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Le nom de cet acteur américain francophile de 53 ans renvoie au cinéma depuis que son incarnation de Valmont dans "Les liaisons dangereuses" de Stephen Frears l'a révélé au grand public, en 1988.
Pourtant, le théâtre tient une grande place dans la vie de John Malkovich, qui a créé sa propre troupe dès ses études à l'université de l'Illinois avant de participer (comme acteur, metteur en scène ou décorateur) à des dizaines de productions du Steppenwolf Theater de Chicago entre 1976 et 1982.
Happé par le Septième art, il n'a pas pour autant oublié les planches: en 2002, à la fin d'un séjour de neuf ans sur le sol français, John Malkovich signait sa première mise en scène à Paris avec "Hysteria" de Terry Johnson, farce organisant la rencontre entre Freud et Salvador Dali, au Théâtre Marigny.
Cinq ans plus tard, le propos est tout autre sous la plume d'un scénariste en vue à Hollywood, Zach Helm, 32 ans, auteur de deux pièces de théâtre dont "Good Canary".
Ce texte raconte la souffrance et la solitude d'Annie, la femme droguée de Jacques, lequel vient de signer un roman à succès. La déchéance de la jeune femme, incontrôlable quand elle est sous l'effet de ses petites pilules, hypothèque l'avenir de son époux. Celui-ci fait tout pour qu'elle décroche, mais elle s'y refuse, craignant de perdre l'inspiration, car c'est elle, et non lui, qui écrit.
Prisonnière, tel le canari dans sa cage, de ses démons et d'une immense imposture, elle se suicide par absorption de produits nettoyants, mais laisse à son aimé des manuscrits insoupçonnés.
Est-ce la faute de l'auteur ou de ses adaptateurs en français (Lulu et Michael Sadler) ? Cette histoire d'écrivain maudit ne trouve pas ici de mots assez forts pour prendre consistance, et ce n'est pas le découpage haché en de multiples scènes délimitées par des "noirs" cinématographiques qui permet de vivifier et fluidifier le récit.
Le recours à la vidéo pour figurer, sans autre forme de décors, New York en extérieur et intérieur est plutôt astucieux. John Malkovich sauve d'ailleurs la mise par l'image avec cette scène singulière, presque poignante, où les deux amants se retrouvent et restent muets, tandis que leurs dialogues s'impriment derrière eux. Le metteur en scène convainc moins en composant un numéro d'éditeurs aux gestes chorégraphiés et très bouffe, qui tombe un peu à plat dans une humeur générale plutôt grave, surtout en fin de pièce.
Les comédiens ont fort à faire pour humaniser une scénographie aussi abstraite, et n'y parviennent qu'à moitié. Cristiana Reali s'investit totalement dans son rôle de "junkie" sous amphétamines, au risque parfois de le surjouer, face à un Vincent Elbaz volontairement en retrait, et visiblement pas toujours très à l'aise.
Le spectateur pourra enfin assister aux débuts au théâtre d'Ariel Wizman, dandy cathodique qui réussit plutôt bien son dealer désinvolte.
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