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Plus de 10 mille associations oeuvrent pour le développement économique et social dans les villes, les montagnes et même dans les contrées les plus lointaines avec souvent des moyens très limités. «La place des associations dans notre société, malgré le manque de moyens, s'est affirmée en tant qu'acteur incontournable pour la réalisation du développement du pays. Elles viennent compléter, relayer ou suppléer, selon les circonstances, l'action des pouvoirs publics», indique Nouzha Skalli, ministre du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, lors d'une rencontre régionale sur la qualification des associations à Fès.
Pour elle, la persistance, la complexité et le caractère multidimensionnel des problèmes sociaux requièrent l'adoption d'une démarche ascendante, participative, intégrée et partenariale, et une professionnalisation des associations pour pérenniser leurs activités.
De fait, le ministère du Développement social, de la Famille et de la Solidarité, en partenariat avec le monde associatif, lance une ambitieuse stratégie de qualification des associations. «C'est un processus volontaire de partenariat entre les associations et le ministère basé sur les principes de transparence, de bonne gouvernance et du respect des statuts et d'une gestion financière saine. Il a pour objectif de contribuer à la professionnalisation du tissu associatif à travers le renforcement de ses capacités, surtout que les associations sont aujourd'hui des partenaires du gouvernement et des projets gouvernementaux avec des budgets importants, notamment dans le cadre de l'INDH», précise Nouzha Skalli. Ainsi plus de 500 associations ont pris part aux ateliers régionaux tenus entre mars et avril 2007 afin de donner forme à ce processus.
L'organisation d'une rencontre nationale le 29 mai 2007 a été également l'occasion de restituer, de valider les différentes recommandations et d'adhérer à la Charte éthique des associations.
Des diagnostics organisationnels et institutionnels seront réalisés par des cabinets spécialisés, en vue d'identifier les forces et les faiblesses des associations. Ce programme s'étale sur trois ans et vise 6.000 associations. La ministre du Développement social a annoncé que son département va consacrer un budget de 10 millions de DH pour la qualification de 2.000 associations en 2008.
De son côté, Mohamed Rherrabi, wali de la région Fès-Boulemane a mis l'accent, dans son intervention, sur la grande implication des associations dans des projets s'inscrivant dans le cadre de l'Initiative nationale pour le développement humain ayant un grand impact sur les couches sociales concernées.
Pour lui, en dépit des acquis enregistrés ces dernières années, les associations sont sans cesse confrontées au manque de moyens financiers, humains ou matériels pour pérenniser leurs activités et elles continuent à fonctionner grâce souvent au dévouement des bénévoles qui en sont les chevilles ouvrières et les dirigeants.
A noter que pour la mise en œuvre de cette composante de la stratégie du ministère, la démarche adoptée passe par deux étapes. La première a été consacrée à l'élaboration et à l'adoption de la Charte éthique ; la réalisation du dispositif de la qualification ; la sélection de deux bureaux d'études pour accompagner le processus de qualification et réaliser les diagnostics organisationnels des associations.
La deuxième étape sera dédiée à la réalisation effective des diagnostics organisationnels des associations, le renforcement de leurs capacités, la finalisation des plates-formes concernant la structuration du tissu associatif et l'amélioration de l'environnement institutionnel, juridique, fiscal et comptable. Cependant, et avant le démarrage des diagnostics organisationnels, et dans un souci de communication autour de l'opérationnalisation du processus, avec les partenaires du MDSFS aussi bien publics qu'associatifs, des rencontres régionales ont été lancées afin d'assurer une large information et une adhésion des associations. La rencontre de Fès est par ailleurs la deuxième du genre après celle tenue à Oujda organisée il y a quelques jours. Mieux encore, une réflexion
est amorcée pour la création d'un Conseil national des associations.
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Défendre les associations
La première mission assignée au Conseil national sera de constituer un espace de connaissance mutuelle entre les ONG, d'échange d'informations, de débats et de concertation.
Cela se traduit en termes de programme d'action, par le développement du mouvement associatif à travers l'organisation d'une série de manifestations sous forme de conférences, d'ateliers de réflexion, de formation, etc.
Le Conseil peut cependant prendre accessoirement des positions officielles vis-à-vis de tel ou tel problème et faire des propositions aux pouvoirs publics.
Dans la deuxième étape, les actions de développement seront complétées par d'autres à caractère plus revendicatif vis-à-vis des décideurs : révision des lois et réglementations, participation aux décisions stratégiques des pouvoirs publics, accès aux soutiens de l'Etat… En somme, le Conseil devient une structure autonome de décision collective du mouvement associatif et une force de propositions et de lobbying.
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