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Italie : La manière forte contre l'immigration clandestine
Le nouveau ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini se prononce pour une révision de la convention de Schengen car le problème de l'Europe "n'est plus la libre circulation" des personnes mais "la sécurité", dans une interview publiée vendredi.
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Une révision est nécessaire pour vérifier l'adéquation (du traité) avec les frontières internes et externes", estime le ministre dans une interview au Messaggero alors que le nouveau gouvernement de Silvio Berlusconi met la dernière main à un train de mesures contre l'immigration clandestine qui viserait en particulier les Roumains.
L'allié de Berlusconi, le parti anti-immigrés de la Ligue du nord, dont un haut responsable, Roberto Maroni, est devenu ministre de l'Intérieur voudrait que l'Italie obtienne une suspension de l'espace Schengen.
"Une inspection continue des frontières extérieures est nécessaire ainsi que des inspections surprise de la Commission européenne. Si ensuite nous introduisons les empreintes digitales et une banque de données avec Schengen 2 en 2009, alors tout sera plus facile", estime le ministre, ex-commissaire européen à la Justice.

"Ceux qui n'appartiennent pas à l'espace Schengen devraient se laisser prendre leurs empreintes même s'ils ne sont pas Européens", a-t-il ajouté.
L'espace Schengen de libre circulation compte actuellement 24 pays (22 des 27 Etats de l'UE, plus l'Islande et la Norvège). La Bulgarie et la Roumanie, qui ont rejoint l'UE au 1er janvier 2007, se sont engagées à préparer leur adhésion pour 2011. Le ministre regrette aussi que l'Italie soit le "seul pays européen qui n'ait pas réclamé des fonds à l'UE pour l'intégration des Roms afin de permettre la mise en place de programmes de développement dans les régions d'origine" de cette communauté. Le ministre confirme enfin l'intention du gouvernement de porter à 18 mois (contre deux mois) la durée de placement maximum des étrangers en situation irrégulière dans les centres de rétention. Le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni, a appelé vendredi ses compatriotes au calme et à ne pas se laisser aller à la "colère" contre les immigrés, comme cela s'est produit à Naples, assurant en échange que l'Etat agira "avec fermeté" pour protéger ses citoyens.

"Le moment est venu d'intervenir avec fermeté pour éviter que la colère ait le dessus sur les règles de cohabitation civile et que des épisodes de violence injustifiée, comme ceux qui se sont malheureusement produits à Naples à la suite de l'horrible tentative d'enlèvement d'un bébé, puissent se répéter", a déclaré M. Maroni, cité par l'agence Ansa, au cours de la fête de la police.
"Le gouvernement a reçu un mandat clair de la part des électeurs : garantir à tous davantage de sécurité. Le chef du gouvernement (Silvio Berlusconi) a rappelé qu'il ne s'agit pas de jouer sur la peur des citoyens, mais au contraire de les libérer de cette peur", a-t-il ajouté.

"Notre intention est de gérer avec ordre et rigueur les migrations internes et externes à l'Union européenne pour garantir la cohabitation pacifique, aujourd'hui et demain, de tous les peuples en Italie", a poursuivi M. Maroni. "L'objectif du gouvernement est de renforcer la lutte contre toutes les formes de criminalité", a rappelé le ministre, membre du mouvement anti-européen et anti-immigrés de la Ligue du Nord. Onze Roumains, dont trois femmes, ayant des antécédents pénaux, ont été expulsés vendredi, a annoncé l'agence d'information aéroportuaire Telenews. Au moins deux camps de Roms ont été incendiés cette semaine dans la banlieue de Naples (sud) après une tentative d'enlèvement d'un bébé par une jeune tzigane, obligeant leurs habitants à prendre la fuite.
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La guerre est déclarée
La police italienne a annoncé jeudi les résultats d'une importante opération contre le crime liée à l'immigration clandestine, illustrant la politique de fermeté que le nouveau gouvernement de Silvio Berlusconi entend mener en matière de sécurité.
Le directeur de la police anticriminelle Francesco Gratteri a fait état de l'arrestation de 383 personnes, dont 268 étrangers, essentiellement originaires de Roumanie et des pays du Maghreb, entre le 7 et le 15 mai, lors d'une conférence de presse.
Les personnes arrêtées sont soupçonnées de trafic de drogue, exploitation de l'immigration clandestine, vols et proxénétisme, a précisé le responsable. Alors que les Tziganes notamment de Roumanie sont dans la ligne de mire du nouveau gouvernement, Francesco Gratteri a assuré que la lutte contre la criminalité "n'était pas dirigée contre une catégorie de personnes en particulier et qu'elle pouvait aussi bien viser un Italien qu'un ressortissant de l'Union européenne ou un non-Européen".

Une cinquantaine de personnes, essentiellement originaires du Nigeria et d'Albanie, ont été immédiatement expulsées après avoir été interpellées, tandis que 65 autres (majoritairement du Maghreb et du Nigeria) ont été dirigées vers des centres de rétention le temps de vérifier leur identité.
Alors que le ministère de l'Intérieur annonçait les résultats de cette opération, la police municipale de Rome procédait à des contrôles d'identité dans le plus grand camp nomade de la capitale italienne et interpellait une cinquantaine de personnes, selon l'agence Ansa. "Ces opérations sont le signe du nouveau climat d'intolérance qui s'est instauré à l'égard des étrangers. La recherche de la sécurité doit toujours être accompagnée d'un objectif d'intégration. Nous sommes préoccupés", a déclaré à l'AFP Daniela Pompei de la communauté catholique Sant'Egidio.
AFP 17-05-2008   

   
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