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Les otages, dont Ingrid Betancourt détenue depuis plus de six ans par les rebelles et les Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, ont été libérés au cours d'une opération héliportée de l'armée, a annoncé le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos au cours d'une conférence de presse.
Onze militaires colombiens, principalement des officiers, ont également pu retrouver la liberté dans cette opération menée dans la province du Guaviare, dans le sud-est de la Colombie, selon le ministre.
"Jamais nous n'avons improvisé", a déclaré mercredi soir dans un discours à la nation le président colombien Alvaro Uribe qui a salué "le travail magnifique des militaires".
"Je remercie le président Uribe d'avoir pris ce risque, je sais que cela a dû être un moment très difficile parce que l'opération était très risquée mais elle s'est déroulée de manière impeccable", a affirmé, quelques heures après avoir recouvré la liberté, Ingrid Betancourt.
Souriante et vêtue d'un treillis militaire, ses longs cheveux noués sur la nuque, Ingrid Betancourt est descendue la première de l'avion qui l'amenait à Bogota et s'est jetée dans les bras de sa mère, Yolanda Pulecio, puis dans ceux de son mari, Juan Carlos Lecompte.
Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, qui était présent sur le tarmac de l'aéroport, a souligné que cette "opération était digne d'un film".
Puis le commandant des forces militaires Fredy Padilla a dans un discours public rendu hommage à l'armée, précisant qu'au cours de cette opération de libération "il n'y a pas eu un seul tir, pas un seul blessé".
"Les otages ont été libérés lors d'une opération de l'armée au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), celui qui a surveillé pendant les dernières années un important groupe d'otages", a expliqué M. Santos.
Comme les otages séquestrés étaient divisés en trois groupes, l'armée, invoquant, grâce à ses agents infiltrés parmi les geôliers guérilleros, un faux ordre d'Alfonso Cano, le nouveau chef des Farc, a obtenu que les otages soient regroupés "soi-disant toujours sur ordre de Cano" par leurs gardiens dans un lieu du sud du pays, selon le ministre.
"Puis un hélicoptère qui, en réalité, appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement", a précisé M. Santos.
"César", le chef des geôliers rebelles, et un autre guérillero qui se trouvaient dans l'hélicoptère, ont été immédiatement "neutralisés", a poursuivi M. Santos.
Le ministre a également révélé mercredi soir qu'un "plan B" de rechange qui consistait à encercler les Farc sans les combattre et à faire venir des organisations humanitaires pour négocier les libérations, était prévu en cas d'échec.
Le président français Nicolas Sarkozy qui venait "de s'entretenir longuement" avec son homologue colombien Alvaro Uribe, l'a remercié pour cette "opération militaire couronnée de succès", M. Sarkozy a appelé la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) à cesser "ce combat absurde et moyenâgeux".
Il a également réaffirmé mercredi soir que la France était prête à accueillir les membres des Farc acceptant de renoncer à la lutte armée.
Parmi les premières réactions des familles, Lorenzo Delloye, le fils d'Ingrid Betancourt, s'est exclamé en apprenant à Paris la nouvelle: "C'est une immense joie, une joie indescriptible. Je n'arrive pas à y croire".
Ingrid, 46 ans, ex-candidate écologiste à la présidence de la Colombie, est "parfaite et lucide", a de son côté déclaré rayonnant son mari actuel Juan Carlos Lecompte. La "libération d'Ingrid répond à un sentiment tellement fort que les mots n'arrivent pas à le décrire", a-t-il ajouté.
"Elle est simplement un peu maigre", a ajouté en souriant M. Lecompte qui a toutefois reconnu avoir été surpris par l'excellent état de santé apparent de son épouse.
Depuis Washington, le président George W. Bush a appelé son homologue colombien pour le féliciter et le remercier après la libération des 15 otages, dont les trois Américains, a annoncé la Maison Blanche.
Les trois otages américains, des sous-traitants recrutés par la département de la Défense, se trouvaient en mission de lutte contre la drogue à bord d'un avion du Commandement sud des Etats-Unis, qui avait dû se poser à la suite d'une défaillance mécanique dans une zone contrôlée par les Farc, le 13 février 2003, où ils avaient été capturés par les rebelles.
Un avion ramenant aux Etats-Unis les trois Américains a atterri dans la nuit de mercredi à jeudi à San Antonio, au Texas (sud). Les ex-otages devaient ensuite être acheminés par hélicoptère vers un centre médical de l'armée.
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Auprès de sa famille
Après avoir passé sa première nuit de liberté chez sa mère à Bogota en compagnie de son mari, l'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt s'est jetée dans les bras de ses enfants Mélanie et Lorenzo à leur arrivée jeudi en avion à Bogota. Les deux enfants ont serré longtemps dans leurs bras leur mère, qui était montée, très émue, dans l'avion arrivé quelques minutes plus tôt de Paris sur l'aéroport militaire de Catam à Bogota. "Les retrouvailles ont été une orgie de baisers", a déclaré Ingrid Betancourt, qui est descendue de l'avion en tenant ses deux enfants par les épaules.
Dans l'avion, Mélanie, 22 ans, avait laissé éclater son émotion et fondu en larmes quelques minutes avant l'arrivée. "Cela fait six ans et demi que j'attends ce moment et je vais lui dire que je l'aime", a murmuré Lorenzo, 19 ans. Les enfants se tenaient par la main au moment où l'avion descendait vers Bogota en cherchant du regard leur maman par le hublot, a constaté une journaliste de l'AFP à bord de l'appareil.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui se trouvait dans l'avion en compagnie de la famille, a été accueilli par son homologue colombien Fernando Ajauro.
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