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La musique gnaouie se développe avec les battements du cœur. Ce n'est pas seulement une musique ou une culture, c'est une musique culturelle», explique le maâlem Meknassi. Alors que la musique gnaouie était présentée uniquement dans les spectacles folkloriques ou nuitées religieuses des différentes zaouites, elle s'exprime et s'épanouit aujourd'hui pendant une semaine de juin de chaque année, au festival gnaoua et musiques du monde. «La musique gnaouie est un hal. On distingue, chez chaque maâlem, une nouvelle langue, une façon différente de jouer et une touche propre à lui. Outre les instruments qui sont similaires, on découvre des valeurs et un état d'âme», raconte Alikane.
Un festival pionnier qui célèbre le patrimoine culturel gnaoui en confrontant sa musique ancestrale à celles nouvelles venues du monde entier. Le festival, véritable espace de dialogue entre les cultures d'ici et d'ailleurs, a vécu pendant plus d'une décennie en aspirant à valoriser la musique gnaouie dans toutes ses formes. «Cela fait dix années que le festival existe et qu'il fait de bonnes choses, non seulement pour la ville qui renaît et qui confirme son image de ville de culture, d'histoire et de patrimoine, mais aussi pour les maâlems gnaouis», confirme Abdeslam Alikane, maâlem d'Essaouira et directeur artistique du festival.
En effet, ce grand rendez-vous musical a eu le mérite de réconcilier progressivement les Marocains avec ce genre musical et de les inciter à découvrir ou redécouvrir les rythmes des Gnaouas. Ce carrefour gnaoui permet également aux différents maâlems de se rencontrer, le temps de faire la fête.
«Il s'agit d'un moussem de gnaouas. C'est le seul moment de l'année où l'ensemble des Gnaouas se rencontrent tous et partagent leurs musiques, leurs savoir-faire, mais aussi leurs bonheurs et leurs soucis. Ils rencontrent aussi le public et les médias nationaux», explique Hamid El Kasri. Par son authenticité et sa diversité, les échos du Woodstock marocain dépassent largement les frontières pour se faire une renommée à l'international.
Ainsi, mélomanes, musiciens, journalistes et autres amoureux du Maroc viennent écouter la musique gnaouie, voir la magnificence d'Essaouira, sentir la richesse de notre culture et vivre la magie du Maroc. Cette dimension internationale offre aux musiciens gnaouis l'occasion de se faire connaître et de promouvoir leur musique à l'étranger, mais aussi de l'enrichir par de nouveaux rythmes. «Cette fusion de musique est nouvelle pour nous. Les musiciens occidentaux ont toujours exploité notre répertoire et se sont toujours inspirés de notre musique. Maintenant, c'est à nous de s'imprégner de la leur », déclare maâlem Meknassi.
Et à El Kasri d'ajouter «Quand nous intégrons des instruments occidentaux à notre musique, ça l'enrichit davantage.» Vous devez sans doute vous demander si cette nouvelle tendance ne fera-t-elle pas perdre l'authenticité de la musique gnaouie ? Hamid El Kasri répond : « Notre authenticité ne sera jamais atteinte. Nous jouons de la fusion sur les scènes d'Essaouira, mais nous tenons nos veillées gnaouies «lilas» dans l'esprit pur de notre culture. Nous gardons les mêmes aspects de gnaouisme même si on s'ouvre sur de nouveaux horizons».
Avec son esprit original, le festival Gnoua et musiques du monde affiche chaque année la richesse du patrimoine des gnaouas du Maroc et celle des rencontres musicales, un élément qui guide des centaines de musiciens et des milliers de spectateurs.
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Une clôture en apothéose
Ils étaient 400.000 spectateurs à accueillir 550 artistes venus de 15 pays différents à la onzième édition du festival Gnaoua et musiques du monde tenu du 26 au 29 juin à Essaouira.
Une édition qui, encore une fois, a confirmé le succès et l'originalité de ce festival unique en son genre. Dans un genre musical différent, le jazz était également au coeur de la programmation musicale. Le succès des concerts 100% Gnaoua, a confirmé l'engouement du public pour les Gnaoua qui sont les têtes d'affiche du festival. Les concerts acoustiques, disséminés dans la médina, ont attiré les amateurs d'ambiances plus intimistes, lilas Gnaouies pour les puristes, et musiques du monde pour les mélomanes.
Le très attendu concert de clôture a été mené de main maître par les 11 musiciens fanfarons de l'Orchestre national de Barbès. La 11e édition a été marquée plus particulièrement par l'annonce d'un projet de réhabilitation de la Zaouia des Gnaoua (Sidna Blal) à Essaouira.
La restauration de ce haut lieu de rencontre des gnaouis sera prise en charge par l'Association du 1200e anniversaire de la Fondation de la ville de Fès. Le rendez-vous est pris pour 2009, afin que ce festival qui célèbre l'union, la diversité et la fraternité des peuples, et l'amour de la musique, poursuive encore son chemin.
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