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Aujourd'hui, des voix s'élèvent pour repositionner cet organisme public chargé de représenter les intérêts des entreprises commerciales, industrielles et de services dans un contexte où la veille stratégique et économique s'impose. Vendredi dernier, les participants à l'Assemblée générale ordinaire de la Fédération des Chambres de commerce, d'industrie et des services du Maroc, tenue à Rabat, ont insisté sur la nécessité de l'élaboration d'une stratégie intégrée pour la mise à niveau de ces chambres et l'élargissement de leur champ d'intervention.
Cette rencontre s'inscrit dans le cadre des préparatifs pour la tenue, le 20 mai prochain, des 2e Assises des Chambres de commerce, d'industrie et des services. Les premières assises s'étant tenues en février 1990 où une charte des CCIS a été établie. Laquelle est dépassée actuellement. Leurs structures sont à réviser pour leur permettre de jouer leur rôle en tant qu'outil efficace du développement économique à l'échelle locale et régionale. D'autant que ces établissements n'arrivent plus à accompagner, de manière efficace, les changements que connaissent les économies nationale et mondiale, et ne contribuent pas largement à fournir des prestations à forte valeur ajoutée à l'entreprise.
La structure de leurs statuts électoral et réglementaire vieux de 30 années n'est pas en reste. Ils sont donc à adapter au contexte actuel.
D'ailleurs, les 2e Assises des Chambres de commerce, d'industrie et des services constituent une occasion pour l'examen du Code électoral relatif à ces Chambres et pour la création d'une commission qui réfléchira sur la manière de réviser le statut réglementaire, à travers l'élargissement des attributions et la révision des mécanismes de gestion.
Ces Assises seront, notamment une occasion pour passer en revue les différentes réalisations de ces établissements et les points faibles qui entravent leur bon fonctionnement.
D'autant qu'au fil des années, leur mission d'information, de formation et de consultation a été vidée de sa substance. Les pratiques malsaines, qui avaient marqué les scrutins dans une certaine époque et qui avaient donné lieu à tous les déboires, se pointent derrière cette image ternie. Il n'en demeure pas moins qu'avec un environnement économique changeant, dispenser une formation au personnel est primordiale. Un redéploiement du personnel ne serait pas à exclure.
Outre la formation, la redéfinition du rôle des CCIS, l'augmentation de leur budget en est une doléance.
Celui-ci se rétrécit d'une année à une autre. Entre 1998 et 2007, il est passé, au niveau de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Casablanca de 13 millions à 6 millions de dirhams. Les dépenses de fonctionnement, constituées essentiellement de la masse salariale, engloutissent 80% de ce budget. La CCIC, par exemple, qui a lancé une monographie, regroupant l'ensemble des grandes entreprises de Casablanca, compte près de 38 personnes avec un taux
d'encadrement de 50%.
Par ailleurs, certains préconisent même de réduire le nombre des Chambres qui est aujourd'hui de 28, pour, bien entendu, créer des chambres régionales plus efficaces et plus ouvertes.
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Un peu d'histoire
La première Chambre de commerce au Maroc a été créée à Casablanca, le 29 juin 1913 par décision du Résident général. Elle ne comptait que 12 membres, tous Français. Parmi ses réalisations, il y a lieu de citer à titre d'illustration, la fondation de la Banque centrale populaire, la construction du port de Casablanca, la gestion des docks de silos du port de la métropole et la participation à la gestion de l'OCP.
Au temps du protectorat, la mission des Chambres de commerce était classique, à savoir la représentation des intérêts des commerçants devant le Résident général, l'administration de certains établissements commerciaux et l'animation de la ville. Après l'indépendance, les CCIS ont connu une certaine léthargie jusqu'aux années 90, où se sont tenues les premières Assises des Chambres.
Malgré tout, les pratiques malsaines ont continué de marquer les scrutins, ce qui avait donné lieu à tous les déboires. Aujourd'hui, la redéfinition de leur rôle et de leur statut est prise au sérieux.
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