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Tchad: la bataille de N'Djamena a commencé
N'DJAMENA (AFP) - La bataille de N'Djamena entre l'armée tchadienne et l'alliance rebelle hostile au président Idriss Deby Itno, qui a traversé cette semaine le pays à partir du Soudan, a commencé samedi matin, avec des combats à l'arme lourde et des échanges de tirs dans la capitale.
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Localisation des affrontements au Tchad.
Les affrontements ont commencé peu après 08H00 (07H00 GMT) à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville. Des tirs d'armes lourdes, d'abord sporadiques puis de plus en plus intenses et réguliers, ont été entendus par un journaliste de l'AFP du centre de N'Djamena.

Des combats entre forces gouvernementales et rebelles tchadiens se déroulaient samedi matin aux abords de la présidence de la République à N'Djamena, selon des sources militaires.

Cette information a été confirmée par des responsables de services de sécurité d'organismes internationaux travaillant au Tchad.

On ignorait samedi où se trouvait le président Idriss Deby Itno.

Les autorités françaises ont appelé samedi les Français résidant à N'Djamena à "s'abriter dans leurs habitations et à ne pas sortir" en raison des combats, a-t-on appris auprès du ministère français des Affaires étrangères.

"Les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles ont commencé à une vingtaine de kilomètres au nord de N'Djamena", a déclaré à l'AFP une source militaire. Selon elle, les forces en présence dans les deux camps "sont plus ou moins équilibrées".

Selon Abakar Tollimi, l'un des chefs de l'alliance des trois principales rébellions tchadiennes, formée à la mi-décembre après de premiers combats très meurtriers menés par ces groupes en ordre dispersé dans l'est du pays, "Deby et ses troupes sont en débandade. Il va tomber aujourd'hui (samedi) c'est sûr", a-t-il ajouté.

Selon plusieurs témoins, des rebelles ont été signalés à l'intérieur de la ville, notamment près de l'Assemblée nationale, et non loin de l'aéroport.

Depuis lundi, une colonne rebelle composée de quelque 300 véhicules pick-up pouvant transporter dix à quinze hommes chacun, a traversé le Tchad sur 800 km à partir du Soudan, où les groupes avaient établi leurs bases.

Leur progression n'avait pas rencontré de résistance jusqu'à vendredi vers la localité de Massaguet, à 50 km à vol d'oiseau au nord-est de la capitale, où l'Armée nationale tchadienne (ANT) est allée tenter de la contrecarrer, sans y parvenir malgré d'intenses combats.

Le président Idriss Deby Itno, chef militaire arrivé au pouvoir par les armes, depuis le Soudan lui aussi, en 1990, lorsqu'il a renversé Hissène Habré, était au front vendredi après-midi, mais a regagné N'Djamena lorsque ses forces n'ont pas réussi à s'imposer face aux rebelles, selon des sources militaires.

Il a passé la nuit au palais présidentiel de N'Djamena, selon des sources proches de la présidence. Aucune confirmation indépendante n'était disponible.

En ville, la population, qui attendait une confrontation majeure depuis trois jours, est restée terrée chez elle, comme la veille.

Depuis vendredi, l'ANT a déployé un imposant dispositif pour sécuriser les points névralgiques de N'Djamena. Des militaires lourdement armés étaient présents aux principaux carrefours, ainsi que des chars placés près de la présidence et des bâtiments stratégiques.

Quelque 1.500 Français résident au Tchad, dont 85% à N'Djamena.

Une évacuation était à l'étude samedi, mais dépendrait de la situation sécuritaire, a-t-on appris auprès de plusieurs ressortissants.

L'armée française, présente dans ce pays depuis 1986 avec les 1.100 hommes du dispositif Epervier -- renforcé depuis vendredi avec plus de 100 soldats venus de Libreville --, a sécurisé les centres de regroupement et les grands hôtels de la capitale.

La bataille de N'Djamena coïncide avec le lancement de la force européenne dans l'est du Tchad et en Centrafrique. Les 3.700 hommes de la force, dont 2.100 Français, sont censés, d'ici à fin mai, protéger les réfugiés du Darfour (ouest du Soudan) ainsi que les déplacés internes tchadiens et centrafricains, soit 450.000 personnes au total.

Plusieurs experts, ainsi que les autorités tchadiennes, estiment que le Soudan, parrain des rebelles tchadiens, les a incités à attaquer pour perturber ce déploiement à ses portes.
AFP 02-02-2008   

   
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