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C'est un événement que de réunir, autour de la même table, des syndicats qui n'ont pas pu le faire que ce soit avant ou durant les rounds du dialogue social. Sur ce registre, nos invités n'ont pas été sur la même longueur d'onde. Les représentants de l'UNTM, Abdelilah Hallouti, adjoint du SG, de la CDT, Khalid Houir Alami, chef du groupe qui vient de démissionner de la Chambre des conseillers et Abderrahmane Hachimi, membre du bureau central de la FDT, pensent que le gouvernement a tout fait pour que les concertations sociales se passent avec chaque syndicat à part. Une tactique, dirait-on, pour noyer les attentes globales dans les spécificités de chaque cahier revendicatif des cinq Centrales représentatives.
Faux, s'insurge Mohamed Kafi Cherrat, membre du bureau exécutif de l'UGTM, bras syndical de l'Istiqlal, qui reste convaincu que la responsabilité des syndicats est entière dans la manière dont le dialogue social s'est déroulé. Tout au long du Forum, on avait constamment le sentiment que l'UGTM, du moins à travers son représentant, préfère l'apaisement, affichant une claire propension au partenariat et syndicalisme de proposition par opposition à celui de la pure revendication. Les syndicats sont aussi divisés sur la proposition gouvernementale. A l'antipode de l'opinion extrême de l'UNTM qui qualifie le dialogue de simples séances d'écoute, la FDT et la CDT qui reconnaissent à peine l'effort gouvernemental, l'UGTM est convaincue que les 16 milliards de DH que l'Exécutif a affecté aux concertations sociales sont un engagement sans précédent.
Notons au passage que l'Union générale est le seul syndicat qui ne s'est pas encore prononcé sur sa volonté ou non d'appeler à une grève générale ou nationale. En tout cas, l'expectative restera de mise jusqu'à la conférence de presse que le syndicat compte tenir ce dimanche. En tout état de cause, les quatre syndicats restent, malgré tout, unanimes quant à l'insuffisance du «package» gouvernemental. A. Hachimi a particulièrement mis l'accent sur le problème de gouvernance et de mauvaise gestion des ressources fiscales.
Pour lui, l'Etat ne recouvre que 40% de l'IS, un manque à gagner qui peut mettre un terme à la polémique des moyens. Nos invités ont, également, mis le doigt sur les maux de la représentativité qui fluctue entre 4 et 6%, de la balkanisation qui nécessite aujourd'hui une loi sur les syndicats à l'instar des partis politiques et des collusions entre le syndical et le partisan.
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