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 Economie national :
 
Investissements : La CDG, un mastodonte qui impressionne
La CDG renvoie à un modèle entrepreneurial un peu particulier. C'est une entité qui protège une épargne spécifique. Elle gère l'épargne de la grande masse, celle du grand public.
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C'est elle qui gère l'épargne de prévoyance émanant des cotisations salariales et patronales à la CNSS, l'épargne collectée par un certain nombre de caisses de retraite, les caisses centralisées auprès du réseau postal.
Les ressources financières de la CDG sont aussi diversifiées à tel point qu'elles absorbent même l'épargne juridique des notaires, des mineurs ou encore celle affectée, en guise de consignation, à l'image de l'argent réservé aux
bénéficiaires d'expropriation.

C'est dire que les missions confiées à la CDG sont celles de quelqu'un qui génère de la foi auprès du tiers, auprès du grand public. C'est de là où la CDG puise sa force. Citée souvent en tant que bras armé de l'Etat, elle anime un trésor d'or. Il suffit de savoir que ses bénéfices nets au titre de l'année 2007
frôlent les 6 milliards de DH. Plus qu'une holding, la CDG est un mastodonte. Ses résultats sont six fois supérieurs que ceux réalisés en moyenne par les plus grandes banques de la place.

Du fait qu'elle exerce des activités financières, elle est soumise, à l'instar du système bancaire, aux règles prudentielles de Bank Al-Maghrib. 25% du portefeuille géré par la CDG sont placés sur le marché des actions (cotées et non cotées). Le reste est alloué à l'immobilier et au marché obligataire.
Par conséquent, son PNB (produit net bancaire) est composé de dividendes et de revenus issus de la marge d'intérêt. «En 2007, il y avait la question fiscale qui était posée. Il y avait également celle de l'optimisation de nos fonds propres. Nous continuerons à avoir un résultat structuré. Il y aura toujours une plus-value et nous veillerons à ce que la qualité de nos investissements sera de nature à nous procurer des plus-values de plus en plus importantes», a rassuré Mustapha Bakkoury, directeur général de la CDG lors la conférence de presse consacrée aux résultats de l'année 2007.

La CDG adopte une logique de marché, tout en remplissant des missions d'intérêt
général. Elle doit améliorer ses performances en se mettant au service de la cause du développement national. «C'est cette dualité entre la performance et l'utilité qui fait la spécificité de la CDG. J'ai conscience qu'il faut l'expliquer en permanence et surtout la démontrer par ce que nous faisons», affirme M. Bakkoury.
Les fonds d'investissement font partie des véhicules de placement des ressources de la Caisse. Acamsa, fonds Cap mezzanine Jaida, Maroc Forets… autant de fonds gérés par la CDG, mais ouverts à d'autres investisseurs. Elle détient également des participations dans un certain nombre de fonds gérés par d'autres partenaires. C'est le cas de «Igrane» qui vient de rejoindre cette semaine le tour de table d'Amensouss pour le projet de Sebt El Guerdane.

La CDG s'inscrit dans l'esprit des politiques prônées par l'Etat marocain. Au cœur de la nouvelle stratégie agricole, le «Plan Maroc Vert», c'est MEDZ, une des 40 filiales du groupe CDG qui devra aménager, concevoir et gérer l'agropole de Meknès, dédié aux industries agro-alimentaires. L'expérience de MEDZ a déjà montré ses preuves au niveau de l'offshoring et du secteur touristique. Les zones industrielles lancées par cette filiale ciblent souvent des projets à spécificités communes. Les secteurs peuvent être différents, mais les besoins des investisseurs doivent être communs et similaires, notamment en matière de formation et de logistique.

Concernant le projet de l'agropole de Meknès, dans un premier stade, la CDG n'a pas l'intention de s'associer à d'autres partenaires. En revanche, elle sera ramenée à nouer des partenariats avec l'OFPPT et l'Institut agronomique et
vétérinaire (IAV) pour la création d'un Institut supérieur de formation spécialisé dans les industries agroalimentaires.
Par ailleurs, à travers son pôle de prévoyance, la CDG est l'un des acteurs incontournables du système marocain des retraites. A travers le RCAR, elle intègre et gère les caisses internes de retraite des grands établissements publics. Selon le DG de la CDG, la viabilité de ce régime est due à deux éléments de fond : «il a une générosité à la hauteur de ce qu'il reçoit. Un régime qui oublie cette réalité est lui-même rappelé à la réalité des choses.

Dans ce domaine, nous devons être responsables sur le long terme et non pas pour dépasser des situations conjoncturelles. Deuxième élément, c'est que la combinaison de répartition et de capitalisation s'est révélée être un élément positif de pérennité». Le modèle de gestion du RCAR est jugé pérenne. La réflexion autour de l'avenir des systèmes de retraite doit s'inspirer des points forts de ce modèle : une gestion efficace, peu coûteuse, animée par des cadres bien formés et qui intègre les nouvelles technologies. Notons aussi qu'après la Lydec, la Régie des tabacs, l'ONCF et l'OCP, le régime du RCAR est en train d'étudier le cas de l'ONE. «Nous sommes en train d'identifier le contexte de cette caisse interne en termes de coût et de compatibilité avec le RCAR. Quand on aura dépassé ce stade, se posera alors le problème du financement.

Si l'ONE exprime le besoin de nous associer à cette réflexion, nous y répondrons. Si nous nous mettons d'accord sur ce transfert, l'Office devra régler un certain montant conséquent. Mais nous ne sommes pas encore à ce stade», dixit le
directeur général de la CDG.
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Flash CDG
CDG Développement a franchi l'étape de clarification des logiques de ses filiales. La réflexion se fait maintenant sur de nouveaux positionnements. Les services dédiés aux collectivités locales en font partie : parkings, transports collectifs, gestion d'infrastructures collectives. La CDG est interpellée également par les problématiques de l'énergie, de l'eau et de la formation.

Les moyens et les résultats à tirer d'un tel positionnement sont en cours de réflexion. La vocation internationale de la CDG est surtout une vocation de coopération. C'est le cas par exemple au Sénégal, où elle est sollicitée pour mettre sur pieds une Caisse de dépôts locale.
Par contre, la CDG n'exclut pas l'internationalisation de ses métiers. Pour ne citer que l'exemple du partenariat signé avec Mawarid de Jordanie,
à travers les filiales de CDG Développement.
Malgré les contre-performances issues des participations de Fipar International dans le capital de Club Med et de TUI, le directeur général de la CDG reste confiant dans l'avenir. Bien que ce n'est pas simplement la performance financière qui est recherchée à travers ces participations. C'est tout un plan de développement qui est mis en place.

L'année 2008, rassure-t-on, va marquer le succès du repositionnement au niveau de la clientèle des villages du Club Med. De même pour TUI. «Nous sommes dans un mastodonte qui nous permet de bien voir où va l'industrie touristique européenne en terme stratégique. Le 7 mai, lors de l'assemblée générale, nous toucherons nos premiers dividendes issus de TUI», annonce M. Bakkouri qui affiche une sérénité totale par rapport à la pertinence des investissements du groupe CDG.
 LE MATIN 03-05-2008   

   
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