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Gaël Morel, 34 ans, accomplit avec ce film présenté lundi à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes l'un des rêves de sa jeune carrière de cinéaste: faire tourner Deneuve, icône du cinéma français et icône personnelle du réalisateur depuis de nombreuses années.
"Je n'ai pas écrit ce rôle pour elle, j'ai d'abord pensé à la logique du personnage, à sa puissance propre, en partant du principe très prétentieux que l'actrice que je désirais le plus serait d'accord pour le jouer", a confié le cinéaste à l'AFP.
Echaudé par un premier refus de l'actrice il y a dix ans, Morel a lutté un moment "contre l'évidence de lui proposer le rôle". Le désir a pris le dessus et Deneuve est entrée dans la peau de Camille, mère brisée par l'accident de son fils dans la voiture conduite par Franck, son meilleur ami.
Sous le regard réprobateur de son entourage, elle s'attache à l'adolescent survivant, s'immisce dans sa vie, sa famille, ses études "pour fuir le deuil, retrouver un fils, le maintenir vivant, trouver un ami, quelqu'un qui la relie à cette jeunesse qui est maintenant loin d'elle", décrit Gaël Morel.
"C'est un film dramatique mais très vivant en même temps, où la jeunesse est présente en permanence. On n'en ressort pas violenté, pas désespéré car à aucun moment Camille n'est figée dans sa douleur qui monte, s'appaise, revient. Je filme une combattante".
Dans le rôle de cette combattante, Deneuve signe une participation très juste et émouvante. "Dans le travail, elle est étourdissante. Quand on commence une scène avec elle, on ne sait pas si on va au miracle ou la catastrophe. Elle a le don de faire croire qu'elle invente les choses au fur et à mesure qu'elles arrivent. Elle a une technique immense, y compris celle de faire oublier cette technique", commente Gaël Morel, conquis.
"Elle m'a constamment surpris au point qu'après avoir tourné 38 jours du matin au soir avec elle, je n'ai pas réussi à assouvir ma soif de la filmer et de la désirer"
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