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La question des cadres chômeurs sur la voie de résolution
Mille cent cadres supérieurs en chômage vont bientôt intégrer les rangs du ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Formation des cadres. Une bataille est gagnée !
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clameront les milliers de cadres en chômage qui ont entamé depuis la semaine dernière une série de sit-in à Rabat. La mesure ne sort toutefois pas du cadre des engagements du gouvernement inscrits dans l'accord signé en ce sens le 2 août 2007.

En effet, et à partir de cette semaine, les concernés vont commencer à recevoir leurs lettres d'affectation. Ainsi, 1 000 nouvelles recrues vont rejoindre directement les classes de l'enseignement fondamental dans différentes régions du Maroc. Cela, non sans avoir reçu auparavant une formation accélérée, affirme une source proche du dossier. Ce qui reste insuffisant puisqu'elles sont appelées à continuer de suivre une formation continue le long de l'année. Cette opération fait suite à une précédente qui a eu lieu l'année dernière. Le millier de diplômés recrutés en 2007 et affectés directement à l'enseignement a donné satisfaction, souligne notre source.

Pour cette année, outre les 1 000 nouveaux professeurs, une centaine d'autres diplômés concernés par cette opération va être affectée aux postes administratifs dans différents établissements de l'enseignement supérieur. Ce sont essentiellement des diplômés de gestion, d'économie et de droit et ils rejoindront incessamment leurs postes au sein des présidences des universités.
Après une rencontre, en novembre, avec les représentants de quatre groupes de cadres titulaires de DESA, DESS et de doctorat national, il a été décidé d'intégrer un nombre important de ces demandeurs d'emploi dans les rangs du ministère de l'Education nationale et de l'enseignement supérieur. Les concernés ont alors été invités à passer des entretiens, depuis début décembre, dans différentes académies de l'enseignement du Royaume. Une commission a été chargée d'évaluer leur niveau de compétence et de centraliser les résultats des examens.

Or, jugeant l'opération trop lente à leur goût et les délais de proclamation des résultats des entretiens constamment repoussés, les cadres concernés ont entamé une série de sit-in et manifestations devant le Parlement, la Primature et ont même forcé le siège du parti de l'Istiqlal. Et c'est en ce moment où l'affaire a commencé à prendre une tournure inquiétante que le ministère de l'Education nationale décide d'annoncer le recrutement immédiat des 1 100 diplômés parmi les quelque 2 500 personnes qui ont participé à ces entretiens. L'annonce a été faite par un communiqué daté du samedi 2 février.

Une « victoire », estiment les uns, une occasion pour d'autres diplômés de sortir dans la rue et d'exiger d'être recrutés dans la fonction publique, pensent d'autres. L'affaire telle qu'elle a été « négociée » par le gouvernement pourrait, en effet, estime-t-on, encourager des milliers de diplômés chômeurs à investir les rues de la capitale et devant les sièges des principales institutions représentatives du pays. « Il ne faut pas dramatiser les choses, nous en somme loin », estime le responsable d'un des groupes des cadres en chômage. En outre, et c'est ce qui rend la question plus compliquée, les critères de sélection des bénéficières de cette opération ne sont pas clairs, mais le gouvernement a mis en place une approche préférentielle.

Ainsi, sur l'ensemble des cadres recrutés, 75% ont été sélectionnés parmi les « sit-iners ». Ce qui revient à encourager ce genre de manifestations dans les rues de Rabat. « Non. Il faut relativiser », juge ce responsable. En effet, explique notre source, sur les 3 400 cadres inscrits sur les listes établies par les soins de Driss Guerraoui, conseiller en charge de ce dossier à la Primature, seuls 2 500 diplômés ont décidé de passer les tests. Cela, d'une part. D'autre part, le nombre total de cette catégorie de diplômés, c'est-à-dire les titulaires de DESS, de DESA et du doctorat national, concernés ne dépasse guère les 5 000 personnes. Et ce, en comptant même ceux qui travaillent actuellement dans le secteur privé et qui décideraient un jour d'opter pour la fonction publique. Ceci, d'autant qu'au fur et à mesure de leur intégration dans le secteur public leur nombre ne cesse de décroître.

De plus, et depuis la mise en place de la réforme de l'enseignement supérieur, les universités marocaines ne forment plus à ce genre de diplômes. La dernière promotion a quitté les bancs de l'université en 2007. Toutefois, la question n'est pas pour autant résolue. « Tant que le gouvernement ne dispose pas d'une politique claire en la matière et que le cadre juridique n'est pas encore fixé, le problème restera posé », soutient notre source.
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Un vide juridique
C'est en vertu de deux décisions du Premier ministre, 888.99 et 695.99 datant de l'ère de Abderrahmane Youssoufi que les diplômés titulaires de DESA, DESS et doctorat national revendiquent leurs droits à l'intégration automatique dans la fonction publique. Les deux textes permettent, en effet, aux titulaires desdits titres d'intégrer la fonction publique sans toutefois définir les critères de leur sélection. Et c'est là où persiste le vide juridique. Les deux décisions ne fixent pas de priorités.

« L'on ne sait pas si la sélection et donc l'accès à la fonction publique doit se faire selon l'âge du candidat, son diplôme, la date à laquelle il l'a obtenu ou selon son état civile », affirme une source proche du dossier. Aussi, explique notre source, il est urgent de fixer un cadre juridique permettant de traiter d'une manière automatique cette question.
Le matin.ma 04-02-2008   

   
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