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 Economie international :
 
Pour Carrefour, la grande distribution est un bouc émissaire facile
Le groupe milite pour une réforme radicale des règles commerciales.
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SURTOUT, ne pas rater le coche. A la veille de la « réforme complète des marges arrière » promise par Nicolas Sarkozy, industriels et distributeurs tentent de faire passer leurs idées auprès du gouvernement. La grande distribution, visiblement, veut en finir avec une loi qui l'oblige à négocier toujours plus de ristournes avec ses fournisseurs pour baisser ses prix en rayon.


« Profitons de l'occasion unique qui nous est offerte pour permettre aux commerçants que nous sommes de faire enfin notre métier en négociant librement les tarifs avec nos fournisseurs, explique au Figaro Jacques Beauchet, membre du directoire de Carrefour. On aimerait pouvoir être considéré en France, comme nous le sommes dans d'autres pays, comme un secteur d'activité défenseur du pouvoir d'achat.»


Les limites d'un système


Pour favoriser de nouvelles baisses de prix, l'État veut abaisser le seuil de revente à perte qui fixe le prix minimum de vente autorisé en magasin. Pour cela, il veut en modifier le calcul en y intégrant toutes les marges arrière. Il s'agit de ces avantages consentis par les fournisseurs aux grande surfaces en contrepartie d'un service. Par exemple, la mise en valeur des produits dans les rayons.


« Le système a atteint ses limites, estime Jacques Beauchet. Nous voulons que toutes les remises et ristournes accordées par nos fournisseurs soient prises en compte dans le calcul du seuil de revente à perte. Nous demandons aussi au gouvernement de pouvoir négocier les conditions générales de vente et les tarifs avec nos fournisseurs.» Il rappelle que c'est le cas à l'étranger mais aussi avec les PME qui fabriquent les produits de la marque Carrefour. «Nous voulons en finir avec les marges arrière qui sont un élément d'opacité. Nous ne pouvons pas inventer ad vitam aeternam des champs nouveaux de coopération commerciale. »


Le gouvernement espère que la réforme débouchera sur une nouvelle baisse des prix de 3 % des produits de marques. Mais face à l'envolée des matières premières, Jacques Beauchet est prudent. « Nos fournisseurs vont commencer à nous envoyer leurs tarifs pour 2008, déclare-t-il. En 2007, ils étaient déjà globalement en hausse de 6 %. La grande distribution est un bouc émissaire facile. La marge nette des distributeurs est de l'ordre de 2% à 3%. Ainsi sur un Caddie de 50 euros, il y a un euro seulement pour le distributeur !»
 Le figaro.fr 07-09-2007   

   
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