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La Northern Sugar Resources Ltd compte planter 30.000 hectares de canne à sucre sur des terres vierges au centre du pays pour alimenter une usine qui doit être construite par une entreprise brésilienne, Constran S.A.
"Selon l'accord financier qui sera signé en juin, l'objectif est de produire à mi-capacité vers la mi-2010, soit 75.000 mètres cubes par an", précise à l'AFP Roger G. Walters, le directeur technique de Northern Sugar.
"C'est une bonne nouvelle pour le Ghana, même si cet éthanol futur est destiné à l'exportation (vers la Suède), car cela va créer des emplois", a commenté à l'AFP le vice-ministre de l'information, Frank Agyekum.
Le plan d'activité est en trois étapes. An1 : culture des champs de canne à sucre, An2: début de la production, An3: pleine capacité, soit 150.000 mètres cubes par an.
La compagnie suédoise Svensk Etanolkemi AB (Sekab) s'est engagée à acheter l'éthanol "made in Ghana" pendant dix ans, a indiqué à l'AFP par téléphone le directeur de la compagnie, Anders Fredriksson.
"L'un de nos objectif est d'incorporer l'Afrique au marché mondial des biocarburants. L'Afrique a un énorme potentiel de croissance économique dans ce secteur", estime M. Fredriksson.
Le projet ghanéen se monte à environ 306 million dollars (197 million euros), indique Fabio Pavan, responsable du développement à Constran S.A.
De ce montant, 260 millions de dollars proviendront d'un prêt consenti à Northern Sugar par la banque d'Etat brésilienne de développement BNDES, précise-t-il.
"C'est un projet gagnant", souligne-t-il en ajoutant qu'il s'agit du premier prêt public du Brésil au Ghana.
Pour la Suède, l'importation d'éthanol ghanéen réduira de près d'un tiers son déficit en biocarburants, estime encore Fabio Pavan.
Au bout d'un an de production, l'éthanol devrait devenir le quatrième produit d'exportation du Ghana après le café, l'or et le bois.
Le site retenu pour la canne à sucre se trouve au nord du Lac Volta, à environ 100 km au sud de la ville de Tamale.
"C'est une région de savane, très plate, sans cultures", précise M. Walters comme pour répondre aux critiques ambiantes sur les biocarburants.
"Il y a, renchérit M. Fredriksson, d'énormes espaces non utilisés en Afrique. Produire de l'éthanol va rapporter de l'argent qui pourra être utilisé pour l'agriculture, pour acheter de la nourriture, pour payer des frais de scolarité".
Si au Ghana, la Sekab va acheter du biocarburant, elle compte en revanche en produire en Tanzanie, ajoute-t-il.
Les surplus d'électricité générés par la production d'éthanol seront vendus au gouvernement ghanéen, indique de son côté Kojo Fosu, le Président de Regency Resources, la holding propriétaire de Northern Sugar.
Développés à la fois pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et préparer l'après-pétrole, les biocarburants sont aujourd'hui souvent taxés de fausse bonne idée, sur fond de crise alimentaire affectant les pays pauvres.
L'un des porte-drapeaux de l'éthanol, le Président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, assure au contraire que la canne à sucre cultivée dans son pays n'est pas destinée à l'alimentation et n'a pas "volé" de terres agricoles.
"Le plus important, ce n'est pas la surface que vous cultivez, mais comment vous cultivez efficacement", affirme M.Agyekum.
"Les énergies fossiles ne sont pas éternelles. Même si nous avons découvert récemment du pétrole, nous avons besoin de cette technologie des biocarburants", conclut-il.
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