 |
Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, vient d'indiquer à l'AFP que Suez et Gaz de France annonceront elles-mêmes ce lundi leur décision concernant leur projet de fusion. Selon le Figaro d'aujourd'hui, les deux entreprises devraient convoquer leurs conseils d'administration respectifs dimanche soir. L'hebdomadaire "Le Point" avait avancé hier cette date pour l'officialisation de la fusion, qui semblait, selon le journal, acquise suite à un compromis. Plus prudent, le quotidien "la Tribune", qui indiquait lui aussi que le projet était "bouclé" sur le fond, précisait qu'il restait "encore quelques modalités financières à régler".
Jeudi, Nicolas Sarkozy avait été très clair à l'université d'été du Medef en proposant à Suez de fusionner ses activités énergétiques avec Gaz de France afin "de constituer un grand groupe de gaz et d'électricité à la dimension du marché européen dont l'Etat sera l'actionnaire". Un schéma qui exclut donc les activités "environnement" de Suez, que le groupe pourrait céder. En se désengageant de ce pôle, Suez aurait un poids comparable à celui de GDF, condition première à leur rapprochement. Pour l'Etat, cette cession permettrait ainsi d'obtenir une participation à hauteur de 40% dans l'ensemble, contre 34% initialement prévu.
Le problème jusqu' alors, était la position de Gérard Mestrallet, longtemps opposé à la vente de l'activité environnement. Cette dernière, particulièrement importante, représente 27% du résultat brut d'exploitation du groupe, soit 1.107 millions d'euros sur 4.100 millions.
Participation minoritaire
Mais il se pourrait qu'il ait finalement cédé à la pression de son conseil d'administration. Il aurait, selon le journal "Le Point", obtenu de conserver 34% de ce pôle. Une concession de l'Etat qui permettrait à Gérard Mestrallet de sauver la face, et à Gaz de France de ne pas se trouver trop isolé dans l'hypothèse d'un échec de la fusion.
Jeudi, le communiqué de presse de Suez laissait d'ailleurs entrouvertes toutes les possibilités, afin de se laisser les coudées franches dans la négociation. Il soulignait la "pertinence" de sa stratégie : "développement simultané et durable de ses métiers de l'énergie et de l'environnement."
Le P-DG de Suez, Gérard Mestrallet, n'avait pas fourni de réponses plus précises lors de la présentation des résultats semestriels. Interrogé sur une éventuelle cession des métiers de l'eau et de la propreté, il est resté pour le moins vague. "Cela fait partie des modalités dont je ne parlerai pas puisque je vous ai dit que nous reviendrons vers vous le jour où il y aura un accord ou il n'y aura pas d'accord. Pour l'instant, nous sommes en discussion avec les pouvoirs publics." Une position qui avait laissé entrevoir la possible vente du pôle: à la bourse, le titre avait gagné jeudi plus de 5% à la clôture. Hier, il prenait encore 1.80%.
|