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Cet excellent travail de l'avis de tous a bénéficié de l'appui du PNUD et de la fondation Frederik Ebert et a fait l'objet d'un colloque à Rabat suivi avec intérêt par le ministre de l'Intérieur présent à cette rencontre, par les élus « qui se battent pour le dynmisme de leur région», les parlementaires, les représentants des régions, les juristes et les membres de la société civile. Ce thème important, s'il en est, traite de la démocratie locale et de la question de l'action de l'Etat à l'échelle du territoire et de l'infra-territoire et de son rapprochement avec les citoyens. Il coïncide avec la préparation de projets de loi sur la décentralisation et des textes sur la déconcentration et intervient au moment où, sur le terrain, on observe les effets négatifs d'une concentration excessive du processus de programmation et de décision des politiques publiques.
Ces questions éminemment politiques qui intègrent le statut, le positionnement et le rôle des walis et gouverneurs dans le système de gouvernance publique retiennent toute l'attention du gouvernement et du Parlement. L'objectif nodal de la réforme de l'état étant «concilier l'efficacité, la proximité et la responsabilité». A la clef également plusieurs interrogations de fond posées par le professeur Larbi Jaidi : «La nouvelle forme de déconcentration qui se met en place va-t-elle renforcer la politique de développement à l'échelle du territoire ? Quelles seront les nouvelles relations induites entre l'Etat central et les territoires ? Quel équilibre et quel rôle de l'Etat ? Quels recomposition et positionnement de l'action publique ? Quelles voies optimales pour des transferts des moyens ?».
Le débat mené avec beaucoup de dextérité par Ali Bouabid se focalisera du reste sur l'unité de l'action de l'Etat, sur le volet interministériel de l'action publique territoriale, sur la nouvelle configuration des pouvoirs, les élus étant d'accord sur des prérogatives fortes du wali sans que cela se fasse au détriment des pouvoirs des élus. La question qui devra superviser le processus, le Premier ministre qui assure la coordination interministérielle ou le ministre de l'Intérieur, suscitera plusieurs réactions. On regrettera du reste, comme le souligne Ali Bouabid, l'absence des responsables de la Primature qui auraient pu enrichir le débat. Le ministre de l'Intérieur aura, quant à lui, à apporter des éclairages intéressants dont nous publions le verbatim. L'intervention du président de l'association des régions, M. Doumou, souligne le déficit de déconcentration et l'impact négatif sur le développement local.
Pour sa part, il aura permis de mesurer « le réel douloureux », à savoir la distance entre le discours et la réalité sur le terrain, ce qui pose le problème du suivi entre les trois moments de la réforme, penser la réforme, décider la réforme et faire la réforme ». Il faudra également, ajoute le président de la région du Haouz tout en réfléchissant sur les acteurs de la réforme, se concentrer sur l'action de la réforme économique sociale et la réforme de l'Etat ». C'est en s'appuyant sur l'adage qu'un chiffre est plus parlant qu'un long discours que le président des régions évoque un état des lieux : « Dans les moyens alloués par l'Etat, c'est-à-dire par les différents ministères, seuls 8% sont gérés de manière décentralisée par les collectivités locales, tout le reste, à savoir 92%, est concentré dans les mains de l'Etat ». Un autre chiffre tout aussi significatif, les collectivités locales ne dépassent pas 50% de dépenses de leur budget sur une année fiscale en raison des procédures exigées.
C'est dire que les présidents de régions ne gèrent qu'epsilon et que tout bilan doit être fait en demi-teinte. Le déficit croissant, ajoute M. Doumou, dans la capacité institutionnelle de l'Etat à assurer une bonne gouvernance face à la demande sociale de participation pose un réel problème d'inadéquation, de désengagement, d'anomalies, de manque de synchronisation, voire d'incohérence de l'Etat comme par exemple dans les politiques de l'eau au niveau des territoires ou des politiques d'équipement, de la santé de l'éducation…
Les charges sont fortes, les propositions, notamment celles relatives au transfert vertical des prérogatives et des moyens pour une réelle déconcentration, à l'unicité de la politique publique territoriale et au statut du wali en tant que chargé de la sécurité mais aussi sous-ordonnateur des politiques sectorielles, à la légitimité de l'action des instances régionales, sont précises et méritent d'être prises en considération car elles sont le résultat d'une expérience du terrain.
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