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« C'EST un challenge d'aller vers les services. Mais nous avons plus de 900 millions de clients qui ont l'un de nos téléphones mobiles dans leur poche. Notre base de consommateurs est unique par sa taille », a expliqué hier Olli-Pekka Kallasvuo, le président de Nokia, numéro un des téléphones mobiles avec 37 % du marché mondial, pour justifier son offensive dans les services. Le fabricant de téléphones s'est toujours senti à l'étroit dans son rôle de simple fournisseur de terminaux à des opérateurs de télécoms qui veulent conserver le contrôle des services (Internet mobile et téléchargement de musique). Nokia rêve de copier le modèle d'Apple qui maîtrise à la fois le terminal musical (iPod), téléphonique (iPhone) ainsi que la plateforme de services (iTune Music Store). « Nokia veut construire le même système économique qu'Apple dans la musique et prendre sa part du gâteau », estime Neil Strother de la société d'études Jupiter Research.
Offrir le choix
Hier, à Londres, le groupe finlandais a donc sauté le pas. Il a lancé son site Internet mobile, baptisé Ovi « la porte » en finnois, qui doit fédérer de nombreux services, dont celui dans la musique. Ce portail sera ouvert d'ici à la fin de l'année. Avec Ovi, Nokia va fédérer différents services édité par les sites web 2.0 YouTube, Facebook, Myspace, LinkedIn ou le site d'échange de photos Flickr. Mais il proposera aussi des jeux vidéo. Enfin, Nokia intégrera dans Ovi son propre service de téléchargement de musique : Nokia Music Store, lancé officiellement hier. Sur ce site, les clients peuvent télécharger des chanson au prix de 1 euro, calqué sur celui d'iTunes Music Store, le site d'Apple. Cette plateforme était attendue depuis que le groupe scandinave a acquis l'américain Loudeye, en août 2006, pour 60 millions de dollars. Ce site fédérait alors 1,6 million de morceaux. A présent, le site de Nokia permet de choisir dans une discothèque « de plusieurs millions de titres qui utilisent le système de protection de Microsoft », précise Anssi Vanjoki, directeur des terminaux multimédia de Nokia. Pourtant, le catalogue de titres est moins étendu que celui d'Apple.
Avec cette offensive, Nokia entre en concurrence frontale avec des opérateurs de télécom, comme SFR en France, qui a lancé un service pour proposer des sites Internet à ses abonnés. Olli-Pekka Kallasvuo ne s'inquiète pas de la réaction de ces derniers car « nous voulons les aider à supporter et à proposer de nouveaux services. Depuis un an, nous discutons avec eux ». Pourtant, Orange en Grande-Bretagne aurait déjà menacé de ne pas proposer les derniers Nokia par mesure de rétorsion, selon le quotidien britannique The Independant. « Il faut offrir le choix entre plusieurs services », rétorque Pekka Rantala, directeur de Nokia en Europe.
Pour supporter cette nouvelle offre de services, le groupe finlandais a présenté hier 4 nouveaux appareils dont 2 disposent de la même capacité de stockage que l'iPhone d'Apple le plus performant (8 Go). D'ailleurs, Nokia a décidé de répliquer à la firme de Cupertino en lançant, en 2008, son propre téléphone avec un écran tactile qui ressemble à l'iPhone.
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