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DEUXIÈME alliance majeure conclue par Carlo Bozzoti, le président de STMicroelectronics, le numéro un européen des composants électroniques. La firme franco-italienne a, hier, dévoilé un accord de cinq ans, qui débutera le 1er janvier 2008, avec IBM, pour les « puces » du futur, dont la gravure du trait sera inférieure à 32 nanomètres (1 nanomètre égale un milliardième de mètre). Le montant investi est tenu secret. Toutefois, STMicroelectronics précise que 50 de ses salariés iront travailler dans deux centres américains d'IBM. En retour, « Big Blue » dépêchera 20 personnes à Crolles 2, près de Grenoble (Isère), le centre de recherches européen dans la microélectronique, soutenu par l'État et les collectivités locales. Un avenir est entrevu pour ce site, après la fin de la précédente alliance avec NXP, l'ancienne division de Philips dans les « puces », et Freescale, l'ex-filiale de Motorola. NXP a décidé de se retirer, à la fin 2007, de cette coopération, préférant s'allier au taïwanais TSMC. « Il est préférable de s'allier à IBM plutôt qu'à TSMC qui est un énorme industriel, l'État français a pesé dans ce sens », indique un élu de la CGT. Le site de Crolles 2 compte encore 1 500 salariés de STMicroelectronics et une trentaine de chercheurs du Leti (CEA). Environ 200 salariés de NXP, sur 240 au total, partent au gré de négociations individuelles. Et un plan de sauvegarde de l'emploi chez Freescale, qui compte 180 personnes à Crolles 2, a été signé mardi soir par la direction et les syndicats. Déjà 70 Américains sont repartis.
Prévisions réduites
Cet accord s'ajoute à celui noué avec Intel, le numéro un mondial des microprocesseurs. Les deux groupes vont créer une coentreprise dans les mémoires flash, baptisée Numonyx. « La perte de STMicroelectronics du deuxième trimestre est liée à la déconsolidation de cette activité, qui représente un chiffre d'affaires de 1,6 milliard de dollars et 4 000 de nos salariés. Elle induit une dépréciation d'actifs supérieure à 850 millions de dollars », précise Alain Dutheil, directeur général adjoint du groupe. STMicroelectronics a accusé une perte nette de 758 millions de dollars, mais il a accru son bénéfice d'exploitation de 81 %, hors exceptionnels, malgré le repli de 3,1 % du chiffre d'affaires à 2,4 milliards. Cependant, les investisseurs sont inquiets car STMicroelectronics a réduit ses prévisions pour le marché mondial des « puces », au-dessous de 2 % de croissance en 2007.
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