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Festival : Le cinéma d'auteur célébré à Rabat
Pendant ces dix derniers jours du mois de juin, le public r'bati est convié à découvrir des productions cinématographiques bien particulières. Des films que beaucoup de gens n'ont pas eu l'occasion de voir sont ainsi projetés durant la 14ème édition du Festival international du cinéma d'auteur.
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Cette manifestation devenue une tradition annuelle pour les passionnés du cinéma vient compléter tous les autres événements programmés tout au long de l'année.

Son caractère promotionnel a pour objectif de créer un cadre de rencontre, de dialogue et d'échanges, de favoriser le développement de la production cinématographique nationale et internationale, puis de contribuer à la diffusion de films de qualité réalisés par de jeunes professionnels marocains et étrangers.
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée, le samedi 21 juin au Théâtre national Mohammed V, en présence de personnalités du monde artistique et culturel et en particulier celui du 7ème Art. Elle a été marquée par la présentation des 11 membres du jury, ainsi que les hommages rendus à Badia Rayan (Maroc), Nadia El Joundi (Egypte) et Nabil El Maleh (Syrie). Cette ouverture a été ponctuée par la projection du film « La Graine et le Mulet ». Avec un budget de huit millions de dirhams, son menu s'enrichit de plusieurs activités visant les professionnels du 7ème Art, les cinéphiles et le grand public.

Donc, hormis la compétition officielle et ses 12 films en lice pour l'obtention du Grand Prix Hassan II, le festival instaure une section qui privilégie le cinéma d'aujourd'hui, original et personnel, mettant en exergue des ?uvres inventives et audacieuses, aussi bien dans la forme que dans le fond. « Cette année, le Maroc ne figure pas dans la compétition officielle, car tout film ayant déjà participé dans un autre festival ailleurs est automatiquement annulé », précise le directeur artistique du festival.

Un autre volet arrêté par les organisateurs est celui du cinéma du monde qui donne à voir un autre cinéma, différent de celui des salles et du petit écran.
Le documentaire est aussi présent avec plusieurs titres qui dévoilent la réalité de différents univers de la planète dans une volonté d'authenticité qui livre autant de rites et de coutumes qui sont le miroir de toute société. « La réalité est mieux perçue que la fiction parce qu'elle est basée sur du concret », souligne le directeur artistique et critique d'art, Hammadi Guiroum, lors de la conférence de presse du festival.

Pour le jeune public, le choix s'est basé sur des films de sensibilisation aux multiples problèmes et contraintes de la société, dans le but de leur faire découvrir des réalités de leur quotidien dans le moule magique du 7ème Art. Deux moments forts de cette 14ème édition sont les panoramas de cinéma marocain et indien qui permettent aux professionnels invités d'être informés sur le degré de développement de la production de ces deux pays. Comme chaque année, des hommages, des rétrospectives, des séances pédagogiques, des ateliers, des leçons de cinéma, font partie de cette manifestation cinéphile de Rabat dans l'objectif d'enrichir le patrimoine cinématographique et le rendre accessible à toutes les couches sociales.

Un colloque sous le thème « L'éducation à l'image » en compagnie de professionnels du cinéma est aussi prévu. Il sera suivi d'une autre rencontre entre exploitants européens et cinéastes du Sud pour améliorer la diffusion des films du Sud en Europe.
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«Ce Festival donne de l'importance à un cinéma exigeant»

INTERVIEW • Hammad guiroum
Le directeur artistique nous parle de cette quatorzième édition

Quelles sont les spécificités de cette 14e édition du FICA ?

L'édition est toujours dans la lignée du Festival international du cinéma d'auteur qui donne de l'importance à un cinéma exigeant, résistant contre l'hégémonie du cinéma de consommation courante (CCC) et permet au public marocain de voir des films qui n'ont pas la possibilité d'être visionnés soit à travers la piraterie, soit à travers les salles commerciale devenues rares de notre temps. Pour le programme, nous avons travaillé sur ce qui est nouveau, en glanant six films à travers les sections parallèles à la compétition officielle de Cannes. Cette année, on rend hommage à un grand monsieur du cinéma, Darejan Oumirbaev du Kazakistan. Par cette action, on essaye de trouver un cinéma qui nous ressemble avec un budget moyen, mais qui travaille sur le quotidien de la société, parce que les gens ont plus besoin de voir clair, c'est-à-dire voir un cinéma de vérité.

Qu'est-ce qui a motivé le choix des sélectionnés pour les hommages ?

D'abord le choix de Badia Rayan n'est pas fortuit, car cette femme représente l'icône de l'image au Maroc et la résistance de la femme moderne à travers le film « Bamou ». Il y a aussi le célèbre cinéaste syrien, Nabil El Maleh qui a fait un cinéma de qualité, se basant sur l'importance de la liberté de l'individu. Quant au fameux réalisateur marocain Latif Lahlou, celui-ci est considéré comme le fondateur de la production cinématographique au Maroc et un leader du cinéma d'auteur.

Croyez-vous que ce festival de cinéma d'auteur peut concurrencer les autres festivals ?

On ne joue pas le jeu de la concurrence, mais plutôt celui de la complémentarité parce que tous ces festivals ont besoin les uns des autres, c'est pour cela que nous avons créé un réseau sur lequel on se base pour faire nos choix de films.
 LE MATIN 23-06-2008   

   
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