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L'Espagne et le Maroc ont décidé ainsi de faire un pas de plus sur cette voie : organiser une rencontre entre un pays d'accueil, l'Espagne, et un pays d'origine, le Maroc, et entre une région du Nord, la Catalogne, et une région du Sud, l'Oriental marocain. Une initiative de la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l'étranger et l'Institut européen de la Méditerranée (IEmed), avec la collaboration de l'Agence de développement économique et social des provinces et préfectures de l'Oriental marocain, et la Fondation socioculturelle Ibn Battouta (Barcelone), le forum analyse les opportunités existantes et qui restent à exploiter pour faciliter de plus les opérations d'investissement des Marocains résidant en Catalogne et originaires de l'Oriental, dans leurs régions d'origine. Un objectif qui trouve son importance du fait que la migration est un facteur de prospérité et de progrès pour tous.
Les migrants permettent, en effet, aux pays d'accueil de soutenir leur croissance économique, d'améliorer leur productivité et leur compétitivité, de promouvoir la consommation intérieure et de combler le déficit démographique. Pour les pays d'origine, la migration permet de soulager le marché de l'emploi et d'améliorer le niveau de vie des familles ; elle constitue une source de devises et de savoir-faire ainsi qu'un levier de développement économique et social. Au Maroc, l'émigration concerne plus de 10% de la population légale qui se concentre au niveau des pays de l'Europe. La Catalogne, elle, accueille le plus grand nombre de Marocains résidant en Espagne. Plus de 300.000 immigrés d'origine marocaine résident de façon légale dans cette région autonome espagnole, dont la majorité est originaire de l'axe Oujda-Nador et Tanger-Tétouan. Etant un important élément pour le pays, la migration des Marocains a drainé 47 milliards de Dirhams (4.2 milliards d'euros) en 2006 et près de 5 milliards d'euros en 2007, soit environ 9% du PIB. Une partie de ces transferts est consommée par les familles des migrants. Le reste est investi ou placé en banque.
Pour le migrant, l'épargne dégagée ne correspond pas toujours à la différence entre le revenu et la consommation normale. Elle est très souvent le fruit de privations et de sacrifices multiples. Ces sacrifices sont consentis par le migrant pour venir en aide à la famille restée au Maroc et pour constituer un patrimoine personnel lui permettant de retourner chez lui le moment venu. Les efforts ainsi consentis se trouvent souvent contrariés par deux types de facteurs : ceux liés aux conditions de transfert et d'autres ayant trait aux conditions d'investissement.
Les journées du Forum ont pour objectif la facilitation des voies du transfert et des conditions de l'investissement. Si l'amélioration du cadre de l'investissement est prise en charge par l'administration, les conditions de transferts, elles, relevant de la sphère du secteur privé, n'obéissent pas à la loi de l'offre et de la demande. Dans un tel cas, les transferts et les investissements prennent la voie de l'informel.
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Transferts vers l'Oriental
La région de l'Oriental est la plus pauvre du Maroc, malgré ses ressources minières de phosphate qui emploient une bonne partie de ses habitants.
Depuis la fermeture de la mine de Jerada, l'une des plus importantes d'Afrique, en raison de la faiblesse de sa production, cette région connaît le chômage le plus terrible de son histoire. De par son histoire, sa géographie et son parcours migratoire, «l'Oriental est, à lui seul, un pays», l'ont qualifié les organisateurs. Il est presque aussi grand que la Jordanie. Le tourisme, l'agriculture et l'industrie constituent les bases pérennes d'un développement stable. L'infrastructure portuaire, ferroviaire et aérienne mise en place prédestine désormais cette région à d'autres activités à forte valeur ajoutée. L'Oriental était jusqu'ici le point de départ d'un flux migratoire continu en direction de toute l'Europe.
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