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C'est sur la scène de clôture de la première édition du festival «Magic Drâa » que Idriss Al Jay a dénoncé, au nom du comité d'organisation, l'absence des deux chaînes de télévision marocaines, 2M et la TVM.
Celles-ci n'ont pas répondu présentes à l'invitation des organisateurs malgré leurs demandes successives. «Cela fait des mois qu'on essaye d'avoir une réponse de leur part mais rien n'a été fait.
A chaque fois, ils nous sortaient un prétexte différent. La TVM nous a même dit qu'elle n'avait pas de matériel pour filmer», nous explique Mohamed Ali El Hilali, président du festival. L'évènement de grande envergure n'a donc connu aucune couverture télévisuelle. Seuls quelques organes de presse écrite et les radios régionales de Marrakech et d'Agadir étaient présents.
Ce comportement des deux chaînes est considéré, selon Mohamed Ali El Hilali, comme étant non seulement un dédain pour le festival mais aussi pour la région de Zagora qui œuvre activement pour sortir de l'anonymat et mettre en valeur son potentiel touristique et humain.
Ce mépris ressenti a poussé les responsables à déposer plainte auprès de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle. Un des parlementaires de la région sera même amené à poser une question orale au sein du Parlement.
El Hilali nous confie que «nous avons décidé de s'adresser à la HACA après avoir vu des dossiers du même cas que le nôtre parmi ses travaux. On espère que cette institution tranchera en notre faveur».
Le festival initié par l'association du « Magic Darâa » a connu la participation de groupes internationaux dont Mellow Band d'Allemagne, Terezhina Araujo du Cap Vert et Sam Tshabalala d'Afrique du Sud et l'incontournable pionnier de la World Music, le Marocain Houssaine Kili.
Les troupes folkloriques bien de chez-nous étaient également de la fête. De l'Ahouech à Ahidous en passant par Rokba et Dakkat Assif, elles ont toutes reflété, à travers leurs tableaux de danse et leurs chants, la richesse et l'unicité du patrimoine culturel marocain.
Un tel programme a nécessité au comité de l'organisation un budget de 700.000 DH dont 60 % ont été fournis par l'association Magic Drâa et 40% par l'Office de tourisme ainsi que par la région de Souss-Massa-Daraâ. Sa programmation riche et variée associée aux efforts colossaux des organisateurs ont fait du premier Festival de musique africaine de Zagora un succès indéniable.
C'est donc désolant qu'un tel évènement ne soit pas retransmis sur les écrans et qu'on ne lui donne pas toute la place qu'il mérite. Sur ce point, Mohammed Ali El Hilali s'exprime en disant « L'absence de la TVM et 2M est pour nous comme un geste qui tue les festivals débutants au lieu de les encourager à aller de l'avant ». Il pense même que le black-out de la télévision marocaine est un lobby qui favorise un festival sur un autre.
A noter que le premier Festival de musique africaine de Zagora a fait ses preuves et promet dans les prochaines éditions d'inscrire son nom en lettres d'or dans la scène culturelle africaine en général et marocaine en particulier.
Ils ont dit :
> Abdelghani Krija, musicien marocain
Je trouve que c'est bien pour les gens d'ici qui n'ont jamais vu une scène et des musiciens se produire en live. Ça motive aussi les jeunes de s'intéresser à la musique et ça leur évite de penser à leurs problèmes de tous les jours. La musique, c'est la joie. Quand tu l'écoutes, tu es dans un autre monde et les gens en ont vraiment besoin.
> Mohamed Oujeaa, Gnaoua Khamlia, Maroc
Il doit y avoir plus d'un festival où se produisent les troupes folkloriques du Maroc, car on a vraiment besoin de mettre en valeur notre origine, notre folklore et notre patrimoine. C'est une bonne chose de présenter nos troupes et nos danses à un public plus large.
> Ahmed Hidaou, Ahouech El Kalâa, Maroc
Je pense que le Festival de musique africaine est une bonne chose pour la culture populaire marocaine dans la mesure où il donne la parole à des artistes locaux et prévoit une place importante dans son programme aux troupes folkloriques marocaines. Ça nous permettra sans doute d'avancer et de nous faire connaître.
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