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Maroc–Union Européenne : Début des négociations officielles pour un statut avancé
Les relations maroco-européennes connaissent une évolution positive à tous les niveaux et progressent vers un statut avancé conforme aux atouts et aux ambitions du Royaume.
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Dans ce cadre, une première réunion du groupe de travail Maroc-UE sur le statut avancé s'est tenue vendredi à Bruxelles en présence d'une importante délégation marocaine conduite par Youssef Amrani, ambassadeur, directeur général des relations bilatérales au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération.
Ce groupe de travail ad hoc, institué par le dernier Conseil d'Association tenu en juillet 2007 dans la capitale belge, qui travaillera selon le format 27+1, réfléchit sur les contours et la physionomie du nouveau lien contractuel qui se substituera à l'actuel accord d'association, dans la perspective de le soumettre au prochain Conseil d'Association Maroc-UE, prévu sous la présidence française de l'UE à l'automne 2008.

Rappelons que l'accord d'association signé le 26 février 1996 et entré en vigueur le 3 mars 2000, a déjà amorcé une étape nouvelle dans les relations maroco-communautaires. En remplaçant l'accord de coopération de 1976, il a permis d'adapter les relations entre le Maroc et l'Union européenne au nouveau contexte économique global et socioéconomique des deux parties, et en introduisant la réciprocité dans les préférences commerciales. De même qu'il a donné au concept de partenariat un sens plus pragmatique dans plusieurs domaines possibles tels la coopération en matière d'immigration, d'énergie et d'environnement, le domaine de la sécurité et de la lutte contre le terrorisme, les droits de l'Homme, le respect de la dignité humaine et les libertés fondamentales.

Il faut signaler que le Maroc est déjà un partenaire privilégié de l'Union européenne. Les avancées faites de part et d'autre depuis plusieurs années ont permis de renforcer le dialogue politique, l'intégration des économies, la coopération sectorielle et les échanges humains. Celles-ci n'auraient évidemment pas été possibles s'il n'y avait pas eu la conjonction entre, d'une part, la mise en œuvre d'un ambitieux programme de réforme et de modernisation lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, et, d'autre part, la volonté de l'Union européenne de renforcer le dialogue et la coopération avec les pays voisins et la mise en place de la politique européenne de voisinage. Grâce à ces réformes, le Maroc a été choisi, aux côtés de l'Ukraine, comme seuls pays pouvant bénéficier de la «facilité gouvernance».

Cet appui de l'UE s'est matérialisé par l'octroi au Maroc d'une enveloppe budgétaire de l'ordre de 28 millions d'euros au titre de l'année 2007. L'Union européenne a également accordé au Maroc une enveloppe de 654 millions d'euros au titre du programme Indicatif National (PIN) couvrant la période 2007-2010.

Le soutien financier européen au Maroc se fait également par le biais de la coopération transfrontalière qui est à hauteur de 188,894 millions d'euros pour la période 2007-2013 et dans le cadre des programmes thématiques, sans oublier les accords de prêts contractés avec la Banque européenne d'investissement (BEI). Aujourd'hui, il est question, pour le Maroc, d'obtenir un statut avancé qui donnera à coup sûr une nouvelle impulsion aux relations euro-maghrébines et permettra d'interpeller tous les partenaires du dialogue méditerranéen sur les créneaux de coopération à même de consolider les synergies à la fois Nord-Sud et Sud-Sud. Plus que l'association, moins que l'adhésion, le statut avancé auquel aspire le Maroc vise à dépasser le cadre de l'association en place et atteindre un niveau renforcé de partenariat, incluant les sphères politique et de sécurité, économique et financière, sociale et culturelle.

C'est pourquoi, Rabat propose à l'UE la mise en place d'une nouvelle architecture partenariale dotée d'organes communs de décision et de gestion. A cet égard et dans une déclaration faite à l'agence de presse MAP, Y. Amrani a souligné qu'une attention toute particulière devra être accordée au segment parlementaire, dans la mesure où les instances législatives des deux parties sont toujours dépourvues d'une structure appropriée. De même, a-t-il poursuivi, l'intensification du dialogue politique aboutira, sans doute, à une meilleure perception des priorités et des intérêts réciproques.

«Mon pays souhaite explorer avec l'UE toutes les possibilités qui seront ouvertes aux acteurs non-étatiques marocains», a-t-il affirmé citant les «échanges inter-universitaires, la coopération dans le cadre du Conseil économique et social européen, du Comité des régions, ou encore avec le patronat européen». Sur le plan économique, l'évolution vers le statut avancé avec l'Europe serait l'occasion d'analyser son accès au marché communautaire et de franchir un pas important dans la perspective d'une intégration approfondie de son économie dans le marché unifié européen. Dans ce sens, le Royaume propose une «feuille de route conjointe» concernant son intégration au marché intérieur de l'Union. Cette feuille de route devra fixer les étapes à franchir, définira les «clauses de sauvegarde» concernant certains produits spécifiques.
LE MATIN 17-05-2008   

   
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