NATIONAL
  INTERNATIONAL
  SPORTS
   
  NATIONAL
  INTERNATIONAL
   
  Arts
  Musique
Théatre
Cinema
 
  MODE
  ELLES!
   
  HOROSCOPE
  METEO
  Change
  Videos
  Annuaire Web
 
 

 

 Actualités national :
 
Editorial : L'Algérie, l'UPM et le Sahara marocain
A la réunion du G8, organisée depuis hier à Toyako (Japon), le président algérien Abdelaziz Bouteflika a rencontré Nicolas Sarkozy, président de la République française, pour lui annoncer finalement sa participation au Sommet de l'Union pour la Méditerranée (UMP) prévu le dimanche 12 juillet à Paris.
           ................................................................................
Tant de faux suspens, de tergiversations orchestrées pour finalement se résoudre à cette réalité que l'Algérie ne saurait s'exclure elle-même d'un processus irréversible qui prend forme et, en dépit de toutes imperfections, pourrait remodeler un pan entier des relations internationales. Le président algérien avait, dit-on, exigé davantage d'explications sur la nature de l'UPM, voulait savoir notamment si elle ne remplaçait pas simplement le processus de Barcelone, exigeant ensuite la reconnaissance par la France de ses "crimes" lors de la période coloniale, de 1830 à 1962, à laquelle Nicolas Sarkozy s'oppose fermement toujours.

Il avait aussi posé des conditions -et c'est à ce niveau-là que nous Marocains sommes interpellés- relatives au règlement du conflit du Sahara, demandant à la France d'infléchir sa position sur la solution politique que le Conseil de sécurité des Nations unies a votée à l'unanimité par le biais de l'autonomie que le Maroc propose. D'aucuns s'interrogent sur les motivations qui guident le changement de position du président Bouteflika. La réponse à leurs interrogations n'est certes pas connue, ou pas encore. L'ONU, c'est l'ONU et l'UPM ne peut aucunement s'y substituer. Toutefois, on peut être assuré que l'attitude française n'a pas changé d'un iota, d'autant plus que le projet de l'Union pour la Méditerranée ne consiste pas en une sorte de « menu » ou de « carte de restaurant ».

Mais d'un texte fondateur, unifié et soumis aux 27 pays de l'Union européenne et aux 17 pays du pourtour méditerranéen non-européens qui seront donc présents à Paris, dimanche, la plupart représentés par leurs chefs d'Etat ou chefs de gouvernement. L'incertitude concerne la Turquie, qui n'a pas encore désigné officiellement son représentant et le président libyen qui, absent, sera pourtant représenté à l'Elysée. Le chef de l'Etat algérien, quand bien même il aurait joué la carte du suspense et habilement tiré sur la corde, manière de faire pression sur la France, a fini par se rendre à l'évidence : l'Union pour la Méditerranée se fera avec ou sans l'Algérie, son absence éventuelle aurait été simplement déplorée.

Quant à l'affaire du Sahara, la raison ne saurait céder au caprice, quel qu'il soit. La solution, adoptée et votée par les Nations unies, ne pourrait se déplacer d'une assemblée internationale qu'est l'ONU à un groupement d'Etats qu'est l'UMP, encore moins faire l'objet de marchandages. Il est tout de même paradoxal que le gouvernement algérien qui a tout et tant fait pour que l'affaire du Sahara soit réglée dans le cadre du droit international sous l'égide des Nations unies, s'efforce maintenant de brouiller les cartes, en exerçant d'inadmissibles pressions, en voulant surtout déplacer-en vain bien sûr- le problème d'un contexte à un autre.

L'Union pour la Méditerranée n'a pas vocation à traiter, encore moins à régler le problème du Sahara. Tout au plus peut-elle engager de « bons offices » pour favoriser, en marge, un rapprochement entre les deux pays, le Maroc et l'Algérie. La conditionnalité du président algérien ne peut donc avoir aucun effet sur le destin et le succès du Sommet de l'UPM.
LE MATIN 08-07-2008   

   
     Inscription