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Un premier jet a été adopté, mercredi dernier à Rabat, lors d'une plénière à laquelle les adhérents ont pris part. Notons au passage que la plate-forme a fait l'objet de débats lors d'un atelier organisé, vendredi dernier à Rabat et durant lequel des propositions d'amendement ont été présentées. Le comité de rédaction du document final s'est réuni, quant à lui, en fin de la semaine dernière pour les inscrire.
Quant à la structure organisationnelle du mouvement, elle n'est pas encore à l'ordre du jour. Contacté par Le Matin, Bachir Znagui, autorisé à parler au nom du MTD, estime qu'il faut d'abord mettre en place le cadre juridique du mouvement. Parti politique ou association ? B. Znagui répond littéralement "qu'au jour J, il n'y a aucune trace indiquant la création d'une formation politique". Il penche plutôt vers un statut d'association dont le rôle est de rétablir "le lien (quelque part rompu, ndlr) entre le citoyen et la classe politique". L'objectif étant de remédier au problème de décrédibilisation de l'action partisane chez l'électorat et la population de manière générale. Donneur de leçons, comme certains responsables de partis politiques ne cessaient de taxer le MTD ? Non, martèle B. Znagui.
"Nous ne sommes pas là pour faire des réflexions à quiconque, mais pour être actifs sur le terrain. Nous avons lancé un appel à toutes les personnes qui veulent adhérer au projet de démocratie moderne pour une société arrimée à son époque". Toutefois, le chemin emprunté par le mouvement d'El Himma reste semé d'embûches dans la mesure où sa démarche attise les appétits, mais n'en dérange pas moins les dirigeants politiques. La part d'inconnu est tellement grande que ces derniers se posent plusieurs questions sur la vraie raison d'être du MTD. Surtout que ce dernier est ouvert à tout le monde, y compris les mécontents qui cherchent un air frais loin de leurs partis. Les 11 signataires du premier communiqué, annonçant la création du MTD, en sont la preuve.
Et ils sont bien servis au sein du MTD. "Nos adhérents traitent entre eux sans complexe dans le cadre d'une nouvelle relation démocratique ignorant les clivages politiques", indique notre source. Du coup, les partis historiques se sentent interpellés et dans l'obligation d'agir au niveau des bases pour rattraper le retard et éviter d'être supplantés par le discours fort d'un terme vendeur à savoir "la démocratie". Pour B. Znagui, d'une certaine façon, le mouvement est en train de provoquer une mise à niveau indirecte au sein des structures partisanes.
Son credo, comme sa plate-forme l'indique, est de garantir aux démocrates une présence continue et effective sur le terrain pour défendre les réformes dans lesquelles le Maroc s'est engagé et en proposer de nouvelles. "Sinon, tout le travail réalisé jusqu'ici sera voué à l'échec si le citoyen n'y est pas directement impliqué", explique la même source. Le mouvement d'El Himma se positionne, pour qui veut le comprendre, comme la bouée de sauvetage à laquelle tous les rescapés peuvent se cramponner. Ou encore comme un TGV qui roule plus vite que les autres en vue d'accélérer la cadence des réformes.
Mais concrètement, lorsqu'on arrive aux mécanismes et outils à même de mettre en mouvement ces idées, le MTD nous laisse sur notre faim. Surtout, concernant sa politique ciblant le rapprochement entre le citoyen et les partis. Un chantier que l'association 2007 Daba a investi sans résultats probants.
Pour le moment, le tracteur d'El Himma ratisse large et creuse les sillons d'un terrain longtemps laissé en friche.
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Encore une flèche décochée dans le corps des partis politiques. Le mouvement d'El Himma leur reproche de ne pas prendre au sérieux deux grands documents, à savoir le rapport sur le cinquantenaire et celui de l'Instance équité et réconciliation (IER).
Ces deux mines d'or d'informations et d'orientations stratégiques constitueront une base de départ pour le MTD, indique-t-on. "Nous travaillerons pour la réalisation de leurs résolutions et les aménagements législatifs auxquels les deux rapports appellent", annonce Bachir Znagui, autorisé à parler au nom du MTD. Ce dernier a souligné, par ailleurs, qu'il ne doit y avoir aucune gêne à les prendre en considération du moment qu'ils ont été approuvés par le Souverain.
Il est vrai que le rapport sur le cinquantenaire représente la mémoire du pays depuis l'indépendance. Il est extrêmement utile pour toute politique de réforme dans la mesure où il permet d'avoir le recul nécessaire pour ne pas tomber dans les mêmes erreurs. Malheureusement, il n'a jamais été utilisé dans ce sens ni par les partis politiques ni par le gouvernement.
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