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 Actualités national :
 
Hommage à la militante nationaliste Malika El Fassi
C'est une commémoration discrète mais imposante en termes de mémoire que la ville de Rabat a abritée. Le Premier ministre, Abbas El Fassi, Mohamed El Yazghi, Boubeker Kadiri, Mohamed Triki, président de la Fédération des anciens résistants, d'autres personnalités, les proches et les moins proches, tous ceux qui ont connu son parcours étaient là. Ils ont célébré le premier anniversaire de sa mort, dans une piété et un hommage qui sied à la militante décédée le 12 mai 2007.
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Elle, c'est Malika El Fassi, avec d'autres femmes elle était militante de la première heure du mouvement nationaliste, figure féminine emblématique, puis, ce que la mémoire collective retient surtout, la seule femme signataire du texte du Manifeste de l'Indépendance le 11 janvier 1944… Engagée dès son jeune âge dans la lutte de libération aux côtés des militants du mouvement national, elle a pris part à toutes ses étapes historiques, participé également à l'élaboration du programme politique et du cahier des revendications qui formaient alors le corpus devant aboutir au texte du Manifeste du 11 janvier.

De ce point de vue, elle n'était pas marginalisée ou inactive. Mais plutôt intégrée comme une femme responsabilisée, écoutée et appréciée. Son éducation, libérale à une époque traversée par des courants divers mais arc-boutée sur la tradition, sa formation acquise au sein de sa famille et notamment auprès de son père, Al Mahdi Ben Mohamed Ben Tahar El Fassi, libéral mais farouche opposant au protectorat qu'il combattit de toutes ses forces, avaient fait d'elle l'une des « combattantes» de la cause nationale.

Le cadre familial aura constitué pour Malika El Fassi le premier passage vers une prise de conscience aiguë de la politique et de l'engagement. Les études ensuite étaient venues enraciner la conviction, portée par son père, que l'éducation, l'enseignement et la culture constituaient une arme efficace contre le colonialisme. Lalla Malika en prit d'autant plus acte que, elle-même, bénéficiaire d'une éducation moderne, parlant l'arabe et le français, s'engagea plus tard dans la même voie émancipatrice. Elle exprima sa première révolte dans un article envoyée en 1935 à la revue « Almaghrib » de Saïd Hajji (grand oncle de Mohamed Hajji, actuel directeur général de l'Agence du sud) où elle réclama le droit pour les jeunes filles de fréquenter l'école et de recevoir, à l'instar des garçons, l'éducation et l'enseignement auxquels elles avaient droit. Elle le signa « Al Fatate ». Le mariage en 1936 n'altéra nullement son ardeur au combat.

Bien au contraire, elle mettra à profit les innombrables réunions politiques organisées dans la maison de son père au cours desquelles, outre Mohamed El Fassi, son mari et cousin, homme de lettres qui représentera plus tard le Maroc à l'UNESCO, se regroupaient Ahmed Balafrej, Omar Benabdjelil, Mohamed Hassan El Ouazzani et autres personnalités engagées dans ce qui sera plus tard le Mouvement national. Ce fut-là un vivier politique, une sorte de destinée, car elle y vécut à l'ombre des grandes figures du nationalisme et apprit, là aussi sur le tas, la politique. Qu'elle soit devenue ensuite de facto un membre de ce mouvement, n'étonne pas. Elle était au cœur du combat patriotique.
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Femme responsable
Femme politique, journaliste, femme active, femme de foyer, elle incarna la femme complète. Intellectuelle et politique, libérale et enracinée dans la tradition ancestrale du Royaume, elle continue d'être l'exemple pour les millions de Marocaines qui, dans son sillage ou dans ses pas, mènent de nos jours le combat pour l'émancipation des femmes, leur dignité et pour la modernité du Maroc.
LE MATIN 15-05-2008   

   
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