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À la fois chefs d'entreprises et d'associations, les uns et les autres ont parlé, à l'issue de cet atelier qui s'est déroulé la semaine dernière à Casablanca, de leurs expériences et efforts pour développer des principes de conduite d'affaires exempts de toute corruption. «Dans la foulée des scandales qui ont récemment secoué le monde des affaires, les entreprises font preuve d'une sensibilité accrue aux risques que pose la corruption et plus particulièrement le recours aux pots-de-vin. De plus, ces scandales ont suscité au sein du public des attentes croissantes en matière d'intégrité et de transparence des entreprises», a rapporté Susan Coté-Freeman de Transparency International.
Des initiatives qui se structurent et se scientifisent, des codes de conduite et des principes de gestion existent, pour que les entreprises privées et toutes les professions libérales puissent exercer leurs activités d'une manière correcte et honorable.
On parle ici de «Principes d'intégrité», ainsi nommé par Transparency International. Un peu difficile de résister et d'instaurer ces principes de conduite au début, mais avec un appui des pouvoirs publics, beaucoup de pays ont réussi le défi. Ces politiques peuvent être de simples exhortations générales ou, encore plus, être des consignes plus pointues, contenant des exigences de comportement spécifiques.
La prévention de l'usage impropre des procédures de réglementation des entités privées, le renforcement de la coopération entre les services de détection et de répression et les entités privées concernées, et l'application d'audits internes aux entreprises privées sont quelques exemples de procédures à appliquer dans une organisation pour combattre la corruption.
D'autres procédures plus pointues existent. Il s'agit de politiques d'audit régulier, applicables à l'intérieur de l'entreprise pour combattre la corruption. Pour ne prendre que l'exemple des pratiques comptables, les normes de comptabilité et d'audit usitées dans le secteur privé doivent concourir à prévenir la corruption en interdisant l'établissement de comptes hors livres, l'enregistrement de dépenses inexistantes ou d'éléments de passif dont l'objet n'est pas correctement identifié, l'utilisation de faux documents …
Au Maroc, dès 1998, un comité «Éthique et bonne gouvernance» a été institué au sein de la CGEM, pour sensibiliser ses membres. Après les dernières élections de la confédération, une commission permanente de «Lutte contre la corruption» a vu le jour.
«Nous avons veillé à cette appellation de la Commission pour afficher la ferme volonté du secteur privé de s'engager dans cette action aux côtés de l'État et de la société civile», a dit Youssef Alaoui, le vice-président de la CGEM.
Des décrets de la transparence et de la prévention de la corruption dans des marchés publics existent.
«Nous sommes au côté du ministère des Affaires économiques et générales pour l'élaboration du code marocain de bonnes pratiques de gouvernance, dont nous assurons la présidence», a ajouté Youssef Alaoui. «Des mesures visant l'interdiction de la corruption dans le secteur privé sont prises et des sanctions disciplinaires efficaces dissuasives sont prévues, le cas échéant», a-t-il poursuivi.
Pour parler de l'expérience égyptienne, Ayman Salah entrepreneur et vice-président de «l'Association des jeunes entrepreneurs égyptiens», a insisté sur l'esprit d'appartenance à l'entreprise qu'il faut développer auprès des salariés.
«La corruption a un coût de plus en plus élevé.
Et j'insiste sur la coopération des pouvoirs publics et sur la généralisation de ces principes de bonne conduite, également au sein des administrations publiques».
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Un code pour une gestion assainie
À l'instar de beaucoup de pays développés et émergents, le Maroc s'est doté d'un Code marocain de bonnes pratiques de gouvernance d'entreprise, basé sur les principes de bonne gestion et de transparence et sur des normes éthiques susceptibles de faire progresser la performance, la compétitivité des entreprises marocaines et d'améliorer leur image auprès des investisseurs étrangers et des autres
parties prenantes (employés, clients, créanciers, administration…).
Le projet de code marocain de bonnes pratiques de gouvernance d'entreprise résulte d'un consensus très large entre les secteurs public et privé.
Il a été élaboré par une Commission nationale pilotée conjointement par la CGEM et le ministère des Affaires économiques et générales et fédérant l'ensemble des acteurs-clés de la gouvernance d'entreprise au Maroc (CDVM, Bourse des Valeurs, Bank-Al-Maghrib, GPBM, CJD, ANPME, Ordre des Experts-comptables, ministère des Finances, ministère de la Justice, ministère de la Modernisation du secteur public). Pour la rédaction du code, la Commission a été assistée par des experts de l'OCDE et de la SFI.
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