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Le Matin : A quelques semaines du coup d'envoi des J O de Pékin, quelles sont les dernières mesures prises par le Comité national olympique marocain (CNOM) pour faciliter le déplacement de nos athlètes en Chine ?
Nour-Eddine Benabdenbi : Le Comité national olympique marocain a tout mis en place pour que le séjour de nos athlètes se passe dans de bonnes de conditions. Nous avons même fait venir une responsable chinoise du comité de l'organisation pour aider les fédérations qualifiées dans toutes les démarches d'obtention des accréditations. Nous avons déjà reçu la semaine dernière les accréditations de l'ensemble de nos athlètes à l'exception de celles de l'athlétisme. Au total, nous avons reçu 32 accréditations, 21 pour les athlètes et 11 pour les encadreurs. Pour l'athlétisme, la date limite de demande des accréditations est le 15 juillet.
De combien de personnes sera constituée la délégation marocaine à Pékin ?
Elle sera composée d'environ 80 à 90 personnes dont 51 sportifs, 21 encadreurs et le reste sera composé de la délégation officielle.
Quel est l'athlète qui aura l'honneur de porter le drapeau national à la cérémonie d'ouverture de ces jeux ?
Aucun nom officiel n'a été désigné. Mais selon toute vraisemblance, cet honneur reviendra au taekwondoiste Abdelkader Zrouri qui est un athlète marocain issu de l'immigration. Mais ce n'est pas encore définitif. Il devrait donc succéder à l'athlète Nezha Bidouane.
Quelles sont les chances du Maroc ?
La tâche va être ardue mais nos athlètes ont du potentiel pour bien figurer dans ce rendez-vous sportif planétaire. Ils ne partent pas pour faire de la figuration à Pékin. Il ne faut surtout pas se dire que c'est perdu à l'avance. Avec un peu de chance, on peut avoir quatre podiums, surtout à la boxe, le taekwando et l'athlétisme, notamment au marathon.
Les Jeux olympiques sont une manifestation sportive planétaire qui se prépare quatre ans à l'avance, qu'est-ce qu'a fait le CNOM depuis la dernière édition d'Athènes en 2004 ?
Ecoutez, pour ce qui me concerne, je ne peux parler que des deux dernières années où je suis au CNOM. La chose la plus importante est la création d'un pôle de formation continue à l'institut Moulay Rachid pour cinq fédérations (le cyclisme, le judo, l'haltérophilie, le taekwondo et la lutte) afin de préparer les Jeux olympiques de 2012 à Londres. En tout cas, la balle est désormais dans le camp desdits fédérations. Nous avons aussi réussi à avoir des bourses du Comité international olympique pour cinq athlètes qualifiés au JO (boxe, judo et taekwondo). Nous avons également obtenu des bourses pour la formation des cadres et une dotation de 400.000 dollars pour le fonctionnement. Nous avons également créé une Académie olympique qui vient d'adhérer à l'Académie internationale olympique dont le siège est à Athènes en Grèce. Nous sommes le 137e pays qui adhère à cette Académie. C'est cette dernière qui a organisé, au cours du mois de juin dernier, la journée olympique à Khémisset, un événement annuel célébrant, à travers le monde, l'anniversaire de la création du Comité international olympique (CIO). En parallèle, nous allons construire un nouveau siège du CNOM à proximité du complexe Prince Moulay Abdellah à côté de la tribune officielle sur une superficie de 3 hectares. Ce siège sera doté d'une bibliothèque et d'un musée pour tenir vivante la mémoire de “l'olympisme au Maroc''. Les appels d'offres pour la construction de ce siège seront lancés avant le déplacement de la délégation marocain à Pékin. Le coût de l'investissement: 25 millions DH. Le nouveau siège sera livré au CNOM dont 18 mois. Il est à rappeler que le CIO nous a envoyé un entraîneur expert chargé de préparer la classification des entraîneurs nationaux du basket-ball.
Par quoi expliquez-vous la régression du nombre de disciplines sportives qualifiées à Pékin comparativement avec l'édition de 2004?
Il n' y a pas de régression. A Athènes, l'effectif des sportifs marocains a été gonflé par la qualification de l'équipe du football. Cette année, l'équipe olympique n'est pas parvenue à poinçonner son ticket à Pékin. Sinon, nous avons réussi à qualifier pour la première fois certaines disciplines comme le tir à l'arc et l'escrime qui ont pris la place de la lutte et de l'haltérophilie.
Pourquoi le CNOM croise les bras face à l'illégalité qui entoure certaines fédérations ?
Nous n'avons aucun pouvoir sur aucune fédération. Les statuts actuels du règlement de l'éducation physique en ont décidé ainsi. Ce règlement n'octroie pas au CNOM le droit d'aller demander des comptes aux fédérations. Tout dépend du ministère de tutelle. Nous assistons aux réunions mais juste en tant qu'observateurs. Notre rôle se limite à l'organisation des déplacements des équipes nationales, à leurs chercher des billets d'avion et leur réserver l'hôtel. Bref, un simple travail d'une agence de voyages. Il y a donc urgence à modifier les statuts. La où le bât blesse, c'est l'hétérogénéité des statuts des fédérations. Nous militons donc pour les unifier. Aujourd'hui, chaque fédération à son propre statut qu'il a concocté à sa guise et en fonction des intérêts des membres qui la constituent. La Commission juridique du CNOM présidée par M. Baraka travaille sur ce projet.
Qu'est-ce que vous pensez de l'idée de la ministre de la Jeunesse et du Sport, Nawal El Moutawakil, d'organiser des forums régionaux des sports dont les conclusions seront débattues lors du séminaire national sur le sport prévu en octobre prochain ?
L'idée en elle-même est très bonne parce qu'il faut sortir pour entendre les besoins de chaque région. Ces forums vont nous permettre de faire un réel diagnostic de notre sport. Mais je ne suis pas d'accord pour mandater un cabinet étranger pour nous faire la mise à niveau de notre sport moyennant des millions de DH, sachant que le budget du sport au Maroc est de 0,64% du PIB national contre 3% en Tunisie. Il ne faut pas être un expert pour connaître les besoins de notre sport. Pour être bref: nous avons besoin d'infrastructures aux normes internationales, de la réhabilitation de celles déjà existantes, de la construction de quatre mini-instituts Moulay Rachid dans quatre régions différentes, de donner plus de moyens aux fédérations, de la formation des cadres et de la signature des accords de partenariats avec le ministère de l'Intérieur pour les infrastructures, celui de l'Education nationale pour revoir les horaires des classes et celui de l'Habitat pour exiger la construction des terrains de sports dans les nouveaux lotissements et villes qui se construisent.
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Historique…
Fondé en 1959, le CNOM a été reconnu par le CIO la même année. Son rôle: assurer, préparer et réaliser la participation du Maroc aux Jeux olympiques et à tous autres jeux régionaux autorisés par le Comité international olympique en coopération avec les fédérations sportives nationales et les autorités publiques. Il veille également au développement et à la protection du mouvement olympique et du ‘'sport amateurs''. Il fait aussi assurer le respect des règlements et des décisions du CIO.
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