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L'armée américaine, en première ligne dans ces combats contre des miliciens chiites, qui ont fait des centaines de tués depuis le début du mois d'avril, a indiqué qu'une baisse des violences était intervenue dès samedi soir.
"Nous avons constaté une baisse des combats la nuit dernière", a assuré l'amiral Patrick Driscoll, porte-parole militaire.
Auparavant, le commandement américain avait indiqué avoir tué quatre "criminels" dans des accrochages samedi dans Sadr City.
Dimanche, un journaliste de l'AFP dans la zone des plus violents affrontements, dans le secteur sud-est du vaste faubourg populaire, a entendu de rares rafales d'armes automatiques.
Des chars américains étaient en faction aux principaux carrefours et des drones de surveillance patrouillaient dans le ciel.
Cet apaisement intervient également alors que le commandement américain a annoncé que la construction d'un mur, qui a contribué à alimenter la violence, était presque achevée.
Le général James M. Milano, adjoint du commandant des troupes américaines à Bagdad, a indiqué à la presse que 80% des travaux de cet ouvrage sont achevés.
Le mur, haut de plus de trois mètres, traverse Sadr City d'est en ouest sur plusieurs kilomètres. Il sépare le tiers sud du quartier du reste de ce vaste faubourg, où vivent plus de deux millions d'habitants.
L'accès à ce secteur isolé se fait dorénavant par un poste de contrôle ouvert aux piétons et à des camions chargés de biens de première nécessité.
Le commandement américain a expliqué que cette barrière de béton devait prévenir les tirs de mortiers contre la "zone verte", l'enclave fortifiée du coeur de Bagdad qui abrite les institutions irakiennes et l'ambassade des Etats-Unis.
Les miliciens chiites qui tiennent le quartier ont pris les armes pour tenter d'empêcher la construction de cette séparation, considérée comme une première étape pour morceler leur fief, et mieux le contrôler.
Les combats se sont concentrés autour du chantier mais les hommes de Moqtada Sadr n'ont finalement pas pu empêcher l'élévation de cet écran de béton.
Samedi, un accord entre le gouvernement irakien et le mouvement de Moqtada Sadr a été annoncé. Il prévoit que les forces armées et les forces de sécurité irakiennes prennent le contrôle de Sadr City. Par contre, il n'envisage pas la dissolution de l'armée du Mahdi, ni son désarmement.
Le commandement américain en Irak a salué cet accord et affirmé son soutien à une "solution politique".
"Comme nous l'avons toujours indiqué, nous soutenons des solutions politiques à Sadr City, et en Irak en général", a indiqué à l'AFP un porte-parole américain, le colonel Gerald O'Hara.
L'amiral Driscoll a par la suite averti que l'armée américaine ne cesserait ses opérations dans ce quartier que si l'accord est bien respecté.
Interrogé sur le type d'action que l'armée américaine entreprendrait en cas de rupture de cet accord, il a répondu : "nous appuierons tous les efforts du gouvernement".
Auparavant, le colonel Allen Batschelet, chef d'état-major américain à Bagdad, avait indiqué que si les troupes américaines étaient "témoins d'activités illégales, d'actions par des tireurs de roquettes ou de mortiers, ou des hommes armés de lance-roquettes, ou en train de mettre en place des pièges explosifs, nous les contrerons avec des tirs de précision".
Le mouvement de Moqtada Sadr soutient que le gouvernement irakien et le commandement américain veulent l'affaiblir avant des élections cruciales en octobre, où les sadristes espèrent accentuer leur représentation politique.
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