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A l'ombre du monument de l'esclavage --des formes humaines au corps atrophié et asservi attendent devant la porte de la liberté, de l'autre côté du passage l'un d'eux, libéré, semble se déployer, prendre son envol-- taillé grossièrement dans le bronze, la foule bigarrée, blancs et noirs, attend sous le soleil.
Une femme répand de l'eau sur les statues. Psalmodiant, elle en appelle "à mère Terre, aux esprits des anciens, au Créateur", et demande la force "que les descendants des Noirs et des Blancs puissent faire quelque chose de beau de cet héritage commun".
Les Surinamiens et les Antillais sont vêtus de draperies, de tissus aux couleurs gaies, mais à y regarder de plus près, les motifs sur leurs tenues le sont moins: mains liées, chaînes brisées. Une tunique évoque une date: le 1er juillet 1863, Keti Koti, les chaînes rompues et l'abolition de l'esclavage au sein de l'empire néerlandais.
"Est-ce une commémoration ou une fête ?", demande le maire d'Amsterdam Job Cohen dans son discours.
Pour Sandra ven Eer, originaire du Surinam, ancienne colonie néerlandaise où la Compagnie (néerlandaise) des Indes occidentales, spécialisée dans la traite, a "exporté" près de 600.000 esclaves enlevés pour la plupart au Ghana, la douleur a traversé les générations.
"Aujourd'hui encore, nous sommes défavorisés, socialement, économiquement", dit-elle, expliquant que si l'esclavage a été aboli, son peuple n'a jamais été tout à
fait l'égal de celui des anciens maîtres.
"Je me dois d'être ici, mais j'attendais plus de la cérémonie", dit-elle.
"Des excuses rendraient notre passé acceptable".
Cette année, pour la première fois depuis 145 ans, la cérémonie a un caractère national officiel puisque le Premier ministre, Jan Peter Balkenende, est présent.
Il évoque "une histoire d'humiliation, d'exploitation, d'oppression (...) une tache sur le blason de notre pays", mais préfère se tourner vers l'avenir, car à présent "nous sommes liés les uns aux autres, et nous poursuivrons ensemble". Et d'appeler les descendants des esclaves "à participer" à la société, à saisir les opportunités qu'offrent les Pays-Bas.
Mais Barbara, une "blanche" habitant Amsterdam comprend que les cœurs noirs n'y soient pas. "Je comprends qu'ils désirent des excuses. Mais plus
que des paroles, c'est une décision politique" avec de nombreuses implications envers les descendants des esclaves, explique-t-elle.
"Je voulais être présente à la cérémonie, car c'est notre histoire, et j'en fais partie", dit elle. "Mais les Néerlandais n'en sont pas assez conscients".
Le devoir de mémoire est par contre très vivant parmi les Antillais et les Surinamiens présents. Jacyntha Hasselbank, originaire du Surinam, est venue avec sa fille Jovania, cinq ans. De l'histoire de leur peuple, "ceci est le début, elle comprendra petit à petit".
Déjà la petite fille est vêtue comme les dames de sa communauté. Mais même ces habits typiques, malgré la joie et l'espoir qu'expriment leurs couleurs vives, font partie de la triste histoire du peuple qui les porte."Ils étaient imposées par les femmes blanches", explique Mme Hasselbank.
Du cou aux mollets, ils cachent le corps des femmes, du soleil, mais également... du regard du patron blanc.
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5 accusations à l'encontre de Geert
Le procureur général d'Amman a retenu mardi cinq chefs d'accusations à l'encontre du député néerlandais Geert Wilders Geert pour son film anti-islam mis en ligne en mars sur Internet et émis un ordre à comparaître à son encontre, selon une source judiciaire.
Il est notamment accusé d'"insultes du Prophète, de publications de documents et dessins qui blessent les sentiments religieux et de violations de lois sur l'Internet", a indiqué à l'AFP l'avocat Tarek Hawamdeh.
Par ailleurs, le procureur a émis à destination du député néerlandais un ordre à comparaître devant le tribunal, selon cet avocat, membre d'un groupe de plaignants.
Selon la procédure, le ministère jordanien des Affaires étrangères informera l'ambassade de Jordanie à Amsterdam de l'ordre à comparaître.
Celle-ci l'adressera à son tour au député qui a 15 jours pour se présenter devant un tribunal en Jordanie, le cas échéant un ordre d'amener sera issu via Interpol, a dit l'avocat.
Le député est passible de trois ans de prison en Jordanie.
Plus de trente médias ont constitué un groupe intitulé "Campagne pour le Prophète", dans le but d'attaquer en justice le député néerlandais.
Ce député d'extrême droite a mis en ligne en mars son film de 17 minutes intitulé "Fitna" (discorde, en arabe), dans lequel il associe des images violentes d'attaques terroristes à Madrid ou à New York à des versets coraniques.
Le gouvernement néerlandais a pris ses distances vis-à-vis du film qui, selon le Premier ministre Jan Peter Balkenende, "amalgame islam et violence" et "n'a d'autre but que d'offenser".
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