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 Economie national :
 
Le déficit commercial se creuse de plus en plus
Tassement des exportations et vigueur des importations
Le rythme d'évolution de la demande étrangère adressée au Maroc continue de décélérer, subissant les effets d'un environnement international relativement moins porteur. La vigueur plus importante des importations par rapport aux exportations, au cours des six premiers mois de 2007, s'est traduite par un creusement du déficit commercial beaucoup plus prononcé.
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Favorisées en effet par une demande intérieure dynamique tant des entreprises que des ménages, les importations ont conservé leur élan tout au long du premier semestre de cette année. Dans cette lignée du tassement relatif de la demande mondiale adressée au Maroc, les exportations marocaines ont affiché un profil globalement bas, après le bond réalisé un an auparavant.

Selon l'Office des changes, les échanges commerciaux du Maroc avec l'extérieur ont dégagé, au terme du premier semestre 2007, un déficit de l'ordre de 57,48 MMDH (milliards de dirhams) contre 47 MMDH une année auparavant, soit une aggravation de 22%.

Ce déficit s'explique par l'accroissement de 12,6% des importations (116,9 MMDH au lieu de 103,8 MMDH), au moment où les exportations n'ont progressé que de 4,8% pour atteindre quelque 59,4 MMDH, note l'Office qui vient de publier les indicateurs mensuels des échanges extérieurs du Maroc pour la période janvier-juin 2007. L'évolution timide des ventes extérieures résulte de la conjonction de mouvements divergents des principaux produits exportés. La hausse des exportations est intervenue sous l'effet de la progression de 19,8% des expéditions de phosphates et dérivés (9,6 MMDH contre 8 MMDH). Les ventes hors phosphates et dérivés se sont améliorées de 2,3% à 49,8 MMDH.

Les principaux produits dont les exportations ont affiché des hausses durant le premier semestre 2007, sont les engrais naturels et chimiques (+56,9%), les tomates fraîches (44,7%), les crustacés, mollusques et coquillages (+11%), les articles de bonneterie (+6,7%), les phosphates (+10,1%), les chaussures (+18,1%) et l'acide phosphorique (+4%).

Des baisses ont été enregistrées, cependant, au niveau des ventes des agrumes (-19,2%) et des composants électroniques (-6%). Concernant les importations, leur hausse, intervenue malgré le recul de la facture pétrolière (-7,9%), est imputable aux acquisitions hors pétrole qui ont progressé de 15,4% pour atteindre quelque 105,6 MMDH à fin juin dernier.

Les demi-produits et les produits finis de consommation ont vu leurs importations augmenter respectivement de 16,6% à 28 MMDH et de 12,6% à 23,2 MMDH. La même tendance haussière a été enregistrée au niveau des biens d'équipement (10% à 26,2 MMDH) qui reflètent l'effort d'investissement, et des produits alimentaires (40,3% à 10,8 MMDH), sous l'effet de la progression des achats du blé (+685,4 MDH), du maïs (+633,5 MDH), de l'orge (+409 MDH) et du lait (+162,3 MDH).

La facture alimentaire qui s'est ainsi alourdie est le résultat du renchérissement des cours du blé et de l'orge sur le marché mondial d'une part et, dans une moindre mesure, des quantités importées d'autre part. Le volume importé de ces denrées reste, en effet, chaque année, tributaire des résultats de la campagne agricole. Parallèlement, les acquisitions de sucre qui se sont inscrites en hausse, ont été encouragées par la détente relative des cours mondiaux faisant suite à un excédent de la production mondiale.

Au terme du premier semestre 2007, les transactions commerciales du Maroc en général ont atteint quelque 176,3 MMDH contre 160,5 MMDH une année auparavant, note l'Office, ajoutant que l'Europe maintient sa position de premier partenaire commercial du Maroc avec 67,7%, suivie de l'Asie (16,7%), de l'Amérique (9,6%), de l'Afrique (5,7%) et de l'Australie (0,3%). La France, premier client (28,7%) et premier fournisseur (16,1%), participe pour 20,3% dans le total des transactions commerciales du Royaume avec l'étranger. L'Espagne se place en deuxième position avec 14,2% des échanges, devant l'Italie (6,1%) et les Etats-Unis d'Amérique (4,5%).

L'amélioration des recettes touristiques et des transferts des MRE a permis d'alimenter les disponibilités en devises. Les avoirs extérieurs nets pourraient, ainsi, couvrir l'équivalent de près d'un an d'importations de marchandises. Un renversement de tendance pourrait s'opérer. La poursuite de l'appréciation de l'euro par rapport au dollar sur les marchés de change en 2007 jouerait en faveur de la compétitivité-prix des exportations à destination de la zone euro, d'une part, et allégerait les importations de produits bruts, d'autre
part.
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Tendance précaire
La demande étrangère adressée au Maroc progresserait graduellement courant 2007, mais à un rythme inférieur à celui enregistré
en 2006.

Elle rejoindrait, toutefois, à la fin de 2007, des taux de croissance légèrement supérieurs à sa moyenne de longue période, stimulée par le dynamisme de l'activité dans la zone euro. Par ailleurs, les évolutions des cours du pétrole demeurent incertaines au cours des mois à venir et pourraient être soumises au contexte géopolitique et aux risques d'interruption de la production, d'une part, et à l'évolution des stocks d'essence américains, d'autre part.

De plus, si le renchérissement des cours des matières premières non énergétiques, notamment alimentaires, se poursuit, cela ne manquerait pas de se répercuter négativement sur le solde de la balance commerciale.
 Le matin.ma 08-08-2007   

   
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