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Ce "Nouveau Réalisme", mouvement artistique actif de la fin des années 1950 à celle des années 1960, fait l'objet de la première grande exposition historique, du 28 mars au 2 juillet, aux Galeries Nationales du Grand Palais.
Quelque 160 oeuvres y sont réunies, signées pour la plupart des treize noms réunis dans un mouvement qui sera baptisé en 1960 par le critique d'art Pierre Restany : Klein, Hains, Villéglé, Tinguely, César, Arman, Spoerri, Raysse, Dufrêne, Rotella, Niki de Saint Phalle, Deschamps et Christo.
C'est un "mouvement qui a mis en place tous les gestes de l'art contemporain", explique à l'AFP Cécile Debray, commissaire de l'exposition organisée par la RMN (Réunion des Musées nationaux) et le Centre Georges-Pompidou.
C'est "le premier mouvement qui suit l'Abstraction et qui va, dans la lignée de Dada, s'inscrire dans la provocation", ajoute-t-elle. Face à la société de consommation en plein essor, il "s'approprie les éléments réels", bidons de Christo, corps nus vivants sur la toile de Klein, métal écrasé par César, et met en place "l'action-spectacle, un art +participatif+, on dirait aujourd'hui interactif, qui se fait avec le public", dit-elle.
En 1949, Raymond Hains et Jacques Villéglé, pour la première fois, décollent des murs des affiches qu'ils lacèrent, pour les recomposer sur toiles. "Je prenais le travail de la rue, fait par des auteurs anonymes", raconte à l'AFP Jacques Villéglé pour qui "le Nouveau Réalisme, c'est l'anonymat. Avec les affiches, je racontais la vie, en refusant les slogans et le sourire commercial", dit-il.
Le Nouveau Réalisme a "exprimé une époque", ajoute la commissaire qui, dans un parcours autant chronologique que thématique, entend démontrer la "variété" de ces expressions, poétiques, sombres, politiques ou ludiques, et leur radicalité.
Yves Klein "fait un pied de nez à l'abstraction", dit-elle, avec ses monochromes, Niki de Saint-Phalle tire à la carabine sur des poches de peinture éclaboussant la toile et Arman accumule poupées sans bras, masques à gaz ou corsets roses avant d'emprisonner des poubelles dans la résine.
Daniel Spoerri rend hommage à Marcel Duchamp en exposant les reliefs d'un de ses repas - du mégot de cigare dans le cendrier au fond de café dans la tasse, le tout accroché bien verticalement au mur - Tinguely assemble gracieusement fils de fer, vieux moteurs et plumes d'oiseaux, Martial Raysse réunit des bouquets de bouteilles plastique et Raymond Hains fabrique des pochettes d'allumettes géantes.
L'exposition montre aussi comment ce mouvement fut "l'un des premiers tournés vers l'extérieur", dit Mme Debray, travaillant et exposant notamment avec les Néo-dadas américains comme Rauschenberg ou Jasper Johns, dont quelques oeuvres sont également montrées.
Plusieurs films, montrant des performances, des interviews d'époque, rappelant des expositions, accompagnent l'accrochage.
(tlj sauf le mardi de 10h00 à 20h00, le mercredi jusqu'à 22h00. 10 €, TR 8 EUR
Catalogue 352 pages, RMN/Centre Pompidou, 45 euros
DVDs : le Nouveau Réalisme, 4 DVD, 35 euros. La révolution bleue, Yves Klein, 22 euros).
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