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Nizar Baraka, ministre des Affaires économiques et générales, en a livré les premières indiscrétions en répondant à une question orale, mardi à la Chambre des conseillers. Il a affirmé que le gouvernement procédera à la révision des modalités de distribution des quotas de la farine subventionnée sur les régions bénéficiaires.
L'opération, et c'est là l'élément nouveau, prendra en considération la carte de pauvreté au Maroc. Mieux encore, les changements opérés s'appuient sur les mutations socioéconomiques que le Maroc a connues. Le but étant, indique le ministre, d'éviter un certain nombre de dysfonctionnements ayant longtemps dénaturé la réelle vocation du système de compensation. Ces anomalies, ajoute N. Baraka, sont liées au fait que certaines régions bénéficient de la subvention alors que la majorité de leurs habitants n'en ont pas besoin. Sans perdre de vue le non respect des normes par les commerçants, la différence au niveau des quotas accordés aux minoteries et le non respect du prix de vente fixé à 2 DH/Kg.
Le gouvernement s'attaque ici à plusieurs zones d'ombre entretenues par des lobbies particulièrement réfractaires à toute réorientation de la compensation qui risque de grignoter leur bénéfices.
Le ministre a, par ailleurs, rappelé que 11% du montant réservé à la Caisse de compensation, qui s'est élevé à 30 milliards de DH au titre du budget actuel, sera destiné à la subvention de la farine nationale.
Techniquement, le gouvernement oeuvre à la distribution de ces quotas à travers les préfectures et provinces selon les décisions d'un comité ministériel ad hoc. Il a souligné que ce comité se charge notamment d'arrêter les quantités destinées aux commerçants et celles réservées aux boulangeries selon plusieurs critères. Il s'agit de la quantité globale de la farine subventionnée définie par le gouvernement, les spécificités régionales, le mode de vie, les caractéristiques de production du blé dans chaque région, ainsi que le pouvoir d'achat des consommateurs. Une approche, somme toute, pluridimensionnelle qui aura le mérite de viser les couches sociales nécessiteuses.
S'agissant enfin du comité technique proprement dit, N. Baraka a précisé qu'il s'occupe de la distribution des quotas de production au profit des propriétaires des minoteries, en prenant en considération plusieurs critères dont la part des quotas accordée aux provinces et préfectures et la garantie d'un équilibre proportionnel entre les différents centres de production en matière de distribution, de production de la farine nationale de blé tendre et de la farine spéciale destinée aux provinces du sud, outre la réduction du coût de transport.
Dans le cadre de la liberté d'initiative, le ministre a souligné qu'il a été permis aux propriétaires des minoteries de choisir les commerçants avec lesquels ils peuvent traiter, à condition qu'ils répondent à certaines conditions réglementaires. Le début du recadrage annoncé est ainsi mis en marche.
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