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 Actualités international :
 
Kenya: 27 personnes tuées dans de nouvelles violences
NAIROBI (AFP) - Vingt-sept personnes ont été tuées dans l'ouest du Kenya dans des affrontements interethniques et par la police, a indiqué à l'AFP samedi la police dans la région, portant le bilan des violences à 37 morts en 24 heures.
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Un Kenyan battu par des policiers le 1er février 2008 à Kericho pour avoir été trouvé en possession de flèches empoisonnées
"Huit personnes ont été tuées à Nyamira, dont deux ont été retrouvées dans une rivière. A Chepilat, six ont été tuées -- deux par des tirs de la police et quatre à coups de machettes. Trois ont été tuées à la machette à Manga" dans la nuit de vendredi à samedi, a déclaré sous couvert de l'anonymat un commandant de la police dans la province de Nyanza.

A Ainamoi, "huit personnes ont tuées hier (vendredi) et deux dans la nuit", a dit un chef de la police locale, Japheth Daido.

Les camps du président kényan Mwai Kibaki et de son rival Raila Odinga ont signé vendredi un plan d'action commun pour mettre fin aux violences qui ensanglantent le pays. Le parti de l'opposant Odinga, qui conteste la réélection de M. Kibaki le 27 décembre, a néanmoins tenu à souligner qu'il ne s'agit que d'un premier pas, et pas encore d'un accord "qui va mettre fin à la crise" politique.

"Nous sommes parvenus à un accord sur un plan pour régler les questions à court terme, mais aussi à long terme", a déclaré le médiateur de l'Union africaine, Kofi Annan, qui préside depuis jeudi des pourparlers entre des négociateurs mandatés par MM. Kibaki et Odinga. Les deux premiers points de ce plan prévoient "une action immédiate pour arrêter les violences et restaurer les droits et les libertés fondamentaux", et des "mesures immédiates pour régler la crise humanitaire", a expliqué M. Annan lors d'une conférence de presse.

Le troisième évoque "la crise politique actuelle", le point le plus critique. A ce sujet, les deux parties s'engagent à "négocier pour parvenir à une solution", selon le document signé par les deux parties et dont l'AFP a obtenu une copie. "La résolution de la crise pourrait nécessiter des ajustements du cadre constitutionnel, légal et institutionnel actuel", indique le texte. M. Odinga, arrivé officiellement deuxième, accuse M. Kibaki d'avoir fraudé lors de l'élection, dont les résultats sont entachés d'irrégularités flagrantes, selon de nombreux observateurs.

Les deux parties sont convenues que ces trois points devaient être "réglés" dans une période de 7 à 15 jours, à partir du lancement officiel du dialogue, le 28 janvier. Ce plan est une "percée très importante" vues les "très grandes divergences entre les deux parties", a déclaré à l'AFP Salim Lone, porte-parole du Mouvement démocratique orange (ODM), le parti de M. Odinga.

"Mais il ne s'agit pas d'un accord qui va mettre fin à la crise", a-t-il ajouté.

Le quatrième point porte sur des "problèmes et solutions à long terme", qui doivent être réglées d'ici à "un an" et évoque notamment une "réforme" pour régler les conflits fonciers. Un peu plus tôt, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, en visite à Nairobi, s'était déclaré "raisonnablement encouragé par l'engagement et la volonté de tous les leaders politiques (...) qui envisagent désormais la possibilité de résoudre ce problème à travers le dialogue et des moyens pacifiques".

Près de 1.000 personnes ont été tuées et entre 250.000 et 300.000 déplacées dans les violences politico-ethniques qui ont suivi l'annonce des résultats de l'élection fin décembre. Vendredi, huit personnes ont été tuées, à la machette ou par flèches, dans des affrontements entre ethnies dans le district de Nyamira, dans la province de Nyanza, où de nombreuses échoppes ont été incendiées, selon la police.

Un policier a été tué à Ainamoi (district de Kericho, centre-ouest) où quelque 3.000 villageois, armés notamment d'arcs et de machettes, ont attaqué un bâtiment gouvernemental et dérobé des armes et des munitions, a-t-on appris auprès de la police locale. La circonscription d'Ainamoi est secouée par des troubles depuis le meurtre jeudi par un policier du député de cette circonscription, David Kimutai Too, élu du Mouvement démocratique orange (ODM, opposition). C'était le second député de l'opposition tué en quelques jours.

A Kisumu, fief de l'opposition (extrême-ouest), un homme a été tué par balles par la police, "parce qu'il faisait partie d'un groupe qui voulait attaquer un poste de police", selon un officier. Par ailleurs, une trentaine de maisons ont été incendiées dans la ville de Kapsabet (nord-ouest). Et 56 autres ont connu le même sort dans la nuit entre les districts de Borabu et Bureti, près de la ville de Kisii, selon la police.
AFP 02-02-2008   

   
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