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"La stabilité des marchés financiers est vitale pour l'économie européenne", ont souligné hier Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. |
LE SOUCI commun d'introduire plus de « clarté » dans le système des marchés financiers a marqué le troisième sommet informel franco-allemand depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Aux côtés d'Angela Merkel au château de Meseberg, la maison d'hôte du gouvernement au nord de Berlin, le président de la République française s'est livré hier à un vibrant plaidoyer pour « moraliser le capitalisme financier » dont les excès secouent le monde bancaire.
Le capitalisme, a-t-il fait valoir, doit être là « pour les entrepreneurs, pas pour les spéculateurs ». Pas question de « laisser quelques dizaines de spéculateurs mettre par terre tout un système international, emprunter dans n'importe quelle condition, acheter à n'importe quel prix, ne pas savoir qui prête ».
Scientifique de formation, la chancelière a dit la même chose, mais de manière plus sobre. Sans parler de « moralisation », elle a rappelé que l'Allemagne insiste depuis « des mois » sur la nécessité d'avoir « plus de transparence » dans ce domaine, pour l'activité des fonds spéculatifs comme pour celle des agences de notation.
Dans un texte commun, Paris et Berlin appellent également à « l'élaboration d'un code de conduite pour les fonds à effet de levier », une entreprise qui se heurte régulièrement aux fortes réticences notamment américaines et britanniques. Cette déclaration relève par ailleurs que « les obstacles non tarifaires aux échanges et aux investissements ont atteint des proportions alarmantes, de même que les pratiques déloyales au niveau de l'économie mondiale, notamment les taux de change influencés par des considérations politiques ».
Nucléaire et énergies renouvelables
L'ensemble de ces questions devra être discuté à l'échelle du FMI, mais aussi et surtout de l'Union européenne, dont la chancelière allemande Angela Merkel veut saisir le sommet des chefs d'État et de gouvernement.
Interrogée sur les plans prêtés à la France de pousser Siemens à céder ses 34 % d'actions dans le constructeur de centrales nucléaires Areva, la chancelière a déclaré qu'elle « verrait d'un bon oeil » la poursuite de la coopération telle qu'elle existe. Façon de montrer sans ambiguïté que Berlin est hostile aux intentions supposées ou réelles de l'Élysée en la matière.
Sur ce même point, Nicolas Sarkozy a éludé toute réponse directe. Il s'est lancé dans l'apologie de l'énergie nucléaire dont « la France n'a jamais regretté le choix » alors que l'Allemagne, sous le gouvernement précédent de Gerhard Schröder, a décidé la sortie de l'atome à l'horizon 2020. « J'aimerais, a dit le chef de l'État, que la France et l'Allemagne aient des ambitions qui aillent dans le même sens » sur ce point, à savoir à la fois le nucléaire et les énergies renouvelables.
Côté politique, Angela Merkel a appuyé l'idée française de créer un « groupe de sages » pour réfléchir sur les contours de l'Europe dans quelques décennies. Ses suggestions pourraient intervenir après les élections européennes de juin 2009.
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