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Les employés de la State Bank & Trust ont reçu, en plus de leur prime, une somme de 1 000 dollars que chacun devra reverser, sous certaines conditions, à une bonne cause. |
Le patron d'une toute petite banque du Dakota du Nord a eu une grande idée. S'inspirant de la vedette de talk-show Oprah Winfrey, il a réinventé la manière de distribuer des primes de fin d'année. Michael Solberg a décidé d'aller au-delà du versement d'un bonus équivalent à 4,5 % du salaire à chacun de ses 510 employés. Cette année, tout le personnel à plein-temps de State Bank & Trust a reçu en plus 1 000 dollars. Un montant que chaque employé est tenu de reverser à une bonne cause, éventuellement familiale.
Trois conditions doivent être remplies. Tout d'abord, le don doit être filmé par la caméra vidéo également donnée à chaque salarié. Ce moment, riche en émotion, est l'élément emprunté à Oprah Winfrey, philanthrope généreuse et femme la mieux payée de la télévision américaine. En outre, le geste doit se produire d'ici à fin juin. Enfin, l'employé ne peut donner cette somme à un membre de sa famille ou un collègue de travail.
Distribuer les plus-values
La réaction du personnel à cette idée a été enthousiaste. Accorder à quelqu'un le pouvoir de faire plaisir, ou de servir une cause méritante, est manifestement un bon outil de motivation. La réaction de la presse américaine a été tout aussi favorable. Au point de générer une publicité gratuite sans précédent sur plusieurs réseaux télévisés pour ce petit établissement de Fargo qui ne compte que 14 agences et dont le bilan n'atteint pas 2 milliards de dollars.
Pendant ce temps, à New York, une autre idée philanthropique originale est sortie de la tourmente qui secoue beaucoup d'institutions financières. William Ackman, patron du fonds spéculatif Pershing Square Capital Management, a promis de distribuer à des organisations caritatives les plus-values qu'il dégagera de son pari sur l'effondrement de deux assureurs financiers, MBIA et Ambac Financial.
Ces firmes sont spécialisées dans l'assurance d'émissions obligataires. Des émetteurs de moyen standing font appel à elles pour garantir leurs obligations. Or M. Ackman affirme depuis des mois que ces assureurs n'ont pas de réserves suffisantes pour faire face aux défauts de paiement imminents sur des titres adossés à des créances douteuses. Il se dit convaincu que leurs holdings peuvent même tomber en faillite l'an prochain.
Cette catastrophe lui rapporterait personnellement quelque 500 millions de dollars, car il a spéculé à la baisse des actions de MBIA et Ambac Financial. Il promet de verser le fruit de son pari à sa fondation, spécialisée dans le financement de bourses et programmes éducatifs pour des élèves de quartiers défavorisés. MBIA juge totalement injustifiées les prévisions alarmantes d'Ackman. Pour autant, les agences de notation examinent la possibilité de retirer à l'assureur son rang de triple A, gage de solidité financière absolue. Le cours de la société a, du reste, plongé de 70 % depuis début octobre.
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