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Grève du 13 mai : Syndicats et gouvernement partagés
Le message est passé selon les syndicats. Et avec force. Quatre centrales ont promis un coup d'éclat retentissant et selon les chiffres qu'elles ont rendus publics le jour même du débrayage, la mission est accomplie et l'objectif atteint. Et des chiffres, chacun y va de ses estimations
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Alors que l'ODT affidée au parti socialiste claironne un taux ferme de 90%, l'Union syndicale des fonctionnaires affiliée à l'UMT préfère se maintenir à une marge d'erreur de 10% situant le taux de participation entre 80 et 90%. La FDT de Abderrahman Azzouzi, se maintient, elle, à une médiane entre les deux chiffres, elle affirme dans un communiqué en date du 13 mai, que 85% des fonctionnaires tous secteurs confondus ont observé cette cessation de travail de 24 heures. L'UNTM, fait planer l'incertitude.

Point de communiqué, mais son secrétaire général adjoint, Abdelilah Hallouti, situe le taux à plus de 85%, dans une déclaration relayée par l'agence MAP. Des taux à en faire rougir, donc, bien plus d'un syndicat.
Seulement, même avec une telle ampleur de mobilisation, nos centrales n'ont pas manqué de décrier ce qu'elles qualifient d'« intenses tentatives de certaines parties progouvernementales ainsi que des pressions directes ou indirectes qui ont été observées dans certaines administrations centrales pour faire échouer la grève». Traduction : si dans nombreuses administrations des fonctionnaires, très nombreux selon les chiffres officiels, n'ont pas cru bon de répondre à ce énième appel au débrayage, c'est bien la faute aux autorités qui les en ont empêchés.
Or, la situation est tout autre. A en croire les chiffres rendus publics hier par le ministère chargé de la Modernisation des secteurs publics, les taux avancés par les quatre centrales syndicales sont largement en deçà de la réalité. Ainsi, officiellement, la grève a été observée par seulement 42% des fonctionnaires dans toutes les administrations du pays. C'est une moyenne nationale, précise-t-on auprès du département dirigé par Mohamed Abbou.

Globalement, affirme le ministre dans une déclaration à l'agence MAP, ce sont les secteurs sociaux tels que l'Enseignement, la Santé, la Justice et les Collectivités locales, qui ont été les plus touchés par ce mouvement de grève. Secteurs qui, faut-il le rappeler, sont en lien direct avec la population qui a du, elle, faire, encore une fois contre mauvaise fortune bon cœur. Les estimations du ministre ont été confirmées par les statistiques rendues publiques le lendemain de la grève. Le taux de participation oscille entre 2%, dans le secteur de l'Energie et des mines et 78% au sein du département de la Pêche maritime.

Dans les différentes administrations relevant du ministère de la Justice, le taux a été de 44,57% au niveau central et 56,33% à l'échelle régionale. Dans les collectivités locales, il a été de 51%, le département de l'Equipement a enregistré 42% des absences de ses fonctionnaires, ce chiffre a été de 49% dans différents établissements relevant du ministère de la Santé.
Au département de l'Economie et des Finances, 44% des fonctionnaires ont passé une journée ordinaire de travail dans leurs bureaux et services, au niveau central et 57% ont vaqué normalement à leurs occupations dans différentes administrations extérieures.

Au sein du ministère de l'Emploi, l'écrasante majorité des fonctionnaire ont dit non à la grève, seuls 3% du personnel du département de Jamal Rhmani ont observé cette journée de grève. Dans l'Agriculture, la participation a été des plus massive. Le ministère a du fonctionner au ralenti pendant cette journée.
Seuls 24% des fonctionnaires ont répondu présents dans l'administration centrale, 54% au niveau régional. A l'échelle nationale, la grève a été observée par une moyenne de 53% des fonctionnaires relevant du département que chapeaute Aziz Akhannouch. L'on est donc très loin des chiffres annoncés par les syndicats et l'écart étant tel que le rapport entre les estimations des centrales et les chiffres officiels va du simple au double.

Cela étant, le gouvernement se dit néanmoins ne pas comprendre les motivations et les raisons de cet appel à la grève. Acte qui survient alors que l'équipe de Abbas El Fassi se dit demeurée « attachée à la méthodologie de dialogue et fait preuve de bonne foi pour trouver des solutions à la plupart des revendications ». Pour cela un rendez-vous a été fixé pour le mois de septembre pour un quatrième round de négociations.
En attendant, les syndicats préfèrent maintenir ce climat de tension sociale. La grève du 13 mai n'étant qu'un appel à l'ordre préventif, d'autres actions de protestation suivront, prévient-on auprès de l'ensemble des centrales syndicales.
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La CDT maintient sa grève
La CDT maintient la date du 21 mai pour sa grève générale. La centrale de Noubir Amaoui a tenu hier un point de presse durant lequel il a été question d'expliquer les raisons et les motivations de cette grève, mais également celles qui ont été derrière le coup d'éclat qui était le retrait de ses députés de la deuxième Chambre. Pour l'heure, les trois formations de groupement de la gauche démocratique, le PSU le PADS d'Ahmed Benjelloun et le CNI qui évolue à l'ombre de la CDT ont manifesté leur appui et leur soutien inconditionnels à cet appel d'ordre. La CDT compte également, à en croire une déclaration à la presse d'un de ses dirigeants, sur le soutien du mouvement de Abdeslam Yassine.
LE MATIN 15-05-2008   

   
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