|
L'Espagne et l'Italie qui l'ont pratiquée il y a quelques années ont d'ailleurs officiellement renoncé à cette politique", a indiqué le ministre dans une interview publiée jeudi dans le journal Le Figaro, notant qu'il ne peut y avoir qu'un examen au cas par cas en fonction de la réalité du contrat de travail ou de la situation de l'emploi dans un secteur en tension.
Après avoir expliqué que la loi sur l'immigration, qu'il avait fait voter, prévoit de permettre à titre exceptionnel de régulariser au cas par cas dans des secteurs connaissant de graves pénuries de main-d'oeuvre, M. Hortefeux a affirmé que la France poursuivra sa politique de "fermeté, d'équilibre et de justice" en matière de régulation des flux migratoires.
Le ministre qui s'exprime pour la première fois sur le conflit des salariés sans papiers, a dénoncé par ailleurs le comportement de certains employeurs qui ont choisi la facilité en recrutant à bon compte des clandestins ne bénéficiant ni de droits syndicaux ni du salaire minimum.
"Depuis le 1er juillet dernier les employeurs de bonne foi sont tenus de vérifier auprès des préfectures la situation des personnes qu'ils souhaitent embaucher. L'administration doit leur répondre dans les 48 heures", a-t-il dit, notant que dans la seule ville de Paris, le préfet a enregistré 62.635 demandes et a recensé 10 % de fraudes. Et de rappeler que quelque 1.688 employeurs avaient été interpellés en 2007 pour avoir embouché des clandestins, soit une augmentation de 40 % par rapport à l'année précédente. Le ministre a signalé, par ailleurs, que la politique de l'immigration adoptée par la France a permis en 2007 de faire baisser de 6 pc le nombre de clandestins, précisant qu'au cours des cinq dernières années, quelque 110.000 sans-papiers ont été reconduits chez eux, et qu'au premier trimestre de cette année, le nombre des éloignements a connu une forte progression avec plus du tiers de retours volontaires.
Il a également relevé que conformément aux engagements de la France en matière de régulation des flux migratoires, l'immigration familiale a baissé de 12 % en 2007 par rapport à 2006 et que, sur la même période, l'immigration professionnelle a crû de 20%.
Quelque 800 dossiers de demandes de titres de séjour soutenus par la CGT, ont été déposés mercredi par des salariés en situation irrégulière dans cinq préfectures d'Ile-de-France.
L'association "Droits Devant" et la CGT, qui réclament la régularisation de tous les salariés sans papiers, ont brandi la menace d'une grève illimitée au cas où leurs revendications ne seraient pas prises en compte par les préfectures.
|