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Réagissant à l'offre de trêve de six mois faite par le Hamas jeudi soir au Caire, le gouvernement israélien a estimé qu'elle n'était pas sérieuse et serait exploitée par les islamistes, subissant les coups de boutoir de l'armée israélienne à Gaza, pour se renforcer.
"Malheureusement, cela n'apparaît pas sérieux du tout. Le Hamas continue de viser des Israéliens et de s'armer", a affirmé Mark Regev, le porte-parole du Premier ministre Ehud Olmert.
"Le calme qu'il semble proposer est un calme avant la tempête", a-t-il insisté, réaffirmant les conditions fixées par Israël pour cesser ses opérations militaires: fin des tirs depuis la bande de Gaza, "fin du terrorisme du Hamas" et fin "de la contrebande" d'armes via l'Egypte.
Tranchant avec la réaction officielle, un proche du ministre de la Défense Ehud Barak a toutefois indiqué sous le couvert de l'anonymat qu'Israël n'écartait pas "un accord tacite" avec le Hamas, comme ce fut le cas à de nombreuses reprises dans le passé.
"Nous n'écartons pas un accord tacite à condition qu'il se fasse par étapes. Dans la première phase nous exigeons un arrêt total des tirs de roquettes par tous les groupes. Israël sera ensuite prêt à réduire ses opérations si le calme continue", a indiqué ce responsable.
Isolé sur la scène arabe, sous pression accrue d'Israël qui a renforcé son blocus de Gaza, poussant les agences de l'Onu à cesser leurs distributions de nourriture faute de carburant, le Hamas a proposé une trêve qu'il appelle "accalmie".
Assouplissant leurs positions, les islamistes sont désormais favorables à une trêve de six mois qui commencerait à Gaza et s'étendrait ensuite à la Cisjordanie, en échange de l'ouverture de tous les points de passage fermés par Israël et l'Egypte depuis plusieurs mois.
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis juin 2007, exigeait jusqu'à présent une trêve simultanée en Cisjordanie et à Gaza.
"Le mouvement est d'accord pour une accalmie dans la bande de Gaza, dans le cadre d'un consensus national, qui serait étendu ensuite à la Cisjordanie. La trêve, fixée à six mois, doit être réciproque et simultanée, le siège doit être levé, les points de passage rouverts, dont celui de Rafah" avec l'Egypte, a affirmé lors d'une conférence de presse au Caire, un des chefs du Hamas, Mahmoud Zahar.
Il s'exprimait à la suite d'une rencontre avec le chef des services de renseignements égyptiens, Omar Souleimane.
"Dans le cas où Israël rejetterait la trêve, l'Egypte ouvrirait le point de passage de Rafah. Dans le cas où Israël reviendrait sur la trêve, l'Egypte maintiendrait le point de passage ouvert", a ajouté M. Zahar.
A Gaza, l'ONU a mis en garde contre les conséquences de la situation humanitaire, qui s'est aggravée après l'arrêt, jeudi soir, des distributions de nourritures par son agence pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).
"Quand les gens sont affamés, en colère, cela ne sert ni les intérêts de la paix ni les intérêts d'Israël en matière de sécurité", a déclaré Chris Gunness, un porte-parole de l'Unrwa.
"Jusqu'à présent, aucun carburant n'a été livré. Nous ne savons pas du tout si cela sera fait", a précisé un autre responsable de l'Onu qui a requis l'anonymat.
Israël a affirmé avoir tenté de fournir du carburant à l'Unrwa jeudi mais qu'une manifestation organisée par le Hamas avait empêché les camions d'atteindre les réservoirs du terminal de Nahal Oz à la frontière avec Israël.
Sur le terrain, quatre roquettes ont été tirées vendredi contre Israël à partir de la bande de Gaza sans faire ni dégats ni victime, selon l'armée.
A lisière de la Cisjordanie, deux vigiles israéliens ont été tués dans un attentat palestinien dans une zone industrielle, selon une porte-parole militaire israélienne.
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