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La première édition de ce document a été présentée en avant première mercredi dernier à Rabat. La revue s'inscrit dans l'esprit des réformes engagées par la Banque centrale depuis l'approbation des textes régissant son autonomie vis-à-vis des autorités politiques. « La question de la crédibilité est importante pour nous.
On essaie de partager l'essentiel des analyses de la conjoncture économique et financière», souligne Karim El Aynaoui, directeur des études et des relations internationales au sein de Bank Al-Maghrib. A l'image du rapport sur la politique monétaire, document édité trimestriellement par la même direction, la publication de la revue mensuelle sera désormais systématique.
Elle sera diffusée sur le site Internet de la Banque huit fois par an. Sa mise en ligne interviendra au plus tard 10 jours ouvrables après la réunion mensuelle du Comité monétaire et financier. Pour rappel, la mission de ce Comité consiste à valider les travaux servant de base aux décisions du Conseil, débattre des sujets relatifs à l'évolution économique monétaire et financière, à la politique monétaire, à la gestion des réserves, à l'évolution du marché des changes, à la supervision bancaire et aux systèmes de paiement.
Comparée à l'ancienne note de conjoncture, la nouvelle revue mensuelle renforce l'analyse de la conjoncture en se référant à un plus grand nombre d'indicateurs et de concepts économiques, monétaires et financiers. Le document contient plus de graphiques illustratifs faisant mieux ressortir l'information à communiquer et rapportant d'une manière claire les récentes évolutions de l'inflation, la production, la monnaie et l'environnement international. Le texte comporte une analyse plus synthétique. En revanche, les parties qui ont été réservées, lors de l'ancienne note de conjoncture, à la réglementation et à la chronologie du mois ont été supprimées, étant donné qu'elles sont reprises dans le bulletin trimestriel préparé par le département des affaires juridiques de la Banque.
Les responsables de BAM ont tenu à partager avec la presse le contenu analytique de la revue du mois de mars. On retient d'abord une conjoncture internationale marquée par le ralentissement de la croissance mondiale en 2008, d'après les dernières prévisions disponibles. L'inflation chez notre principal partenaire, la zone euro, s'est fortement accélérée depuis septembre, pour s'établir à 3,5%, en glissement annuel, en mars 2008. Les cours des principales matières premières sur le marché mondial sont restés à des niveaux élevés et maintiennent leur tendance haussière. A fin mars, les cours du blé se sont accrus de 3,5% d'un mois à l'autre en raison du raffermissement de la demande et des perspectives de repli des stocks mondiaux au titre de l'année 2008. En revanche, les prix internationaux du sucre ont accusé une baisse de 5,1% attribuable aux ventes intensives opérées par les fonds spéculatifs et aux prévisions d'excédents de l'offre mondiale pour l'année 2008.
Dans le sillage de ce contexte international marqué par la persistance des pressions inflationnistes, le Maroc a vu son déficit commercial s'aggraver de 62,25% au mois de mars. A elles seules, les acquisitions de pétrole et de blé ont contribué à hauteur de 51,3% à l'accroissement des importations. Se rapportant aux derniers chiffres du Haut commissariat au Plan (HCP), la croissance nationale s'est établie à 2,1% au quatrième trimestre 2007. Pour 2008, les prévisions tablent sur une croissance de 2,3%. «Contrairement au passé, la contraction de la croissance agricole n'empêche pas l'économie de réaliser une croissance globale positive», laisse remarquer K. El Aynaoui. Sur le plan des finances publiques, la tendance haussière des recettes fiscales, observée en 2007, semble se poursuivre. En glissement annuel, ces recettes ont augmenté d'un cinquième, à fin février, pour atteindre 27,6 milliards de DH.
Compte tenu des dépenses d'investissement et du solde positif des comptes spéciaux du Trésor, le budget général de l'Etat fait apparaître un léger déficit de 71 millions de DH. Concernant le financement de l'économie, les résultats de l'enquête de la Banque centrale auprès des banques pour le dernier trimestre 2007 laissent apparaître la poursuite du ralentissement du rythme de baisse du taux moyen des crédits. Ce constat recouvre toutefois des évolutions divergentes des taux appliqués aux différentes catégories de prêts. La baisse a concerné le taux des crédits à l'équipement et, dans une moindre mesure, celui des crédits immobiliers, tandis que les rémunérations des facilités de trésoreries et des crédits à la consommation ont fortement progressé.
Par ailleurs, sur le marché des changes, à fin mars 2008, on note une appréciation de 4,49% face au dollar et de 10,89% vis-à-vis de la livre sterling. En revanche, le dirham a accusé une baisse de 5,19% par rapport au franc suisse, de 2,68% face à l'euro et de 1,84% à l'égard du yen japonais. Le Maroc semble avoir profité de la dépréciation du dollar face à la monnaie unique. Une situation que l'on doit à la nature du régime de change adopté pour la cotation du dirham sur les marchés des changes internationaux. «Dans une conjoncture turbulente, un taux de change fixe est très utile, de par l'effet d'amortisseur qu'il génère dans un contexte pareil», explique K. El Aynaoui.
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L'inflation est à 3,4% en mars !
Contrairement à beaucoup d'autres pays émergents, notamment ceux de l'Amérique latine, le Maroc est un pays traditionnellement peu inflationniste. Au titre de l'année 2008, les experts de BAM tablent sur un objectif de 2,3%. Sachant qu'en glissement annuel, et au terme des deux premiers mois, l'inflation a atteint 2,4%. Mais attention, ce même taux a franchi au mois de mars le seuil de 3,4%! La possibilité de réviser l'objectif 2008 n'est pas exclue. C'est aux instances de la Banque centrale de le décider dès que l'évolution de la pression sur les prix le confirme.
Cette situation reflète principalement l'incidence du renchérissement à l'import des produits de base alimentaires, notamment les céréales et les corps gras. Notons que les prévisions d'inflation au niveau de BAM se font sur la base de l'Indice du coût de la vie (ICV) établi par les services du HCP. Interpellés sur la qualité du panier des biens sur la base desquels cet indice est établi, les responsables de la Banque centrale rappellent que cet indice, d'ailleurs en cours d'amélioration, répond aux normes statistiques internationales.
En tout cas, le débat sur cette distance qui sépare l'inflation made in ICV et l'inflation ressentie par les citoyens est toujours ouvert. C'est à la communication de la direction des statistiques de l'animer. Ne serait-ce qu'en emboîtant le pas à la démarche ouverte des instances de Bank Al-Maghrib.
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