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Il exagérait à peine. Pour les deux candidats, la campagne électorale la plus longue des annales du pays est un broyeur impitoyable où la fatigue s'accumule et ne laisse plus qu'un lointain souvenir du confort du quotidien.
Les deux rivaux battent la campagne depuis 16 mois, une durée que personne n'imaginait possible, dans un brouillard éreintant d'avions, de convois automobiles, de meetings, d'interviews à des télévisions locales et d'hôtels impersonnels...
Alignant pratiquement sans repos les journées de 18 heures, ils ont bataillé dans plus de 20 débats, serré des millions de mains et doivent désormais avoir du mal à supporter de devoir débiter à l'infini les mêmes bons mots dans les mêmes discours de campagne. A 60 ans, Hillary Clinton est déjà passée par là. En 1980, elle accompagnait déjà son mari Bill en campagne pour le poste de gouverneur de l'Arkansas (sud). Après deux campagnes présidentielles victorieuses pour lui et deux campagnes sénatoriales triomphantes pour elle tard, elle garde le cap.
Elle s'accorde de micro-siestes dans l'avion entre deux meetings, et si parfois sa voix lâche, elle prend soin d'apparaître toujours pimpante : une maquilleuse et une coiffeuse l'accompagnent toujours.
Et alors qu'il ne reste plus qu'une «poignée de primaires», elle est devenue une métaphore de sa propre campagne qui la présente comme l'increvable championne du peuple essuyant les coups et rebondissant à chaque fois.
Son mari Bill, qui a toujours semblé absorber l'énergie des foules, garde un emploi du temps tout aussi exténuant, participant souvent à sept manifestations par jour, visiblement remis de son opération à coeur ouvert il y a quatre ans.
Mais si le couple Clinton savait à quoi s'attendre après des décennies passées en première ligne sur le front politique, Barack Obama a subi de plein fouet ce marathon effréné. Sa campagne pour le Sénat en 2004, sans réelle opposition, ne l'avait pas préparé à ce rythme impitoyable où le moindre faux pas, même furtif, peut annihiler ses ambitions.
"Je n'ai pas dormi depuis octobre", déclarait-il la semaine dernière sur le plateau d'une émission humoristique. "J'ai commencé cette campagne il y a 15 mois. Il y a des enfants qui sont nés pendant ce temps, et déjà ils marchent et ils parlent", ajoutait-il vendredi à un dîner du parti démocrate.
Barack Obama a 14 ans de moins que sa rivale. Il est mince, en forme, et il aime montrer ses talents de basketteur quand l'occasion se présente et que les caméras ne sont pas loin. Mais la fatigue est visible et l'éloignement de ses deux filles restées à Chicago lui pèse clairement.
Pendant que les deux démocrates luttent jusqu'à épuisement, le républicain John McCain semble couler des jours plus tranquilles. A 71 ans, il se contente de poser les fondations pour les derniers mois de sa campagne, participant parfois à une seule manifestation par jour et prenant de longs repos.
Mais le rythme va s'accélérer pour lui aussi dans les prochains mois.
Et comme il serait, s'il est élu, le président le plus vieux à entamer un premier mandat dans l'histoire du pays, il sait qu'il va devoir mettre les bouchées doubles pour prouver que son âge n'est pas un problème et qu'il a autant d'énergie que plus qu'un jeune que lui.
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Petite île
Le candidat à l'investiture démocrate Barack Obama pour la présidentielle américaine a remporté les caucus (assemblées d'électeurs) organisés samedi à Guam, petite île du Pacifique, a annoncé le site du Pacific Daily News, citant des résultats officiels. Seulement sept voix d'écart ont séparé M. Obama, qui a obtenu 2.264 voix, de sa concurrente Hillary Clinton (2.257 voix), à Guam, qui ne comptera que quatre délégués à la convention démocrate. Dans un communiqué, Mme Clinton a félicité M. Obama pour sa "campagne vigoureuse" à Guam, ajoutant qu'elle regardait désormais dans les jours qui viennent vers les scrutins des Etats de l'Indiana et de la Caroline du Nord, où doivent se dérouler des prochaines primaires démocrates. La participation à ces caucus a été de 25 % plus forte que prévu dans cette petite île où quelque 8.000 votants étaient attendus.
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