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"Nous présenterons d'ici à juin ou juillet une réforme profonde de la Caisse de compensation afin de mieux cibler les plus défavorisés", a-t-il dit lundi en marge du Forum des marchés émergents en Afrique. "Trouver des solutions alternatives est compliqué et nous examinons différents modèles qui existent dans le monde pour voir ce qui est le plus approprié pour nous".
Initiée dans une perspective de régulation des prix par un mécanisme de compensation des coûts, cette politique s'est transformée en une simple subvention. L'objectif social a fini par prévaloir sur l'objectif économique et financier.
Les subventions représentent près de 4% des dépenses budgétaires. Un poids qui devient de plus en plus contraignant dans la gestion des finances publiques. Les pouvoirs publics avaient envisagé une politique de suppression partielle des subventions en les orientant vers des groupes cibles. Une approche idéale sur le plan du principe mais malaisée dans l'application. Le ciblage par une discrimination des prix favorable à des produits de deuxième choix a eu des effets limités (farine de qualité inférieure) et serait difficile à étendre aux autres produits (huile ou sucre). Certaines options, comme l'utilisation de tickets alimentaires, n'ont pas été retenues, vraisemblablement du fait des coûts administratifs excessifs qu'elles entraînent.
A la suite de la libéralisation des filières sucrière, oléagineuse et céréalière, le système de compensation des prix de vente au public concerne le sucre, la farine et le gaz butane auxquels se sont ajoutés à partir de la fin de l'année 2 000 les produits pétroliers. Cette libéralisation a consisté dans la libéralisation des importations des prix agricoles ainsi que celle des prix et des marges industriels, l'institution d'une protection à la frontière, la forfaitisation de la compensation pour le sucre, le maintien des prix de vente à la consommation réglementés pour la farine nationale.
Le choix d'une gestion efficiente des subventions ciblées s'avère délicat. Une décompensation brutale pourrait conduire à une déstabilisation sociale. Ne serait-il pas plus opportun de mettre en œuvre une politique alternative progressive qui combinerait différentes mesures ? Ainsi, une réduction des gaspillages de ressources peut être réalisée par la révision des modes de calcul et de paiement des subventions, celles-ci devraient être payées en fonction des unités de produits traités plutôt qu'en fonction des déficits des entreprises.
Il en est de même de l'assouplissement des circuits de distribution en éliminant les quotataires qui prélèvent une partie des marges sans que leur fonction ait une raison d'être économique.
Cependant, en raison de la flambée des prix, son budget a été multiplié par cinq entre 2002 et 2008. M. Mezouar a reconnu que cela pourrait atteindre les 30 MMDH. Le poids budgétaire de la compensation dans la structure du budget de l'Etat représente actuellement une enveloppe globale de 20 MMDH, une estimation établie sur la base d'un prix du pétrole brut moyen sur le marché international de 75 dollars le baril. Selon le CMC, ce poids rend nécessaire la mise en œuvre d'un programme global de réforme du système de compensation visant, d'une part, la préservation du pouvoir d'achat des catégories sociales les plus démunies et, d'autre part, une meilleure allocation des ressources publiques dans ce domaine. Voilà plus de dix ans que l'on envisage de résoudre le dilemme que constitue cette charge du budget. Les efforts entrepris n'ont jamais eu l'ambition d'une politique globale socialement acceptable. Les tendances favorables des cours internationaux des matières premières ont permis de différer des décisions douloureuses. "Aujourd'hui le système est dévoyé et ne cible plus ceux qui en ont réellement besoin", a ajouté l'Argentier du Royaume.
Dans une étude très récente sur la pauvreté, le HCP affirme que faute d'un véritable ciblage, les 20% les plus aisés des ménages continuent à totaliser plus de 40% des subventions alimentaires contre moins de 10% pour les 20% les plus défavorisés. "Si l'envolée des prix des matières premières se poursuit, ce qui est probable car il s'agit d'un problème structurel, il est en effet possible que nous atteignions ce chiffre", a-t-il dit. En dépit d'une augmentation de la production céréalière mondiale en 2007, la tendance sur le marché mondial fait apparaître une situation tendue de l'offre et de la demande de céréales. La contraction des disponibilités céréalières résulte principalement de l'amenuisement des stocks reportés de la campagne précédente, au moment où la demande céréalière mondiale ne donne guère de signe de fléchissement.
Le renchérissement des cours des produits agricoles s'est poursuivi début mars 2008, avec une tonne de blé dur évoluant autour de 496 dollars, tandis que la tonne de maïs a vu son cours grimper jusqu'à 238 dollars. Il en est de même pour le prix du sucre qui a atteint près de 360 dollars la tonne. Par ailleurs, l'Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses subventionne le blé tendre à hauteur de 41% de son prix de vente. La part dans le PIB de la subvention des produits alimentaires et pétroliers a augmenté de 1,7% à 2,1% entre 2004 et 2006, soit une hausse totale de ces subventions de 19,1%.
Lors des deux premiers mois de 2008, l'huile de table a augmenté de 8%, la semoule de 12,1%, les pâtes de 8,7%, la farine de 6,7% (blé tendre) et 17,3% (blé dur), et 14,2% pour le maïs.
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Politique proactive
Face à la persistance des tensions sur les cours mondiaux de produits de base, des réponses de politique économique, autres que celles d'ordre fiscal, méritent d'être engagées. Celles-ci devraient constituer les axes prioritaires d'une politique proactive à même de permettre à l'économie marocaine de renforcer sa résistance aux aléas de la conjoncture internationale.
Dans son volet agricole, ladite stratégie consisterait à accélérer le processus de modernisation et de mise à niveau de l'agriculture marocaine, notamment à travers la résorption du déficit de productivité et la réduction de la dépendance pluviométrique, à travers notamment la transition vers des cultures adaptées et peu consommatrices de ressources hydriques.
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