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IL N'Y A pas que les vacanciers que l'été maussade a refroidis. RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (en charge des lignes haute et très haute tension), n'a pas sombré dans la torpeur estivale. À cela une bonne raison : l'augmentation soudaine des précipitations a favorisé la repousse de la végétation.
Or, plus les arbres (taillis, bosquets...) se rapprochent des infrastructures, plus les risques de court-circuit avec le sol augmentent, contact direct ou pas. Sachant que plus l'exploitation des lignes augmente, plus elles s'échauffent, comme pour tout conducteur électrique.
Pour RTE, la problématique est d'autant plus réelle que sur les 80 000 kilomètres de réseau, près de 30 % traversent des zones boisées. Les souvenirs douloureux ne manquent pas. Les tempêtes de 1999 ont montré ainsi que de nombreuses lignes avaient été victimes de branches d'arbre. Même cas de figure à l'été 2003, quand la « rupture » d'une ligne de 400 000 volts en Suisse a provoqué dans la foulée un gigantesque black-out en Italie. C'est d'ailleurs en 2003 que RTE, filiale à 100 % d'EDF mais qui dispose d'une véritable autonomie, a véritablement donné le coup d'envoi à sa politique d'élagage. Autant dire que, dans ce domaine, RTE n'a pas le droit à l'erreur.
Pour parer à ce type d'accidents, il faut non seulement surveiller l'environnement des lignes, mais surtout élaguer, abattre et débroussailler en temps et en heure. Chez RTE, quelque 40 contremaîtres environnement sont chargés en permanence d'inspecter le réseau (l'hélicoptère est précieux) et de s'assurer de la bonne marche des travaux, qui sont confiés à des entreprises spécialisées. Il s'agit en particulier d'élargir les tranchées forestières (l'espace qui sépare les bois et forêts des lignes), lesquelles courent sur plus de 14 000 kilomètres en France. À noter qu'en moyenne, chaque contremaître environnement assume la surveillance de 2 ou 3 départements.
À l'heure actuelle, le gestionnaire du réseau consacre plus de 30 millions d'euros par an au traitement de la végétation. Un chiffre qui augmente régulièrement et qui représente 10 % de l'ensemble des dépenses annuelles de maintenance sur le réseau (300 millions d'euros). « Notre maître mot, c'est l'anticipation. L'été humide nous fait donc redoubler de vigilance : en principe, quand il fait chaud, cela stoppe la pousse », souligne Hervé Laffaye, directeur général adjoint de RTE.
Le recensement des essences
L'élagage ne se fait évidemment pas à tort et à travers, d'autant que RTE n'est pas propriétaire des terrains sur lesquels sont implantées les lignes. Des protocoles ont ainsi été passés avec des propriétaires, des exploitants forestiers ou encore des chambres d'agriculture. Sans oublier l'Office national des forêts.
« Actuellement, nous menons un gigantesque travail d'étude sur le peuplement des essences proches de nos infrastructures, poursuit Hervé Laffaye. Il s'agit de recenser toutes les variétés qui entourent le réseau, de manière à faire les travaux au moment le plus opportun. Ce travail devrait être fini pour 2012. Par ailleurs, des échanges sont menés avec les autres gestionnaires de réseaux en Europe, de manière à confronter les expériences.
Enfin, il ne faut pas croire que les travaux d'enfouissement du réseau, qui sont effectués dans certains cas, conduisent à faire totalement abstraction de la politique d'élagage. En effet, ce n'est parce qu'une ligne est enterrée que n'importe quoi peut pousser en surface.
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