW), cela concerne une cinquantaine d'entre eux, qui viennent de Chine, d'Algérie, de Libye, de Tunisie et d'Ouzbékistan.
Le gouvernement cherche donc des solutions alternatives. Selon un porte-parole du Pentagone, plus de 90 pays ont ainsi été contactés pour accueillir la vingtaine de détenus chinois, membres de la minorité turcophone ouïgour. Seule l'Albanie a accepté d'en recevoir cinq en 2006.
"L'importance (de Guantanamo) est en train de s'éroder", note Eugene Fidell, un expert en justice militaire, rappelant qu'alors que le nombre de prisonniers baisse à Cuba, il est en augmentation constante dans la prison militaire américaine de Bagram, près de Kaboul, qui compte aujourd'hui plus de 600 détenus selon les chiffres du Pentagone.
"Et au bout du compte, le sort de Guantanamo va se décider (...) lors de l'élection" présidentielle de novembre", ajoute-t-il. Côté démocrate, Guantanamo suscite une désapprobation unanime.
Côté républicain, à l'exception de John McCain, les candidats rivalisent de fermeté.
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Manifestations à Sydney
Des centaines de personnes ont manifesté vendredi à Sydney pour réclamer la fermeture du centre de détention américain à Cuba, Guantanamo, qui a été mis en place il y a six ans. Les manifestants, en combinaison orange semblables à celles portées par les détenus de Guantanamo, ont défilé avec des banderoles dans le quartier d'affaires de Martin Place.
D'autres manifestations similaires sont prévues notamment au Royaume-Uni, au Paraguay, aux Philippines et aux Etats-Unis.
Parmi les trois seuls détenus du camp à avoir été formellement inculpés figure l'Australien David Hicks qui a plaidé coupable pour soutien matériel au terrorisme devant un tribunal militaire. Rentré depuis en Australie pour purger sa peine, celui que l'on a surnommé le "taliban australien" a été remis en liberté le 29 décembre dernier.
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