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Provinces du Sud :Le polisario défie les Nations unies
Le régime algérien accentue ces derniers temps une image très différente, à des années-lumière de la froideur analytique dont il a toujours fait étalage.
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En réalité, la communauté a compris que le pouvoir d'Alger a un réel besoin d'un coup d'éclat pour convaincre que son attitude d'ingérence dans les affaires de pays tiers n'est pas une façade. Sa popularité étant au creux de la vague méditerranéenne, il existe également un besoin urgent de faire le choix entre un changement de Constitution ou de président.
La réalité est poignante puisqu'elle démontre les tergiversations angoissées d'un régime en perte de repères tant logistiques que diplomatiques. Le nouvel organigramme des affaires étrangères algérien ne changera pas la donne.
Certes, les moulins de la propagande ont émis plusieurs scénarios alors qu'Alger raisonne toujours en termes d'amis ou d'ennemis, ce qui tend à incorporer l'anarchie internationale à sa stratégie et partant à ses desseins hégémoniques.

Lesquels sont déjà contredits par la future construction d'un mur électronique de 6.500 km. Demeure la question lancinante des algéropolisariens qui cherchent à défier l'Organisation des Nations unies en mettant en équation ses forces de maintien de la paix dans la région. Tifariti, localité située dans une zone tampon, est cachetée par la corporation des serpents avec laquelle comptent cohabiter les hyènes du no man's land du sud algérien.
De ce constat, les éléments du polisario seront dans l'obligation de demeurer dans leur cantonnement à ciel ouvert et où se côtoient la peur et la mort au quotidien. Pâtissant de la situation, la voix de la population démunie n'a jamais porté loin. Non seulement elle est emprisonnée mais privée de tous ses droits les plus élémentaires.

Dans ce contexte, l'on est en droit de se demander de nouveau pourquoi les sévices inqualifiables et l'ignominie subie par les séquestrés dans le tristement célèbre bagne de Tindouf et surtout la mollesse des réactions internationales à leur égard, ont ouvert les portes de l'enfer. Les mercenaires algéropolisariens seront-ils encore confortés dans leurs pratiques ?
Il serait peut-être temps que les membres du Conseil onusien se dresse comme un seul Homme pour faire face à ces pratiques inhumaines et barrer la route à toute tentative de minimiser, voire justifier les errements criminels de l'Etat qui gère ce groupuscule de tortionnaires. Pour ce faire, il faudrait attendre qu'il y ait changement au niveau du perchoir du Conseil des droits de l'Homme. L'ex-juge canadienne qui a siégé au Tribunal pénal de l'ONU avant de présider le Conseil des droits de l'Homme, Louise Arbour, n'a pas jugé bon de traiter le sujet aux récents travaux dudit Conseil. Simple omission ou amnésie gazéifiée? Pour l'heure, il est à espérer que la liberté de la population séquestrée de Tindouf soit identifiée dans le futur proche.

Celle-ci est assimilée au profil d'une personne intègre et spécialiste dans la question des droits de l'Homme qui sera choisie incessamment par le secrétaire général des instances onusiennes après consultations des Etats membres.
Les noms de successeurs à Louise Arbour circulent depuis qu'elle a renoncé à briguer un second mandat après s'être mis à dos les Etats-Unis.
Pour l'heure, l'ambassadeur du Nigeria auprès de l'Office des Nations unies à Genève, Martin Ihoeghian Uhomoibhi, a été élu, nouveau président du CDH. Le Conseil a également désigné pour un an les autres membres de son bureau.
En tout état de cause, le dossier du Sahara marocain demeure lié à l'existence de l'univers carcéral de Tindouf où se côtoient la peur et la mort au quotidien. D'ailleurs, la disparition de ce dernier est la clé de résolution du conflit factice.

Tindouf, un bagne où toutes les formes de torture sont pratiquées. Elles vont des supplices physiques au marquage des victimes au fer rouge aux initiales du polisario « F.P » en passant par l'introduction d'une variété de gaz mortels dont le tabun, le sarin et le soman, tous condamnés par les conventions internationales.
Ces substances provoquent une mort soit instantanée, soit très lente mais, dans tous les cas, les séquestrés qui ont osé élever leurs voix souffrent d'une défaillance viscérale qui s'accompagne d'une douleur si effroyable que la mort arrive comme un soulagement. Ce sont les disparus recherchés par tant de familles de différentes nationalités.

Quant à apporter son soutien à des tortionnaires, cela est politiquement incohérent pour toute nation ayant adhéré à la Charte des Nations unies dans laquelle les droits de l'Homme sont considérés comme fondamentaux. Cela apparaît clairement dans le préambule : « …à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l'Homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l'égalité des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites….». Il se trouve parfois que certains dirigeants, mal élus, épousent les idées algériennes, le temps d'un mandat, contre monnaie sonnante et trébuchante et ce, en vendant leurs âmes.

Un lobbying, un forcing diplomatique, une fois de plus au mauvais endroit, au mauvais moment. C'est conjoncturel et cela n'a rien d'inquiétant du moment que tout un chacun sait que l'Algérie, à défaut de devenir la grande Algérie, est déterminée à anéantir la vision d'avenir, celle de la création d'une région sud de la Méditerranée prospère et stable. Et ce n'est pas demain que pourra être couper la tête du serpent (Snake en anglais) pour que cesse les frétillements de sa queue.
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Droits de l'Homme
Question à deux pences. Si les Etats-Unis, la plus grande puissance du monde, chef de file international, membre créateur de la Convention contre la torture, se sont retrouvés sur le banc des accusés à Genève pour répondre devant cette instance onusienne en raison du traitement infligé aux prisonniers de la guerre contre le terrorisme, comment se fait-il que le régime algérien et son rejeton, le polisario, ne sont pas du tout inquiétés ? Et si la confrontation qui a eu lieu durant trois heures en mai 2006, au Palais des Nations a fait penser que Genève avait retrouvé enfin le rôle politique qui faisait son aura durant la guerre froide, il serait peut-être temps que le mouvement des mercenaires, le polisario, rende compte également à la communauté internationale.

Quant à l'Algérie, cette dernière doit reconnaître que détenir sur son territoire des personnes contre leur gré (des otages) constitue en soi un acte de torture. Néanmoins, il semble que le pouvoir algérien ne considère pas comme étant de la torture le «sous-marin» qui consiste à plonger un prisonnier dans une baignoire ou encore le recours à des chiens ou bien à des menottes bien serrées. Métaphore simpliste mais il faut imaginer le pire considérant que l'eau est une denrée rare, la baignoire inexistante dans ce no man's land algérien et qu'une vie de chien est enviable à celle des séquestrés de Tindouf.
LE MATIN 21-06-2008   

   
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