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Le Labour se classait seulement en troisième position, avec 24% des voix, derrière les libéraux-démocrates (25%) et à vingt points des conservateurs (44%), selon une estimation du groupe public.
Si les suffrages recueillis lors de ces élections locales étaient dupliqués lors de législatives, les Tories emporteraient une nette majorité parlementaire, allant de 138 à 164 députés, selon les projections.
Sur les 4.102 sièges en jeu jeudi en Angleterre et au Pays de Galles, le Labour en perdait 161, tandis que les conservateurs en gagnaient 148 et les libéraux-démocrates 10, selon les résultats disponibles portant sur 100 des 159 conseils locaux disputés.
Le Labour a ainsi perdu le contrôle de six conseils tandis que les conservateurs en remportaient sept. Les libéraux-démocrates en ont perdu un.
Le dernier tiers de résultats attendus vendredi pourraient creuser encore davantage ces pertes historiques du Labour qui pourraient atteindre 250 sièges, voire 300, concédés à l'opposition, selon les différentes estimations des médias.
C'est la meilleure performance des conservateurs lors d'élections locales depuis 1992, et la pire du Labour depuis la fin des années 60, encore plus mauvaise qu'en 2004 où les travaillistes avaient payé la décision controversée du Premier ministre de l'époque, Tony Blair, d'engager le Royaume-Uni dans la guerre en Irak.
Lors de ces élections locales de 2004, le Labour avait également terminé en troisième position, avec 26% des voix.
Gordon Brown, qui a succédé à Tony Blair en juin dernier sans avoir à passer par les urnes, perd ainsi son premier test électoral, tandis qu'approchent les législatives qui doivent être convoquées avant mai 2010.
"La possibilité de voir les conservateurs remporter les élections générales n'est plus inconcevable", a analysé le politologue John Curtice, sur la BBC.
"Ces résultats ne sont pas qu'un vote contre Gordon Brown et son gouvernement. Je pense qu'il s'agit d'un vote de confiance pour les conservateurs", a estimé le chef de file de ces derniers, David Cameron.
Plusieurs analystes font le parallèle entre le revers de Brown et la déroute qu'avait subie en 1995 l'ancien Premier ministre conservateur John Major lors d'élections locales où il n'avait recueilli que 25% des suffrages. Deux ans plus tard il était chassé du pouvoir.
Les conservateurs pourraient renforcer l'éclat de leur victoire en ravissant au Labour la mairie de Londres, pour laquelle les résultats ne seront pas connus avant la soirée de vendredi. Le conservateur Boris Johnson menace sérieusement Ken Livingstone, le maire sortant à la recherche d'un troisième mandat consécutif.
La numéro deux du Labour, Harriet Harman, a reconnu vendredi matin être "très déçue", pointant du doigt le sévère ralentissement de l'économie britannique. "Il faut que nous écoutions ce que la population a à dire... Les gens sont inquiets quant à leur situation financière", a-t-elle déclaré à la BBC, assurant cependant que Gordon Brown restait "absolument" le leader qu'il fallait.
Ce cuisant revers ne manquera pas d'accroître la pression sur le Premier ministre, déjà fragilisé au sein de sa propre famille. Le président du groupe parlementaire du Labour, Tony Lloyd, a ainsi qualifié le scrutin de "référendum sur le gouvernement". Les électeurs ont envoyé "un message très clair", a-t-il dit.
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