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Après deux jours de visite de terrain à Juba dans le sud, puis à El Facher au Darfour (ouest du Soudan), M. Ban retrouvait son costume de diplomate pour des discussions avec un gouvernement qui n'a pas la réputation d'être un interlocuteur facile. Sa rencontre avec M. Béchir était prévue dans l'après-midi.
Il a fallu des mois d'efforts de la communauté internationale, dont M. Ban lui-même qui a fait du Darfour son dossier prioritaire, pour obtenir l'assentiment du président soudanais à l'envoi dans la province d'une force assez robuste pour protéger la population des effets de la guerre civile. Quatre ans et demi après son déclenchement, le conflit, qui a fait 200.000 morts et plus de deux millions de déplacés selon l'ONU, se poursuit avec son lot quasi-quotidien de violences. Khartoum conteste ces chiffres, parlant de seulement 9.000 morts.
M. Ban estime "sur la bonne voie" le déploiement de la Minuad, force hybride ONU-Union africaine (UA) de 26.000 hommes dont le Conseil de sécurité a décidé fin juillet le déploiement pour enfin pacifier le Darfour. A l'insistance de M. Béchir, cette force sera en grande majorité africaine. Elle remplacera la mission d'observation de l'UA, la Muas, mal équipée et financée et en sous-effectifs -5.915 hommes sur 7.000 autorisés, selon un de ses responsables- qui n'a pas eu les moyens d'apporter sa protection aux civils dans une contrée grande comme la France.
Selon Taye-Brook Zerihoun, représentant par intérim de M. Ban au Soudan, la feuille de route fixée par le Conseil de sécurité pour ce déploiement est pour l'instant respectée, avec la désignation et le début de mise en place de la structure de commandement de la Minuad, qui devrait être achevée en octobre. "Mais quant à avoir les troupes sur le terrain, il y a encore du chemin à faire", a-t-il dit à des journalistes mercredi à El Facher (nord Darfour). Les premières troupes, probablement un contingent chinois, pourraient arriver début 2008, a-t-il indiqué.
Le déploiement total de la Minuad n'est pas attendu avant le milieu de 2008.
Dans l'avion l'emmenant au Darfour, M. Ban avait indiqué à la presse que l'ONU avait reçu des offres de troupes de la part de pays contributeurs dépassant le nombre nécessaire, mais que l'offre était encore insuffisante pour les unités spécialisées (transport, logistique, moyens aériens), domaine où l'on compte plutôt sur les pays développés. Mais pour un succès de la Minuad, M. Ban veut qu'il y ait "une paix à maintenir" et agit pour cela sur le plan politique. Il ne cesse d'appeler à une vigoureuse relance des négociations de paix et son émissaire chargé de ce volet du dossier, Jan Eliasson, l'accompagne dans ce voyage.
En tandem avec son homologue de l'UA Selim Ahmed Selim, M. Eliasson s'efforce de ramener à la table des négociations les nombreux groupuscules rebelles du Darfour qui n'ont pas signé l'accord de paix d'Abuja en mai 2006. Ces groupes se sont entendus en août à Arusha (Tanzanie) pour présenter une plateforme de revendications commune, premier pas vers une reprise du dialogue. Mais un influent dirigeant rebelle, Abdulwahid Nour, a boycotté cette réunion et M. Ban l'a appelé à sortir de son isolement.
M. Ban souhaite réunir tous les protagonistes au plus tôt, si possible en octobre, peut-être à Arusha. "Nous sommes proches d'un accord sur un lieu et une date, j'espère y parvenir très bientôt", avait-il dit mercredi. Certains dirigeants rebelles ayant des liens avec des pays voisins, M. Ban a indiqué qu'il profiterait de ses visites au Tchad vendredi et en Libye samedi pour inviter les dirigeants de ces pays à encourager ces rebelles à négocier.
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