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Par : Abdallah Darkaoui



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Depuis quelques années, le portail Maghrebarts, en la personne de Adil Semmar, prend l'initiative d'organiser une table ronde pour livrer le bilan cinématographique de l'année écoulée.
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Celle de cette année s'est déroulée en partenariat avec l'Institut Spécialisé du Cinéma et de l'Audiovisuel de Rabat (ISCA) et le portail www.mashahid.net.

Ainsi, une lecture du bilan de l'année cinématographique 2007 fut dévoilée à travers un déchiffrage des données recueillies du CCM, concernant la production nationale, le nombre de films tournés ou distribués au Maroc, le fonds d'aide à la production, les chiffres de fréquentation des salles encore opérationnelles.Un bilan qui reste mitigé, vu les statistiques dévoilées par le Box Office du film marocain qui ne sont pas crédibles aux yeux de certains cinéastes et spécialistes du secteur. Des critiques et des professionnels ont participé à ce débat qui a permis de faire ressortir l'état des lieux de l'audiovisuel marocain à travers son évolution et son impact national.

«D'après des enquêtes sur le terrain, nous avons pu constater l'intérêt du public pour le film marocain. Celui-ci estime trouver dans certaines productions marocaines, les problèmes de la vie quotidienne qui le préoccupent. D'autres cinéphiles sont à la recherche d'une diversité culturelle, dans le but de connaître les nouvelles aspirations et les créations de la jeune génération des cinéastes», affirme Jamal Khenoussi, journaliste au quotidien «Assabah», dans son intervention. Il a également évoqué le fléau du piratage «ce grand ennemi du 7e art qu'il faut combattre avec force, et ne pas oublier le projet de construction de salles obscures qui devra rester à l'ordre du jour jusqu'à sa concrétisation», ajoute-t-il.

Le critique de cinéma Omar Belkhemmar fut assez optimiste en nous révélant que «grâce à ce bilan cinématographique, nous pourrons constater qu'il y a une évolution du point de vue production nationale, sachant que le budget a été gonflé cette année et la Commission de fonds de soutien travaillera sur trois étapes au lieu de deux. Malheureusement, en face de cela, les salles continuent à fermer leurs portes, car elles n'enregistrent que très peu d'entrées. Mais, nous devons noter, également, une floraison des festivals qui permettent à nos films nationaux d'être assez visibles par le grand public. Donc, c'est une bonne compensation qu'il ne faut pas négliger surtout au niveau des petites villes». M.Bakrim, représentant le CCM n'a pas mâché ses mots en révélant que les chiffres du Box office marocain prouvent la stratégie de transparence menée par son organisme ainsi que les efforts considérables déployés dans ce volet.

«Nous espérons atteindre des chiffres hebdomadaires dans l'avenir, sachant que ces chiffres révélés ne représentent qu'une partie de l'année 2007. Je crois que pour la première fois, la tendance de baisse connaîtra un changement à la fin 2007. Je peux même parler de quelque 700.000 spectateurs pour les films marocains. Je suis très optimiste concernant le retour du public dans les salles.

Quant au piratage, il se trouve que ce n'est pas le seul mal, car il y a d'autres phénomènes qui affectent notre cinéma au Maroc», assure M.Bakrim.
Un autre son de cloche vient s'ajouter aux précédents avec l'intervention du réalisateur Hamid Bennani reléguant cette déficience à une baisse structurelle qui dure depuis des décennies se cristallisant dans l'état défectueux des salles (non équipées et non rénovées), à la formation de cadres, de techniciens et de tous les professionnels des métiers du cinéma.

«La quantité que nous avons évaluée est positive pour notre cinéma, mais il faut aussi la qualité», a-t-il dit, tout en rappelant que le cinéma est un problème politique qui repose, essentiellement, sur les responsables et détenteurs de pouvoirs. Dans son intervention, Hamid Bennani a fait, aussi, allusion au phénomène de la tendance conservatrice qui a suscité une polémique à travers la presse nationale au moment des derniers festivals cinématographiques marocains. « Je crois que c'est un faux problème. La vérité, c'est que le public ne trouve pas dans le cinéma national ce qu'il cherche». Par ailleurs, Moulay Driss Jaidi est allé droit au but en accusant le CCM de manipuler les statistiques révélées à l'opinion publique. «Je trouve étonnant de voir des chiffres maintenus depuis des années, alors que les salles ferment de plus en plus.

Cette situation moribonde a donné lieu à une visibilité, assez timide, des films dans les festivals, mais pas dans les salles. Et pour cause, aucune initiative n'est prise pour remédier à cela.

L'Etat croise les bras, le CCM ne fait rien. Beaucoup de projets ont été avancés, mais aucun n'a vu le jour, sans parler du conflit entre les responsables. Ce secteur ne pourra jamais fonctionner de cette manière », ajoute M. Jaidi.
Le cinéma marocain reste, de ce fait, départagé entre l'équation quantité-qualité, le conflit des responsables, le piratage, le bilan catastrophique du box office. Le cinéma est une chaîne, si un seul maillon qui manque, tous les autres en pâtissent. Le maillon primordial est sans conteste la créativité.
 Le matin.ma 20-02-2008   

   
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